En colère

Je suis en colère. D'abord comme citoyenne.

En colère parce que ce qui s’est passé ces dernières semaines, ça ne fait pas très sérieux.

Parce qu’on a l’impression que les politiques participent à une mascarade alors que les effets de la crise économique et financière continuent de se faire sentir, Inbev, Opel, Carrefour ne sont pas loin. Une nouvelle crise bancaire s'annonce...

Parce que l’Europe a le regard tourné vers nous à deux mois de la Présidence belge de l’Union européenne. Quelle image donne la Belgique, siège de la Capitale de l'Europe?

Parce que ce problème de BHV, on l’entend seriner depuis trop longtemps sans plus vraiment savoir de quoi il s'agit.

Je suis en colère comme écologiste aussi.

Nous les écologistes qui mettons un point d’honneur à défendre un projet de société qui dépasse les frontières linguistiques, nous Ecologistes du Nord et du Sud qui avons retroussé nos manches et qui, depuis les bancs de l’opposition avons participé aux négociations.

Oui, je suis en colère. Après avoir vu autour de la table de négociation des avancées de part et d’autres avec une réelle volonté d’aboutir, cette fois, à un accord, je suis sidérée de voir combien tout cela peut s’effilocher d’un coup si l’un des partenaires autour de la table ne joue pas avec les mêmes règles et ne prend pas ses responsabilités.

Mais que vais-je en faire de cette colère ?

Comme citoyenne, je pourrais bien sûr dire que je n’irai pas voter cette fois. Comme représentante politique, je pourrais aussi dire que je vais aux élections en marche arrière.

Mais, comme citoyenne et comme représentante politique, ai-je vraiment le droit de laisser tomber les bras, de laisser la démocratie s’enliser dans des querelles d’intérêts particuliers ?

Non, mille fois non !

Un nouveau souffle

Ne pas voter signifierait renoncer, rajouter du blocage au blocage, donner ma voix à d'autres qui ne pensent pas comme moi, au risque de laisser les mêmes gouverner avec des méthodes qui ne fonctionnent pas.

Les trois partis traditionnels (PS, MR, CDH) étaient dans ce gouvernement fédéral. Un gouvernement qui depuis son entrée en fonction est sans souffle, incapable de travailler collectivement et de porter un projet commun. Composé de partis politiques qui n'ont plus de liens avec leur ancienne famille de l'autre côté de la frontière même s'ils gouvernent ensemble au fédéral. Comment s'étonner dès lors que les négociations aient abouti à un blocage?

La génération écologiste est née alors que la frontière linguistique existait déjà. Et dès leur création les partis verts, Groen et Ecolo ont collaboré de façon structurelle, dépassant leurs divergences, se renforçant sur leurs points communs. Cette capacité d'ouverture et de dialogue a permis régulièrement de mettre des solutions sur la table. Cette capacité de transformer les divergences en solution par le respect et le dialogue, il semble qu'elle manque cruellement aux partis traditionnels.

Il est temps que prenne un peu plus de place cette nouvelle génération, la génération écologiste, une génération généreuse, respectueuse et solidaire.

Parce que s’il y a bien un parti politique qui a pris ses responsabilités et qui n’a pas mangé sa parole dans cette crise, c’est Ecolo (et Groen)

- Ecolo qui dans le cadre de ces négociations a travaillé en parfaite entente et concertation avec Groen tout en participant aussi à la concertation avec les autres représentants francophones.

- Ecolo (et Groen) qui depuis les bancs de l’opposition a accepté de participer aux négociations, malgré ses critiques profondes sur le fonctionnement et le manque de projets de ce gouvernement.

- Ecolo (et Groen) qui, dans ce dossier, comme dans tous les autres, a toujours gardé l’exigence d’une vision globale et cohérente portant des solutions durables à court, moyen et long terme.

Aujourd'hui, je dépasse ma colère. J'ai confiance en notre message écologiste, en notre force de changement responsable et je voudrais pouvoir amener les citoyens à garder confiance en notre démocratie, confiance en l’avenir, confiance en notre projet d’Ecologie politique.