Ce lundi se tenait une réunion de concertation entre le Gouvernement Fédéral et les partenaires sociaux. A cette occasion,Muriel Gerkens, chef de groupe Ecolo-Groen au Parlement fédéral, Georges Gilkinet, Député Ecolo et moi-même, avons lancé un appel au Gouvernement. Un appel pour qu'il soit proactif dans la relance du dialogue social et qu'il amène des propositions et fasse des choix volontaristes pour réguler le système financier, et qu'il oriente l'économie vers des choix plus verts.

Le dialogue social à la belge semble aujourd’hui dans l’impasse. La dernière manifestation syndicale et , de l'autre côté, la campagne « Laissez-nous entreprendre » lancée par les organisations patronales sont l’expression de la cristallisation des points de vue de ces acteurs de la concertation sociale.

L’annonce de licenciements à Opel Anvers, chez AB Inbev ou dans un nombre beaucoup trop élevé d’entreprises de notre pays inquiète légitimement le monde du travail. Les entrepreneurs sont, de leur côté, mis sous pression par le ralentissement de l’économie et par la recherche de profits à court terme de la part des investisseurs financiers. L’incompréhension et la frustration des uns et des autres sont à leur comble… ce qui n’augure pas de perspectives constructives et porteuses par rapport aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui sont face à nous.

Pour sortir de la crise, le Gouvernement fédéral ne peut plus se retrancher derrière l’autonomie des partenaires sociaux. Les partis du gouvernement-Leterme ne peuvent plus se complaire dans l’autosatisfaction en rappelant les mesures déjà prises, d’autant plus que les chiffres relatifs au taux d’emploi indiquent, contrairement aux déclarations de la Ministre de l’Emploi, que la Belgique subit davantage la crise que ses voisins directs.

Le Gouvernement fédéral doit prendre l’initiative et mettre sur la table ce lundi, à l’occasion de la nouvelle rencontre avec le Groupe des 10, de nouvelles propositions qui pourront contribuer à rétablir la confiance et poser les bases d’un redéploiement économique à la fois durable, soutenable, social et vert.

Ce retour de la confiance et du dialogue est indispensable en ces temps de crise pour permettre à notre pays de capter les emplois de demain, de répondre au défi climatique et d’assurer la sauvegarde de notre modèle social.

Pour ECOLO, les propositions à mettre en avant sont de trois ordres :

1/ Il importe d’orienter notre économie vers les secteurs du futur, la redéployer pour la rendre moins dépensière sur le plan énergétique, plus respectueuse de l’environnement et des travailleurs, et capable de capter les emplois de demain. Au-delà des discours, trop peu d’actes concrets sont posés en la matière, qu’il s’agisse de formation des travailleurs, de Recherche & Développement ou d’investissement dans les économies d’énergie.

2/ Il importe de changer la gouvernance du secteur de la finance et des entreprises. Les leçons de la crise bancaire et financière doivent être tirées. Les réformes nécessaires et concrètes qui en découlent doivent être appliquées. Le gouvernement tarde trop à agir, comme s’il suivait la conviction des milieux financiers selon laquelle on pourrait en revenir au business as usual sans rien changer sur le fond…

3/ Il convient de remettre la finance au service de l’économie et de l’emploi, plutôt que l’inverse. La crise financière n’est que le résultat de choix irréfléchis, basés sur la recherche de profit maximum en un minimum de temps, quelles que soient les conséquences économiques, sociales ou environnementales. Il faut à présent repartir sur des bases plus saines et rééquilibrer la fiscalité entre travail et capital.

Au-delà de l’enjeu de la reprise du dialogue social, ces priorités doivent guider le Gouvernement belge dans le cadre de la future présidence européenne, dès lors que nombre de ces priorités méritent ou nécessitent une approche coordonnée au plan européen pour la construction d’une Europe plus sociale.