J'ai eu l'occasion aujourd'hui de rencontrer les personnes actives dans le projet "Espoir" de la rue Fin à Molenbeek. J'en avais entendu parler par le biais du conseil communal ou du Cabinet Huytebroeck, mais j'ai eu ici l'occasion de me rendre compte combien ce projet est novateur, pionnier et tout à fait porteur d'espoir.

A l'initiative de la maison de quartier Bonnevie, ce projet monté entre autres avec le Fonds du Logement et le Cire a permis de rassembler 14 familles, toutes inscrites depuis de nombreuses années sur la longue liste des logements sociaux, dont certaines avec de nombreux points de priorité autour d'un superbe projet : construire et acquérir leur propre logement!

Lancé dès le départ sur le mode participatif, avec au moins une réunion par semaine, ce projet s'est conçu sur base des desiderata, des réflexions et de l'évolution des discussions du groupe des 14 familles, qui se sont rassemblées dans une asbl, l'asbl L'espoir.

Dès le départ, dans la liste des critères, les familles ont pointé, notamment la nécessité d'avoir un logement à un prix abordable, bien sûr mais aussi économe en énergie et qui avait plus l'aspect d'une maison que d'un immeuble.

TLB a réalisé l'année dernière un petit reportage bien clair sur ce projet. Vous pouvez toujours le visionner ici

Aujourd'hui, le chantier a démarré, ce sera donc une construction passive dans laquelle ils pourront normalement s'installer dès janvier 2010.

EN les écoutant aujourd'hui, ce qui m'a frappé est la fierté qu'ils ont d'avoir cru en ce projet qui, pourtant au départ, leur paraissait paroifs absurde. "COmment pouvais-je imaginer qu'un jour j'aurais ma maison à moi?" s'est exclamée l'une des participantes, "AU début je ne pouvais pas croire qu'il était possible d'habiter dans une maison sans chauffage en plein hiver!" dit un autre. Grâce à l'excellent accompagnement des associations, ils ont pu finalement y croire et être porteurs de ce beau projet. Avec l'aide des primes et de l'appel à projet pour les batiments exemplaires, et les économies d'énergie qu'ils réaliseront, le surcout de la construction passive est amorti.

Bien entendu, un projet pilote comme celui-là doit aussi essuyer les plâtres d'une première. Il s'est avéré que le sol était pollué alors qu'il n'était pas repris dans le cadastre, la commune a exigé du Fonds du Logement la construction de garages (pas pour eux, mais à louer pour l'ensemble du quartier), et comble du comble, vu que c'est le Fonds du logement et que cet acteur ne cible normalement pas les logements sociaux, ce projet ne peut pas bénéficier de la TVA à 6% comme c'est le cas pour la construction des logements sociaux. Tout cela provoque des surcoûts importants qu'il est difficile pour ces famille de prendre en charge. Il faut espérer que les pouvoirs publics vont pouvoir trouver des moyens supplémentaires qui permettront au projet de se finaliser.

EN effet, ce projet apporte de l'espoir au-delà du bonheur qu'il apporte à ces 14 familles et il doit absolument pouvoir essaimer dans d'autres quartiers, dans d'autres communes: c'est de la construction de logements sociaux, c'est de l'éco-construction, et surtout, surtout, c'est un vrai projet participatif ET émancipateur. Superbe.