Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens
Par Sarah le samedi 24 avril 2010, 17:54 - Mes billets d'humeur - Lien permanent
De l'Arménie à Bruxelles-Hal-Vilvoorde
Ce proverbe africain a été cité par Monsieur Mahmourian dans son discours lors de la 95ème Commémoration du Génocide des Arméniens qui se tenait, comme chaque 24 avril, ce midi à Ixelles. Autour de lui, bien sûr de nombreux Arméniens, mais aussi des représentants de la communauté juive et de la communauté rwandaise et des représentants de la classe politique (en tout cas d'Ecolo, notamment Christos Doulkeridis, Isabelle Durant, Barbara Trachte,et moi-même, quelques-un du MR étaient aussi présents).
"Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens" prend tout son sens dans la bouche d'un représentant d'un peuple victime d'un génocide. La mémoire du passé, aussi tragique et terrifiant soit-il, est importante. Importante pour le peuple en question. Une jeune fille disait dans un poème "On m'a assassiné et j'ai survécu". Pour ne plus uniquement survivre, mais pouvoir revivre, vivre dignement, un peuple doit retrouver son intégrité, doit connaître son histoire pour anticiper les menaces. Cette mémoire du passé est nécessaire pour les autres aussi, les descendants des génocidaires, mais aussi l'ensemble des êtres humains. Quand l'homme est capable, collectivement et froidement de commettre un acte d'une telle barbarie qu'est tout génocide, on ne peut pas se le cacher, ni l'oublier. La conscience de chacun d'entre nous doit le savoir. C'est une des balises nécessaires pour que cela ne se reproduise plus.
"Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens", Monsieur Mahmourian a aussi adressé ce message aux Belges et à sa classe politique. A l'heure où notre pays frise la crise de régime, où chaque minute qui passe semble radicaliser les propos et les positions de part et d'autres de la frontière linguistique, ce message je l'ai reçu comme une proposition de sagesse. Ce conflit est bien sûr lié à nos identités multiples de Belge, et à notre histoire. Quand en 1795, la France a repris les territoires de la future Belgique aux Hollandais, et a divisé ce territoire en arrondissement, il y avait l'arrondissement de la Dyle reprenant Bruxelles et les deux Brabants. Ces territoires sont intrinsèquement liés depuis longtemps et les langues françaises et néerlandaises s'y sont frottées depuis longtemps également. Il suffit d'écouter le dialecte bruxellois pour s'en rendre compte. Mais ce conflit pourrit aussi l'atmosphère et empêche la classe politique de s'emparer à bras le corps des enjeux sociétaux, sociaux, économiques et environnementaux.
En tout cas s'il est nécessaire d'arriver urgemment à un accord négocié et équilibré sur les questions liées à l'arrondissement de BHV, il est aussi nécessaire que chacun d'entre nous, du Nord et du Sud, nous puissions regarder d'où nous venons, nous Belges,accepter l'inextricable histoire commune des néerlandophones et des francophones, des Flamands, des Bruxellois et des Wallons plutôt que de spéculer sur les résultats électoraux si nous voulons trouver une solution durable et acceptable par tous.
Commentaires
Obtenir certaines compensations pour les francophones établis depuis longtemps dans des communes flamandes de BHV, c’est une chose normale.
Mais admettre que des francophones continueront à s’installer dans ces communes pour des raisons fiscales (impôts, droits d’enregistrement, droits de succession..), c’est autre chose.
Il faudra à terme raisonner dans le sens du principe de territorialité : mais attention, il faut le faire alors de manière cohérente et complète, ce que la Flandre ne fait pas :
1) La Flandre doit transférer sa capitale sur son propre territoire
2) Chacune des 3 régions doit être compétente sur son territoire pour les domaines culturels et l’enseignement, car chaque Région a ses spécificités
3) Dans chaque Région la gestion de la Région et la gestion culturelle sont fusionnées
4) Pour Bruxelles, une Commission culturelle bilingue gère l’enseignement sur son territoire, avec la possibilité de créer des écoles bilingues où les langues sont enseignées par des enseignants pratiquant leur langue maternelle
5) Pour les communes à facilité, la Flandre est compétente pour l’enseignement unilingue flamand. La Commission culturelle bilingue de Bruxelles y est compétente pour l’enseignement francophone et pour d’éventuelles écoles bilingues que la Région de Bruxelles peut créer dans ces communes.
6) Le financement de l’enseignement et de la culture dans les 3 Régions doit évidemment être restructuré.
7) La communauté germanophone garde ses structures inchangées.
L’abstentionnisme est un signe de rejet. C’est la «sonnette d’alarme» du citoyen lambda. Les élus francophones n’ont rien à dire. Ils sont soumis aux élus flamandophones qui décident des dossiers qu’ils auront. Pourquoi aller voter ? Il suffit d’attendre qui sera élu en Flandre pour savoir quelle politique nous aurons. Exemple : les accords où la minorité est tjrs perdante. Voir les survols d’avions de Belgocontrol sur le BW et la piste 02/20 appelée maintenant «piste de la torture». Accord entre les élus du nord et du sud (contre quoi, mystère) qui fait maintenant des centaines de milliers de victimes qui ne peuvent même plus se défendre. Cet accord bafoue la santé et la qualité de vie des citoyens des communes densément peuplées et cela ne fait même pas de scandale. Il n’y a pas que BHV. Le 13 juin, nous ne voterons pas !