Emeutes à Molenbeek. Une nouvelle génération sacrifiée?
Par Sarah le vendredi 18 septembre 2009, 09:54 - Ma commune: Molenbeek - Lien permanent
Hier soir, quinze jours après des premières échauffourées qui ont opposé des jeunes Molenbeekois aux forces de l'ordre, le quartier du Parvis Saint-Jean Baptiste, au coeur de Molenbeek a été le théâtre d'affrontements assez violents entre la police et des groupes de jeunes. Selon les médias ce matin, tout a commencé lorsque la police a interpellé et emmené un jeune de 14 ans pour outrage à agent de police. La famille et des jeunes ont suivi en cortège la police jusqu'au commissariat et un attroupement s'est crée, dégénérant rapidement en affrontements. Jets de pierre, bris de vitres, autopompes,... 120 policiers ont été appelés en renfort. 9 policiers sont blessés et plusieurs jeunes ont été arrêtés.
Pourquoi?
Un peu moins de vingt ans après les grosses émeutes du début des années 90, les mêmes quartiers s'échauffent : Molenbeek, Anderlecht, Forest...
Bien sûr, c'est le Ramadan. On sait que durant cette période, les tensions sont plus palpables du fait de la fatigue et de l'effort physique qui découle de la pratique du jeûne. Mais cela n'explique certainement pas l'effusion de violence de ces dernières semaines.
Bien sûr, il y a la crise économique, l'augmentation du chômage. Et les premières victimes des crises sont toujours les plus précarisés. Mais précarité ne rime pas avec violence.
Bien sûr, les policiers commettent parfois des maladresses. Combien de policiers de Molenbeek connaissent véritablement la commune, ses habitants? On manque de policiers à Bruxelles, On doit recruter des des jeunes Flamands ou Wallons, souvent peu au faits de la réalité de Bruxelles et de Molenbeek et qui partent à la première occasion rejoindre des unités plus proches de chez eux. Il y a donc un turn over important. Mais cela n'explique pas non plus l'augmentation des tensions de ces derniers temps.
Et pourtant quiconque connaît ces quartiers, y habite ou y travaille n'aura pas été étonné par ces accès de colère. Car, selon moi, il s'agit bien d'une colère qui gronde sourdement depuis longtemps. Et cette colère, je pense qu'elle résulte de la politique "d'intégration" et de "cohésion sociale" qu'on a mise en place dans ces quartiers après les émeutes du début des années 90. Politique qui avait pour objectif la paix dans les quartiers mais malheureusement pas l'émancipation sociale, économique et culturelle des populations de ces quartiers (faut-il rappeler qu'à l'époque, une bonne partie des habitants n'avait pas le droit de vote?). On est partis du constat que ces quartiers étaient délaissés (urbanistiquement, associativement,...) et qu'il fallait proposer des activités aux jeunes dans leurs quartiers. Cela a eu, certes, des effets positifs, en matière d'aménagement du territoire et d'organisation d'activités pour les jeunes. Bien sûr, mais cela n'a pas permis d'ouvrir les quartiers, qui se sont plutôt fermés sur eux-même et même les activités ont eu tendance à être communautarisées,
Et aujourd'hui, les jeunes n'en sortent pas ou très peu de leurs quartiers. Ils ne connaissent pas les jeunes des autres quartiers. Et quand ils en sortent, quel choc, quel malaise s'empare d'eux? Comment dans ces conditions trouver un emploi, participer à la vie de la Région? Les jeunes hommes, quand bien même ils auraient le diplôme adapté (ce qui n'est déjà pas le cas le plus fréquent) sont souvent considérés "inadaptés", peuvent avoir un langage, un comportement qui fait peur. Comment dans ce contexte pouvoir s'identifier à la ville qu'ils habitent si ce n'est en valorisant ce qui fait leur attache au quartier, leur ressemblance à leurs pairs, leur identité culturelle, leurs racines issues du pays de leurs parents dans lequel, ils ne se sentent pourtant pas non plus tellement plus à l'aise.
Je ne suis pas sociologue. Je ne vais donc pas aller plus loin dans ces supputations. Une étude sur la mobilité des jeunes réalisée par une AMO de Bruxelles relève ce même constat.Le Monde diplo en a même fait un dossier que je vous invite à lire.
Emancipation, le maître-mot
En tout cas, le monde politique dans son ensemble (et pas seulement les pouvoirs communaux de ces zones) doit prendre ses responsabilités car la dualisation de ville est grandissante. Il faut agir parallèlement sur l'école, la formation professionnelle, l'ouverture de quartiers, la décristallisation des différences religieuses et/ou culturelles, l'emploi, l'urbanisme et penser la politique en termes d'émancipation plutôt que de simple cohésion. C'est un travail de longue haleine, qui pourra donner des résultats à moyens terme, mais il urge de s'y atteler si on ne veut pas sacrifier une génération supplémentaire.
Commentaires
C'est dingue quand on y pense. Dans beaucoup de projets subsidiés par l'Europe, il faut un volet transfontalier entre pays de l'Union. Très bien !
Pourquoi pas un volet "inter-quartiers" ou "inter-communes" dans les contrats de quartier ? Cela participerait au décloissonnement.
Ceci dit, à la différence des émeutes à Anderlecht en 2008, il ne s'agit pas d'affrontement entre deux groupes de "citoyens" mais entre des (jeunes) citoyens et la police.
Mme Turine, vos commentaires sont mesurés et pertinents, mais concrètement...avez-vous des propositions constructives? et y a-t-il une réelle volonté d'intégration de la part de ces populations qui restent marginalisées malgré 2 décennies d'efforts? Dans une démocratie comme la nôtre, la "minorisation" peut aussi être une force. Il y a une tendance, bien normale par ailleurs, à "surprotéger" socialement ces populations défavorisées, et par là même, comme pour les enfants, on inhibe leur tendance à acquérir leur autonomie.
Si tous les gens qui sont au régime devaient se mettre à agresser leurs voisins, ce serait la guerre !
Stop aux excuses bidons accordée à une jeunesse et/ou à des ethnies particulières : la violence engendre la violence et ce n'est pas une thuriféraire de la cause palestinienne qui peut l'ignorer.
Ce qui est fabuleux c'est que vous vous prétendez spécialiste de l'Islam. Vous avez donc dû lire le Coran et tous ses appels à la haine et au meurtre envers les mécréants.
Pour moi les causes sont juste à rechercher là-dedans.
Le reste n'est que du bla bla électoraliste...
Emeutes à Molenbeek ne sont autre choses que des séditions musulmanes comme l'on peut les observer dans tous les pays européens qui ont commis cette erreur impardonnable d'accueillir imprudemment des colons musulmans en quantité incontrôlée, les séditions qui sont invariablement les mêmes partout, quel que soit le système social mis en œuvre dans un pays concret, la Suède, réputée pour son système social incomparablement généreux, y compris. Toute islamologue que vous prétendez être - je ne suis pas Anne-Marie Delcambre pour en juger la pertinence - au mieux, vous ne comprenez pas les enjeux et au pire vous êtes complètement infiltré par l'idéologie avariée et périmée des "damnés de la terre", qui se permet de faire une abstraction dangereuse et non fondée du poids d'une conception du monde diamétralement différente de la nôtre et pour tout dire lui complètement opposé. Ce n'est justement que la NOTRE qui permet l'apparition de mouvements contestataires genre écolo, TOTALEMENT IMPENSEBLES dans le cadre de l'islam classique, c.-à-d. l'islam non "pollué" par l'esprit des Lumières, exclusivement européennes (rien à voir avec des "mutazilites", vous devriez être la première à le savoir). J'en ai marre, j'en ai par dessus de la tête de se voir designer comme responsable de cette incapacité, consubstantielle à leur doctrine "religieuse", de se plier aux exigences du monde moderne occidentale, qui pourtant sont obligatoirement contraignantes à quiconque non musulman né ici (adaptabilité et flexibilité à outrance en temps réel, entre autres). Aussi "xénophobe" (ou mieux - "islamophobe") qu'elle puisse vous paraître (là-dessus, je n'en ai pas le moindre doute), je soutiens l'idée que tous ces islamopathes qui pensent pouvoir vivre en Occident selon les mêmes schémas mentaux omnicoraniques, qui ont amené le monde islamique contemporain à son stade de sous-développement sans pareil - générateur d'une misère existentielle sans nom qui les pousse à frapper massivement aux portes du "paradis" européen (vous n'allez tout de même pas contester les faits à ce point, n'est-ce pas ?) -, n'ont qu'à rentrer dans un des innombrables pays musulmans, si propices à leur permettre de vivre merveilleusement "leur foi". Là, il faut évidemment assumer l'absence des avantages "matérialistes" de ce pourri et corrompu monde occidental corano-méprisé, des allocations sociales généreuses y compris. Il faut choisir entre la mosquée et la prospérité (qui découle de la liberté). Les deux sont incompatibles. L'ingénierie sociétale écolo, à l'instar de celle communiste, peut encore réussir à faire beaucoup de dégâts, en se croyant autorisée, encouragée à tort par son crédit moral originel de la défense de la nature, à s'immiscer dans l'implantation du "multiculturalisme" qui consiste à imposer aux autres mes us et coutumes que ça leur plaise ou pas, y compris mon intolérance envers leurs us et coutumes (il est considéré comme légitime d'introduire les cantines halal par respect de la "sensibilité" musulmane, mais il est considéré comme raciste d'interdire les foulards misogynes musulmans, puisqu'on se fiche de la "sensibilité" européenne comme d'une guigne. Les représentations publiques envahissantes ostensibles de l'appartenance musulmane, destinées à marquer (et à délimiter) symboliquement le territoire, heurtent mon sensibilité. Mais qui s'en soucie ? Vous ?
Merci pour ces commentaires. Ils enrichissent le débat et montrent combien la question "multi-culturelle/inter-culturelle" est sensible, complexe et qu'elle nécessite des réponses multiples et nuancées.
Sans rentrer dans une réponse point par point aux critiques formulées ci-dessus, je vair rajouter ceci :
En tant qu'acteur politique, pour répondre aux tensions qui existent dans certains de nos quartier, je dois poser le débat, la réflexion et la recherche de solutions sur ce qui me paraît être le fondement préalable d'une société démocratique, la recherche de l'inclusion, de la solidarité et de la justice. Dans un monde de plus en plus ouvert, on ne peut empêcher les cultures et les valeurs de se "rencontrer", de se "confronter" et de se "mélanger". En tant qu'acteur politique qui cherche à faire en sorte que notre société soit démocratique et donc solidaire, juste et inclusive, je dois mettre mes convictions et mes valeurs culturelles en second plan, non pas les oublier, bien sûr, et réfléchir aux solutions qui permettent d'inclure l'ensemble des citoyens. Dans un second plan, s'il apparaît des tensions de l'ordre des valeurs ou des approches culturelles, seule la voie du dialogue permettra d'aboutir à une solution possible, acceptable par toutes et tous.
Ca c'est la théorie.
En pratique pour éviter des tensions extrêmes, il faut dès le départ permettre le dialogue, la mixité pour éviter les replis identitaires. Je le répète dans un société mondialisée, nous n'avons pas d'autre choix que le dialogue interculturel, même si cela demande à tous et nous aussi certains compromis culturels.
Votre exposé de vos convictions est sans doute louable, sauf qu'un petit détail est omis. L'Occident et une partie grandissante du monde n'est pas exposée à l'interpénétration d'innombrables cultures merveilleusement différentes et mutuellement enrichissantes, mais à la tentative réitérée de l'islam de dominer le monde (ils ont échoué en 1683 à Vienne, mais ils n'ont pas oublié).
Personne n'a jamais empêché << les cultures et les valeurs de se "rencontrer", de se "confronter" et de se "mélanger" >>, mais cela doit obéir aux lois de la capacité naturelle de chaque entité culturelle d'absorber, selon son gré, ce qu'elle considère comme intéressant et avantageux et de pouvoir rejeter ce qu'elle ressent comme foncièrement menaçant pour ses valeurs et son identité.
Pour que les valeurs puissent se "rencontrer", "confronter" et "mélanger", de telles valeurs, distinctes et spécifiques, doivent d'abord exister, vous en convenez ? Si vous considérez comme constitutif de votre mission d'un "acteur politique" la nécessité de mettre vos valeurs culturelles "au second plan", vous vous comporter comme un fossoyeur du système démocratique, celui que vous prétendez défendre, car il est justement l'émanation des valeurs culturelles très précises et spécifiques d'une seule civilisation, sans que quoi que ce soit de comparable ait jamais émergé dans d'autres systèmes sociétales.
Avant l'apparition non naturelle des musulmans massivement importés, il ne fallait point inventer cette notion de "multiculturalisme" (qui s'apparent plutôt à un mufti-cultualisme) et en faire un marteau politique pour taper sur la tête des gens coincés contre l'enclume d'un islam historiquement incompatible avec quelques valeurs que ce soit sauf les siennes.
Le "multiculturalisme" de plus en plus de grandes villes européennes ne se traduit guère par un harmonieux mélange des merveilleuses cultures papou, cherokee, inuite, hindou, aborigène, et vous pouvez y ajoutez en vrac tout ce que vous voulez pour que l'énumération soit encore plus absurde et irréelle, mais par une invasion d'un SEUL espèce prédateur relâché, avec une inconscience grave, dans un environnement qui lui est complètement inadapté et dans lequel il peut en un temps record causer des dégâts irréversibles. L'écolo que vous êtes devrait le savoir.
Sans doute vous devez trouver les propos de Wafa Sultan aberrants (si déjà vous avez entendu parler d'elle). C'est pourtant elle qui a raison. Ceux qui ont vécu les merveilles des systèmes totalitaires ont toujours raison au sujet de la pensée totalitaire. Il n'y a rien à négocier avec l'islam.
Qu'est qui nous apporte cette merveilleuse civilisation, mère de toutes les civilisations, leur unique source et leur unique accomplissement pensable ? Les meutes de barbares ultraviolents dans tous les coins de l'Europe (je le répète, quel que soit le système social du pays d'accueil), les fantômes femelles emballés, l'antisémitisme en croissance exponentielle, les "centres culturels islamiques", les mosquées gigantesques planifiées à perte de vue, avec les minarets munis de haut-parleurs - c'est en Europe; des centaines de morts tous les jours, pulvérisés ou atrocement mutilés par les héros de jihad dans les quatre coins de la planète.
"La voie du dialogue" a été la cause de la deuxième guerre mondiale et de la Shoah. L'islam ne cherche pas "un dialogue". Il n'est pas destiné à dialoguer. L'islam "ORDONNE le convenable, et INTERDIT le blâmable". Sourate Al-‘Imran 3/104 - vous devriez le savoir ?
Depuis combien de temps le P$ dirige-t-il cette commune?
Voilà pourquoi je ne voterai pas pour vous. Vous vous réclamez de gauche mais en réalité vous ne faites rien.
J'invite Me Onckelinx a quitté son domicile de Lasnes (lol) et à venir vivre à Molenbeek.
P.S: Lasnes est une des communes les plus riches de Belgique. LOL pour une socialiste, md Onckelinx c'est pas bien
P.S: Si je critique les gauchistes, c'est que pour moi vous ne valez pas mieux.
P.S: Mon père s'est fait torturé en Libye.