Suite à mon élection au Parlement Régional Bruxellois le 7 juin dernier, je suis également sur les bancs du Parlement de la Communauté Française, ainsi que trois autres écolos bruxellois (Jacques Morel, Jean-Claude Defossé et Zakia Khattabi) où je suis, principalement les questions d'enseignement.

Hier en commission, j'ai profité d'une question sur l'état des lieux des outils qui ont été développés dans le cadre du Décret relatif à l'éducation à la citoyenneté (décret de 2007) pour insister qu'on aille plus loin qu'uniquement la mise en place d'outils pédagogiques. Ci-dessous mon interpellation.

"Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs débats ou évènements qui nous rappellent combien le « vivre ensemble », dans la société multiculturelle qu’est la nôtre n’est pas gagné ni inné. Aux questions d’exclusions, aux questions d’égalité de droits mais aussi de droit à la différence, aux questions des valeurs, le politique doit répondre, baliser le chemin et promouvoir toute action permettant à chacun de se sentir citoyen et de participer au « vivre ensemble ». On ne naît pas citoyen et démocrate, on le devient. On le devient si plusieurs conditions sont réunies : est citoyen celle ou celui qui se sent appartenir à la société dans laquelle où il vit, qui ne s’en sent pas exclus. Etre citoyen, cela signifie aussi adhérer à et respecter une série de règles permettant le « vivre ensemble ». Ces engagements citoyens s’apprennent et se vivent avant tout à l’école.

Dans la déclaration de politique communautaire, le Gouvernement propose de prendre des mesures complémentaires à celles du Décret relatif au renforcement de l’éducation à la citoyenneté.

Une de ces mesures m’apparaît comme extrêmement importante et urgente pour renforcer le dialogue interculturel. Il s’agit de l’étude de la mise en place d’un module d’initiation à la citoyenneté active et responsable commun à tous les élèves, de la 1re primaire à la 6e secondaire, y compris pour les élèves de l’enseignement spécialisé, de manière complémentaire à l’enseignement des cours de morale et de religion ; En effet le dialogue interculturel doit permettre à chaque élève d’être reconnu dans son intégrité tout en lui apprenant à reconnaître l’autre dans son intégrité à lui. L’écoute mutuelle, l’apprentissage de l’autre est une nécessité pour construire leur sentiment d’appartenance à la même cité, leur désir de citoyenneté.

Sans remettre du tout en question les cours confessionnels au sein de l’enseignement public, qui peuvent avoir une utilité (tant au niveau de la réflexion sur l’éthique et les valeurs que sur l’ancrage historique), une des faiblesses de notre système actuel est la différenciation des enfants en fonction de leur religion et la séparation pour justement discuter des questions de valeur et de vivre ensemble.

C’est dans ce cadre que je me permets, Madame la Ministre, d’insister auprès de vous pour prendre rapidement les mesures nécessaire pour l’étude de la mise en place d’un module d’initiation à la citoyenneté active et responsable commun à tous les élèves, de la 1re primaire à la 6e secondaire, y compris pour les élèves de l’enseignement spécialisé, de manière complémentaire à l’enseignement des cours de morale et de religion."

La Ministre a répondu plutôt positivement, d'autant que c'est dans la déclaration de politique communautaire, mais il faudra s'assurer du suivi qui en sera fait. En effet,même s'il existe déjà des outils pédagogiques (dans le cadre du décret relatif à l'éducation à la citoyenneté), ils sont utilisés sur base volontaire des enseignants et l'éducation à la citoyenneté ne fait pas encore partie intégrante du cursus scolaire.