Pourquoi aller voter?
Par Sarah le dimanche 9 mai 2010, 15:57 - Elections Fédérales 2010 - Lien permanent
En colère
Je suis en colère. D'abord comme citoyenne.
En colère parce que ce qui s’est passé ces dernières semaines, ça ne fait pas très sérieux.
Parce qu’on a l’impression que les politiques participent à une mascarade alors que les effets de la crise économique et financière continuent de se faire sentir, Inbev, Opel, Carrefour ne sont pas loin. Une nouvelle crise bancaire s'annonce...
Parce que l’Europe a le regard tourné vers nous à deux mois de la Présidence belge de l’Union européenne. Quelle image donne la Belgique, siège de la Capitale de l'Europe?
Parce que ce problème de BHV, on l’entend seriner depuis trop longtemps sans plus vraiment savoir de quoi il s'agit.
Je suis en colère comme écologiste aussi.
Nous les écologistes qui mettons un point d’honneur à défendre un projet de société qui dépasse les frontières linguistiques, nous Ecologistes du Nord et du Sud qui avons retroussé nos manches et qui, depuis les bancs de l’opposition avons participé aux négociations.
Oui, je suis en colère. Après avoir vu autour de la table de négociation des avancées de part et d’autres avec une réelle volonté d’aboutir, cette fois, à un accord, je suis sidérée de voir combien tout cela peut s’effilocher d’un coup si l’un des partenaires autour de la table ne joue pas avec les mêmes règles et ne prend pas ses responsabilités.
Mais que vais-je en faire de cette colère ?
Comme citoyenne, je pourrais bien sûr dire que je n’irai pas voter cette fois. Comme représentante politique, je pourrais aussi dire que je vais aux élections en marche arrière.
Mais, comme citoyenne et comme représentante politique, ai-je vraiment le droit de laisser tomber les bras, de laisser la démocratie s’enliser dans des querelles d’intérêts particuliers ?
Non, mille fois non !
Un nouveau souffle
Ne pas voter signifierait renoncer, rajouter du blocage au blocage, donner ma voix à d'autres qui ne pensent pas comme moi, au risque de laisser les mêmes gouverner avec des méthodes qui ne fonctionnent pas.
Les trois partis traditionnels (PS, MR, CDH) étaient dans ce gouvernement fédéral. Un gouvernement qui depuis son entrée en fonction est sans souffle, incapable de travailler collectivement et de porter un projet commun. Composé de partis politiques qui n'ont plus de liens avec leur ancienne famille de l'autre côté de la frontière même s'ils gouvernent ensemble au fédéral. Comment s'étonner dès lors que les négociations aient abouti à un blocage?
La génération écologiste est née alors que la frontière linguistique existait déjà. Et dès leur création les partis verts, Groen et Ecolo ont collaboré de façon structurelle, dépassant leurs divergences, se renforçant sur leurs points communs. Cette capacité d'ouverture et de dialogue a permis régulièrement de mettre des solutions sur la table. Cette capacité de transformer les divergences en solution par le respect et le dialogue, il semble qu'elle manque cruellement aux partis traditionnels.
Il est temps que prenne un peu plus de place cette nouvelle génération, la génération écologiste, une génération généreuse, respectueuse et solidaire.
Parce que s’il y a bien un parti politique qui a pris ses responsabilités et qui n’a pas mangé sa parole dans cette crise, c’est Ecolo (et Groen)
- Ecolo qui dans le cadre de ces négociations a travaillé en parfaite entente et concertation avec Groen tout en participant aussi à la concertation avec les autres représentants francophones.
- Ecolo (et Groen) qui depuis les bancs de l’opposition a accepté de participer aux négociations, malgré ses critiques profondes sur le fonctionnement et le manque de projets de ce gouvernement.
- Ecolo (et Groen) qui, dans ce dossier, comme dans tous les autres, a toujours gardé l’exigence d’une vision globale et cohérente portant des solutions durables à court, moyen et long terme.
Aujourd'hui, je dépasse ma colère. J'ai confiance en notre message écologiste, en notre force de changement responsable et je voudrais pouvoir amener les citoyens à garder confiance en notre démocratie, confiance en l’avenir, confiance en notre projet d’Ecologie politique.
Commentaires
Sarah, je suis assez d'accord avec tes prises de position. Personnellement je pense que nous devons élargir notre vision des choses en s'éloigant de la dualité traditionnelle et le pricinpe du tiers exclu dans laquelle ce monde se construit. Il me semble qu'il doit être possible d'accepter la réalité c'est-à-dire que deux pôles soient opposés et à la fois vrais . Deux réalités peuvent alors coexister côte à côte. Cela est appelé par le philiosophe des Sciences Stéphane Lupasco " le tiers inclus" . La réalité est plus complexe que les discours politiques ou médiatiques ne laissent parfois entendre. En somme nous sommes tous reliés et notre attitude individuelle peut modifier le tout. Je considère l'écologie est la vision d'homme qui fait partie intégrante de la nature . la voie à suivre est bien celle du changement responsable que tu évoques qui pourrait amener à des attitudes visant à l'intégration.
Entièrement d'accord, j'adhère entièrement à ta réflexion ainsi qu'aux buts poursuivis.
Un (gros) bémol tout de même ... les "gens", nos concitoyens, que pensent-ils, eux ?
Malheureusement, autour de moi du côté francophones, ils en ont marre, ils font de l'amalgame, ils sont déçus, ILS N'ÉCOUTENT PLUS, parfois même ils sont "agressifs" quant au politique et sont partagés entre deux tendances :
- Ceux qui rejettent TOUS les partis traditionnels (ne leur parle surtout pas d'Ecolo : "c'est que des cons !") et qui ont décidé de voter "extrême-droite" ou blanc, voir à ne pas aller voter du tout.
- Ceux qui, fatalistes, voterons "comme avant", pour les mêmes, sans conviction aucune : "Ils vont quand même s'allier et ça ne changera rien" ...
Ces deux "groupes", majoritaires ensembles, me semblent irréductibles actuellement et il sera très difficile de leur faire changer d'avis avant le 13 juin ...
Par contre, du côté de mes amis néerlandophones, c'est tout différent, on rit sous cape, pas question de ne pas aller voter ... mais on votera NVA ou LDD : ça va changer !
Dans quel bourbier va-t-on se retrouver après ces élections ?!
Si on essayait de découvrir la faction instigratrice du "non voter" , son objectif sous-jacent, son marketing utilisé, afin de la dénoncer à la population éprise d'émotions viscérales intensifiées par les médias sous la forme d'informations sensationnelles
A qui donc profiterait cette organisation orchestreée et imagée du contionnement au " Je ne voterai pas " bien affiché à la vue et à l'ouïe de tous
Bonjour,
J'ai écouté et ré-écouté ta réaction suite à la question posée par Milquet. TU A ETE LAMENTABLE TU ES UN VERITABLE MOULIN A PAROLE "Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit"
Je n'irai donc pas voter ce dimanche.