Mercredi, Zakia Khattabi (candidate à la 11ème place effective sur la liste régionale) m'a proposé de l'accompagner pour aller parler d'Ecolo avec un groupe de femmes. C'est un groupe d'une vingtaine de femmes, entre 40 et 60 ans, originaires du Maroc, qui se réunissent régulièrement pour pratiquer ensemble la lecture du Coran. C'est aussi l'occasion pour elles d'aborder différents sujets de société et d'organiser certaines activités. Ainsi, à l'approche des élections, elles ont décidé de s'informer sur les programmes des différents partis et c'est dans ce cadre que nous avons été invitées, Zakia et moi.

La durée de cette rencontre était d'une heure et quart. Nous sommes restées plus de deux heures! Et nous serions bien restées encore tant le débat était enrichissant!

Quatre moments forts

En repensant à cette rencontre, je retiens quatre moments forts:

L'enjeu de l'école

Quand on a évoqué le constat d'un système scolaire totalement inégalitaire où des écoles d'élites côtoient des écoles poubelles; quand on a évoqué le fait que les jeunes qui sortent d'une école poubelle et arrivent tout fiers avec leur diplôme en poche sur les bancs de l'université, se rendent compte alors qu'il n'ont pas les mêmes outils que celles et ceux qui sortent d'une école d'élites ; quand on a parlé du décret mixité qui avait pour but de mettre fin au choix arbitraire des écoles sur les élèves à inscrire et du fait que ce décret avait en fait placé la discrimination au niveau des files (car, finalement, qui a les moyens de faire les files? Les parents d'enfants déjà inscrits dans les écoles d'élites); j'ai senti que ce n'était pas que des mots, mais qu'en face de moi, ces mamans, toutes, à des degrés divers, avaient vécu l'inégalité du système.

Leur cri du coeur : On peut améliorer le système d'inscriptions, mais avant toute chose, il faut donner les moyens adéquats aux écoles pour que toutes offrent un enseignement de qualité!

Evidemment! Mais cela ne suffit pas. Car la mixité des profils d'élèves (mixité socio-économique, culturelle,....) est fondamentale. L'ouverture à l'autre fait partie des enjeux de la construction d'une société plus juste et plus égalitaire. Et donc la rencontre de l'autre au sein de l'école fait partie de l'apprentissage de la société.

Pour allier qualité et mixité, Ecolo préconise, notamment, que le critère de discrimination positive, qui permet à une école de toucher des moyens supplémentaires ne soit plus attribué en fonction de la situation socio-économique du quartier (ce qui est le cas aujourd'hui. Les écoles à discrimination positive sont dans les quartiers défavorisés et accueillent les enfants du quartier, les mêmes qui, bien souvent, se voient refuser l'accès d'écoles d'autres quartiers plus "élitistes" . En effet ces écoles de quartiers socio-économiquement plus favorisés ne touchent pas de moyens supplémentaires et donc n'ont pas intérêt à prendre des enfants dont le profil pourrait faire penser qu'ils auront des difficultés scolaires). Ecolo préconise que ce critère de discrimination positive soit attribué en fonction du profil socio-économique de l'élève. Toutes les écoles auraient donc intérêt à accueillir des enfants au profils moins élitiste et pourraient bénéficier de moyens supplémentaires au prorata du nombre d'élèves ayant un profil socio-économiquement faible. Cela créerait nécessairement de la mixité tout en continuant à attribuer les moyens supplémentaires pour les élèves qui en ont le plus besoin et donc à permettre d'améliorer la qualité et le soutien scolaire.

D'autres propositions existent comme ouvrir l'école à d'autres métiers que le métier strict d'instituteur. Cela permettrait d'alléger la charge qui pèse sur les épaules de l'enseignant . Celui-ci est en effet bien souvent confronté à devoir résoudre des problèmes qui dépassent largement le cadre de l'apprentissage scolaire, et ces problèmes peuvent avoir un impact sur le suivi scolaire de l'élève (problème sociaux, problèmes familiaux, problèmes économiques, problèmes culturels,...). C'est bien sûr, les métiers de logopèdes, éducateurs, puéricultrices, médiateurs,... mais aussi les associations d'éducation à la citoyenneté, au dialogue interculturel, à la santé,....

Les trois autres moments forts dans les discussions avec ce groupe de femmes sont les suivants :

La question de l'emploi des jeunes

L'importance de la rencontre et du dialogue interculturel

L'importance de la sensibilisation aux gestes quotidiens aidant à un développement durable ET de la prise en compte des réalités de certaines contraintes à la mise en pratique de ces gestes

j'y reviendrai plus en détails dans les jours qui viennent .