Dans le journal Le Soir du 2 janvier, j'ai été interpellée par Jan Goossens, Directeur artistique du KVS, sur mes propos lors de mon passage chez Pascal Vrebos. Ci-dessous, ma réponse à Monsieur Gossens. Son interpellation est en pièce jointe.

Cher Jan Goossens,

Si quelqu’un m’avait dit qu’un jour, en tant que co-présidente d’Ecolo, je serais perçue comme une franche-tireuse communautariste, je n’aurais pas voulu y croire ! Et pourtant, je ne peux le nier, les propos que j’ai tenus lorsque j’étais l’invitée sur RTL ont suscité l’étonnement, l’émoi, voire la colère de certains. Tel n’était évidemment pas mon objectif et certainement moins encore d’attiser la polémique communautaire.

Par la présente, je voudrais, tout d’abord, vous remercier pour votre interpellation toute légitime vu le ramdam médiatique qui a suivi mes propos. Vous remercier car votre interpellation appelle à la réflexion et au dialogue et me permet dès lors de clarifier mes intentions et mes paroles.

Me croirez-vous si je vous dis qu’à la lecture de votre lettre, j’en ai approuvé quasi la totalité des propos ? Je voudrais donc vous rassurer aussi bien sur la volonté des représentants écolos de votre génération - dont je fais partie- d’être perpétuellement sur la voie du dialogue communautaire que sur la vision globale et systémique que nous tentons, entre Verts, d’adopter dans chacune de nos prises de positions et dans chacune de nos actions. Notre travail avec Groen !, à la Chambre et au Sénat, et bien sûr en Région Bruxelloise, à différents niveaux de pouvoir et dans diverses instances en est la confirmation. Comme Secrétaire Régionale d’Ecolobxl, j’ai personnellement participé de façon active à la mise sur pied d’actions et de réflexions communes avec Groen ! entre 2007 et 2009, qui ont notamment abouti à 56 propositions communes Ecolo-Groen ! pour la Région Bruxelloise. J’ai également organisé, dans le cadre de ce même mandat, une journée de réflexion sur la multi-culturalité de Bruxelles en y insistant, aux côtés des dimensions internationales de notre Région, sur l’identité bilingue de Bruxelles qui doit être valorisée. Monsieur Christmann y était d’ailleurs venu représenter le KVS à une table ronde sur les réponses que le politique pouvait/devait apporter aux acteurs de terrain œuvrant à plus d’inter-culturalité à Bruxelles.

Aujourd’hui, je suis co-présidente d’Ecolo. La confiance que le parti, au travers de ses membres, de ses élus et de son autre coprésident, m’a accordée en me confiant ce mandat, est évidemment très importante. Cette confiance est notamment basée, je pense, sur mon exigence quotidienne et ma conviction profonde que le dialogue et l’écoute de l’autre constituent la seule voie pour obtenir des solutions durables aux problèmes et aux conflits.

Mais s’il faut pouvoir écouter l’autre, il faut également pouvoir dire les choses, exprimer son point de vue et être entendu. Cela signifie qu’il y ait quelqu’un prêt à entendre, bien sûr, mais cela signifie aussi qu’il faille être capable de dire les mots justes.

Et là, je le reconnais, le chemin est jonché de pièges, surtout en politique où les enjeux sont multiples et les acteurs divers. L’art de communiquer ne se maîtrise pas en un jour. Et lorsque parmi d’autres questions sur le dossier de la Senne, à celle du journaliste me demandant si « quand même les médias flamands n’avaient pas exagéré », j’ai répondu par l’affirmative, ma réponse visait évidemment à dénoncer certaines réactions politiciennes ou polémiques qui cherchaient à attiser le conflit entre deux Régions. Il ne s’agissait ni de minimiser la pollution, ni de tenter de communautariser le dossier. Peut-être n’ai-je pas utilisé les bons mots, peut-être n’ai-je pas été assez précise. Quoiqu’il en soit, cela a nourri une polémique qui n’attendait sans doute que d’être alimentée.

Je suis évidemment responsable de mes paroles et de l’effet qu’elles provoquent. Je tiens donc à réaffirmer ici qu’il ne s’agit en aucune manière d’un dossier qui doit être lu d’une manière communautaire mais qu’à l’inverse, les catastrophes environnementales ne connaissent pas de frontière. Tous les niveaux de pouvoirs publics, au-delà des frontières des Régions et des Communautés, doivent s’unir, se concerter et collaborer pour assurer un maximum d’efficacité dans la lutte contre les effets ravageurs de telles pollutions. C’est parce que cela n’avait pas été compris, probablement à cause d’une maladresse de ma part, que nous avons présenté nos excuses publiques via un communiqué de presse, des excuses qui ont trouvé bien moins de place que la polémique, naturellement.

Par cette réponse à votre interpellation, je voulais vous dire que je suis plus que jamais une militante du dialogue, du vivre ensemble et du droit à la différence, ainsi qu’une porte-parole qui espère être digne d’un parti qui prône depuis toujours le dialogue communautaire et le concrétise au quotidien au travers de son travail permanent avec Groen ! et au travers de son programme institutionnel.

En souhaitant que la Belgique trouve la voie de l’apaisement en 2010 et permette à l’ensemble de ses habitants de vivre harmonieusement.

Sarah Turine Co-présidente Ecolo

Interpellation de Jan Goossens