Sarah Turine

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dimanche 25 octobre 2009

Pour lutter contre la fragmentation de Bruxelles

Les conseillers communaux de Molenbeek vont auditionner les acteurs de terrain! Suite à notre interpellation (ci-dessous) et un débat intéressant et parfois houleux lors du dernier conseil communal, jeudi soir, nous avons obtenu du Collège que soit organisée une séance d'auditions de différents acteurs molenbeekois (aide à la jeunesse, maisons de quartiers, ...) pour connaître leur analyse sur la situation de la commune. Sur base de ces auditions, nous espérons que le conseil communal s'accordera pour faire des propositions concrètes d'actions politiques permettant de lutter contre la fragmentation de la ville. Je vous tiendrai évidemment informés de la suite.

Extrait de l'interpellation

(texte complet en pièce jointe)

Les évènements violents que le centre de la commune a connus ces dernières semaines, au-delà de la réaction répressive nécessaire qu'il a fallu porter immédiatement, doivent nous faire réfléchir, une fois de plus, nous acteurs politiques de Molenbeek et de toute la région bruxelloise, au mode du vivre ensemble que nous voulons et aux solutions à moyen et à long terme que nous devons proposer pour combattre la dualisation de notre région, de notre commune. Dualisation qui est en même temps socio-économique, territoriale, scolaire, culturelle et religieuse (pour ne pas dire communautaire ou « ethnique »).

(...)

Il faut néanmoins reconnaître que la résonance que peut avoir certains fauteurs de troubles auprès des jeunes (et moins jeunes) du « troisième cercle » n'est pas anodine et trouve ses racines dans un malaise profond partagé par un bonne partie de la population de notre commune. Malaise lié à la précarité socio-économique et lié à une crise identitaire.

Je l’ai déjà évoqué lors de conseils communaux précédents. Différentes études montrent combien Bruxelles est cloisonnée en quartiers et les jeunes, en particulier, sortent peu de leurs quartiers et fréquentent peu les autres quartiers car ils s’y sentent mal à l’aise, voire étrangers. Parallèlement, combien de jeunes hommes ou femmes d’origine immigrée, quand bien même ils auraient le diplôme adapté (ce qui n'est pas le cas pour tous) sont considérés par les employeurs comme "inadaptés", parce que leur langage, leur comportement ou leur port vestimentaire n’est pas «adapté » ou fait carrément peur. Comment dans ce contexte peuvent-ils s'identifier à la ville qu'ils habitent et s’y sentir impliqués ? Comment ne pas comprendre pour certains, un repli sur le quartier, un repli au sein de leur communauté et/ou de leur groupe religieux sans que cela ne soit pour autant souhaitable ? Cela rend aussi compréhensible la colère et le sentiment d’injustice qui peuvent les habiter.

Il est évidemment difficile d’évoquer une seule faute, une seule raison, une seule responsabilité à la situation actuelle de tension et de dualisation de la cité. Chacun y va de son explication : identification croissante de chacun à ses origines culturelles, retour en puissance de la dimension religieuse, problèmes de chômage, crise économique, discrimination à l’embauche, importation de tensions internationales, échec ou insuffisance des politiques d’intégration et de cohésion sociale menées ces dernières années…Certainement, les raisons et les responsabilités sont-elles partagées et diversifiées.

Quoiqu’il en soit, si l’on veut « re-souder » la ville avant qu’elle ne se fracture complètement, il est urgent que nous, acteurs politiques, prenions la mesure de l’enjeu. Sans nous voiler la face, analyser les faits, la situation, évaluer les causes, accepter de remettre en question, voire en cause, certaines de nos politiques passées et proposer les mesures qui s’imposent.

En tout cas, le monde politique dans son ensemble (et pas seulement les pouvoirs communaux) doit prendre ses responsabilités. Il faut agir parallèlement sur l'école, la formation professionnelle, l'ouverture de quartiers, la décristallisation des différences religieuses et/ou culturelles, l'emploi, l'urbanisme et penser la politique en termes d'émancipation plutôt que de simple cohésion. C'est un travail de longue haleine, qui pourra donner des résultats à moyens terme, mais il est urgent de s'y atteler si on ne veut pas sacrifier une génération supplémentaire.

(...)

Intervention de Didier Coeurnelle

Dans le débat qui a suivi, mon collègue Didier Coeurnelle a fait une intervention qui résume bien l'état d'esprit dans lequel nous sommes. Je vous la soumets :

" Vivre ensemble c'est difficile mais passionnant. Dans ce domaine, la dimension sociale est fondamentale mais ce n'est pas la seule dimension. Je lutte pour plus d'égalité sociale depuis près de 30 ans mais il y a aussi d'autres questions à aborder. Je fais partie, comme écologiste, de ceux qui pensent que l'intégration n'est pas un échec mais qu'elle n'est pas encore réussie. A Molenbeek et ailleurs la situation que nous vivons trop souvent, c'est vivre les uns à côté des autres et non pas les uns avec les autres.

Parmi les aspects du vivre ensemble, une des richesses, c'est de pouvoir changer et se respecter. Se respecter, cela signifie notamment accepter des manières de s'habiller différentes. Il faut pouvoir porter le voile à Wolluwe-Saint-Lambert mais aussi pouvoir se promener en jupe à Ribaucourt. Pouvoir changer, c'est, par exemple, lorsqu'une personne est issue d'une famille athée, pouvoir acquérir la conviction que notre planète a été créée par un être suprême. Mais c'est aussi, lorsque l'on vient d'une famille catholique ou musulmane, pouvoir acquérir la conviction que Dieu n'existe probablement pas. Et, ne nous voilons pas la face, c'est parfois perçu comme plus difficile aujourd'hui qu'hier.

Je pense enfin qu'il est souhaitable de permettre la confrontation des idées. Il y a une conception "politiquement correcte" qui pousse à éviter cela. Mais c'est de cette rencontre que peut naître un enrichissement. De la même manière qu'il y a plus dans deux têtes que dans une, il y a plus dans la rencontre de deux et, a fortiori, de plusieurs cultures que dans une culture isolée."

mercredi 14 octobre 2009

Un module d'éducation à la citoyenneté dès la première primaire?

Suite à mon élection au Parlement Régional Bruxellois le 7 juin dernier, je suis également sur les bancs du Parlement de la Communauté Française, ainsi que trois autres écolos bruxellois (Jacques Morel, Jean-Claude Defossé et Zakia Khattabi) où je suis, principalement les questions d'enseignement.

Hier en commission, j'ai profité d'une question sur l'état des lieux des outils qui ont été développés dans le cadre du Décret relatif à l'éducation à la citoyenneté (décret de 2007) pour insister qu'on aille plus loin qu'uniquement la mise en place d'outils pédagogiques. Ci-dessous mon interpellation.

"Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs débats ou évènements qui nous rappellent combien le « vivre ensemble », dans la société multiculturelle qu’est la nôtre n’est pas gagné ni inné. Aux questions d’exclusions, aux questions d’égalité de droits mais aussi de droit à la différence, aux questions des valeurs, le politique doit répondre, baliser le chemin et promouvoir toute action permettant à chacun de se sentir citoyen et de participer au « vivre ensemble ». On ne naît pas citoyen et démocrate, on le devient. On le devient si plusieurs conditions sont réunies : est citoyen celle ou celui qui se sent appartenir à la société dans laquelle où il vit, qui ne s’en sent pas exclus. Etre citoyen, cela signifie aussi adhérer à et respecter une série de règles permettant le « vivre ensemble ». Ces engagements citoyens s’apprennent et se vivent avant tout à l’école.

Dans la déclaration de politique communautaire, le Gouvernement propose de prendre des mesures complémentaires à celles du Décret relatif au renforcement de l’éducation à la citoyenneté.

Une de ces mesures m’apparaît comme extrêmement importante et urgente pour renforcer le dialogue interculturel. Il s’agit de l’étude de la mise en place d’un module d’initiation à la citoyenneté active et responsable commun à tous les élèves, de la 1re primaire à la 6e secondaire, y compris pour les élèves de l’enseignement spécialisé, de manière complémentaire à l’enseignement des cours de morale et de religion ; En effet le dialogue interculturel doit permettre à chaque élève d’être reconnu dans son intégrité tout en lui apprenant à reconnaître l’autre dans son intégrité à lui. L’écoute mutuelle, l’apprentissage de l’autre est une nécessité pour construire leur sentiment d’appartenance à la même cité, leur désir de citoyenneté.

Sans remettre du tout en question les cours confessionnels au sein de l’enseignement public, qui peuvent avoir une utilité (tant au niveau de la réflexion sur l’éthique et les valeurs que sur l’ancrage historique), une des faiblesses de notre système actuel est la différenciation des enfants en fonction de leur religion et la séparation pour justement discuter des questions de valeur et de vivre ensemble.

C’est dans ce cadre que je me permets, Madame la Ministre, d’insister auprès de vous pour prendre rapidement les mesures nécessaire pour l’étude de la mise en place d’un module d’initiation à la citoyenneté active et responsable commun à tous les élèves, de la 1re primaire à la 6e secondaire, y compris pour les élèves de l’enseignement spécialisé, de manière complémentaire à l’enseignement des cours de morale et de religion."

La Ministre a répondu plutôt positivement, d'autant que c'est dans la déclaration de politique communautaire, mais il faudra s'assurer du suivi qui en sera fait. En effet,même s'il existe déjà des outils pédagogiques (dans le cadre du décret relatif à l'éducation à la citoyenneté), ils sont utilisés sur base volontaire des enseignants et l'éducation à la citoyenneté ne fait pas encore partie intégrante du cursus scolaire.

mercredi 7 octobre 2009

travail décent, vie décente

Le saviez-vous? Moi je l'avais oublié et ce sont des militants du CNCD qui me l'ont rappelé ce matin à la gare centrale : le 7 octobre est la journée pour le travail décent.

La campagne belge pour le travail décent porte quatre revendications. Les voici : - Mondialiser un revenu décent pour une vie décente. - Inscrire le travail décent comme priorité dans les politiques de développement. - Garantir une mondialisation des droits sociaux. - Réguler les acteurs privés transnationaux.

N'hésitez pas à aller signer la pétition!

vendredi 18 septembre 2009

Emeutes à Molenbeek. Une nouvelle génération sacrifiée?

Hier soir, quinze jours après des premières échauffourées qui ont opposé des jeunes Molenbeekois aux forces de l'ordre, le quartier du Parvis Saint-Jean Baptiste, au coeur de Molenbeek a été le théâtre d'affrontements assez violents entre la police et des groupes de jeunes. Selon les médias ce matin, tout a commencé lorsque la police a interpellé et emmené un jeune de 14 ans pour outrage à agent de police. La famille et des jeunes ont suivi en cortège la police jusqu'au commissariat et un attroupement s'est crée, dégénérant rapidement en affrontements. Jets de pierre, bris de vitres, autopompes,... 120 policiers ont été appelés en renfort. 9 policiers sont blessés et plusieurs jeunes ont été arrêtés.

Pourquoi?

Un peu moins de vingt ans après les grosses émeutes du début des années 90, les mêmes quartiers s'échauffent : Molenbeek, Anderlecht, Forest...

Bien sûr, c'est le Ramadan. On sait que durant cette période, les tensions sont plus palpables du fait de la fatigue et de l'effort physique qui découle de la pratique du jeûne. Mais cela n'explique certainement pas l'effusion de violence de ces dernières semaines.

Bien sûr, il y a la crise économique, l'augmentation du chômage. Et les premières victimes des crises sont toujours les plus précarisés. Mais précarité ne rime pas avec violence.

Bien sûr, les policiers commettent parfois des maladresses. Combien de policiers de Molenbeek connaissent véritablement la commune, ses habitants? On manque de policiers à Bruxelles, On doit recruter des des jeunes Flamands ou Wallons, souvent peu au faits de la réalité de Bruxelles et de Molenbeek et qui partent à la première occasion rejoindre des unités plus proches de chez eux. Il y a donc un turn over important. Mais cela n'explique pas non plus l'augmentation des tensions de ces derniers temps.

Et pourtant quiconque connaît ces quartiers, y habite ou y travaille n'aura pas été étonné par ces accès de colère. Car, selon moi, il s'agit bien d'une colère qui gronde sourdement depuis longtemps. Et cette colère, je pense qu'elle résulte de la politique "d'intégration" et de "cohésion sociale" qu'on a mise en place dans ces quartiers après les émeutes du début des années 90. Politique qui avait pour objectif la paix dans les quartiers mais malheureusement pas l'émancipation sociale, économique et culturelle des populations de ces quartiers (faut-il rappeler qu'à l'époque, une bonne partie des habitants n'avait pas le droit de vote?). On est partis du constat que ces quartiers étaient délaissés (urbanistiquement, associativement,...) et qu'il fallait proposer des activités aux jeunes dans leurs quartiers. Cela a eu, certes, des effets positifs, en matière d'aménagement du territoire et d'organisation d'activités pour les jeunes. Bien sûr, mais cela n'a pas permis d'ouvrir les quartiers, qui se sont plutôt fermés sur eux-même et même les activités ont eu tendance à être communautarisées,

Et aujourd'hui, les jeunes n'en sortent pas ou très peu de leurs quartiers. Ils ne connaissent pas les jeunes des autres quartiers. Et quand ils en sortent, quel choc, quel malaise s'empare d'eux? Comment dans ces conditions trouver un emploi, participer à la vie de la Région? Les jeunes hommes, quand bien même ils auraient le diplôme adapté (ce qui n'est déjà pas le cas le plus fréquent) sont souvent considérés "inadaptés", peuvent avoir un langage, un comportement qui fait peur. Comment dans ce contexte pouvoir s'identifier à la ville qu'ils habitent si ce n'est en valorisant ce qui fait leur attache au quartier, leur ressemblance à leurs pairs, leur identité culturelle, leurs racines issues du pays de leurs parents dans lequel, ils ne se sentent pourtant pas non plus tellement plus à l'aise.

Je ne suis pas sociologue. Je ne vais donc pas aller plus loin dans ces supputations. Une étude sur la mobilité des jeunes réalisée par une AMO de Bruxelles relève ce même constat.Le Monde diplo en a même fait un dossier que je vous invite à lire.

Emancipation, le maître-mot

En tout cas, le monde politique dans son ensemble (et pas seulement les pouvoirs communaux de ces zones) doit prendre ses responsabilités car la dualisation de ville est grandissante. Il faut agir parallèlement sur l'école, la formation professionnelle, l'ouverture de quartiers, la décristallisation des différences religieuses et/ou culturelles, l'emploi, l'urbanisme et penser la politique en termes d'émancipation plutôt que de simple cohésion. C'est un travail de longue haleine, qui pourra donner des résultats à moyens terme, mais il urge de s'y atteler si on ne veut pas sacrifier une génération supplémentaire.

lundi 31 août 2009

Oxfam aussi lutte contre le réchauffement climatique

Faut-il encore vous présenter Oxfam? Vous connaissez bien sûr les magasins de commerce équitable. Mais à côté des Magasins du Monde Oxfam, une ONG soeur, Oxfam-Solidarité (vous avez peut-être déjà vu les magasins de seconde main d'Oxfam? Ca c'est Oxfam-Solidarité), s'occupe plus particulièrement de projets de développement dans le Sud et de lobbynig politique dans le Nord. Car sans changement politique ici, les projets de développement dans le Sud n'auront que peu d'impact. Ils ont lancé une campagne en vu du sommet de Copenhague. Plus ils réunissent de signatures, plus leur poids comptera pour faire pression sur les Gouvernements européens pour qu'ils mettent en place une réelle politique internationale, nationale et européenne de lutte contre le changement climatique. Alors allez signer leur pétition

mardi 25 août 2009

De retour... et vive la rentrée... scolaire...

Bon, je n'ai pas été très active sur le blog durant ces deux mois d'été... En effet, ce blog concerne mon activité politique et c'est vrai que j'ai pris des vacances et qu'en outre, tant au conseil communal, qu'au Parlement qu'à la Régionale Ecolo, ce fut assez calme. J'aurais pu néanmoins commenter l'actualité du jour, oui.... mais je le reconnais, j'ai préféré faire une vraie coupure...

Me revoilà donc! Assez en forme!

La tête pleine d'idées d'interpellations pour le Conseil Communal, prête aussi à affronter les questions cruciales qui se poseront pour l'enseignement en Communauté française, ...

En effet, cet été, je me suis penchée surtout sur les enjeux de l'école : l'urgente et épineuse crise des inscriptions qui, dès le 2 septembre, devra servir de leçon pour travailler à une solution durable pour les prochaines rentrées scolaires qui devra concilier l'objectif très important de mixité sociale et désirs légitimes des parents de garder une responsabilité et une certaine autonomie dans le choix de l'école de leur enfants et également aspects purement pratiques et logistiques pour éviter des blocages tels qu'on en connaît aujourd'hui. Mais au-delà de ce dossier épineux, la question de l'école sera bien plus large : pour la sortir du système actuel qui renforce les inégalités sociales, il faudra la repenser (une fois de plus?) dans son intégralité pour lui permettre d'être un outil adapté à la société d'aujourd'hui et un outil de justice sociale et d'émancipation critique. Enfin, si tel est le rôle qu'on lui confère.... En écoutant François Dubet, la semaine dernière à l'université d'été du Segec, on sent l'importance de requestionner le rôle et les fonctions de l'école dans notre société d'aujourd'hui. En Belgique, comme en France, l'école est considérée comme étant le seul chemin possible pour accéder à la réussite sociale. Sans diplôme impossible ou presque de réussir socialement parlant... Et pourtant, en Belgique, comme en France, notre système scolaire renforce les inégalités sociales... Le lien? Si c'est le seul moyen d'accéder à la réussite sociale, alors les parents cherchent la meilleure école à tout prix, les écoles ont tout intérêt à garantir la qualité maximale quitte à aller jusqu'à l'élitisme,... la concurrence et le marché scolaire s'installent... Ca peut paraître simpliste, ce n'est certes pas la seule explication, mais il est intéressant de tenir cela à l'oeil et d'interroger le rôle que l'on veut donner à l'école. L'école doit-elle être le seul lieu possible pour accéder à la réussite sociale? Et qu'en est-il de son rôle "d'instruction", d'approche du savoir et de la réflexion critique? Si ce sujet vous intéresse, lisez l'interview de Dubet dans la revue Politique.

Quoiqu'il en soit, je vous en reparlerai certainement! A tout bientôt!

mardi 16 juin 2009

Ecolo négociera donc avec le CDH et le PS

Voilà, le rideau est tombé, le Conseil de Fédé (le parlement interne d'Ecolo) a tranché hier soir : Ecolo négociera dès demain avec le CDH et le PS pour l'éventuelle formation d'un gouvernement Olivier à Bruxelles, en Wallonie et à la Communauté Française.

Le choix n'était pas simple, voire cornélien et l'on savait que peu importe le choix qu'on ferait, il créerait d'une part un soulagement et d'autre part une déception voire une colère. Et ce, toujours et encore parce que le climat politique de ces derniers mois a dualisé les enjeux, en les limitant à la dimension gauche-droite.

Bien sûr Ecolo n'a récolté que 20% des voix et reste donc un parti moyen sur l'échiquier, mais faut-il néanmoins penser pour autant que son projet serait de droite si nous devions nous allier avec le MR et bien de gauche si nous nous allions avec le PS? Oui, nous sommes ancrés dans les valeurs de gauche, je l'ai assez dit sur ce blog, mais d'une gauche émancipatrice,je ne reviens pas là-dessus maintenant. Mais cessons de croire qu'il n'y a que 2 projets de société.

L'écologie politique est un projet de société à part entière qui répond le mieux aux enjeux de la société d'aujourd'hui; société en totale mutation et à laquelle ni le PS ni le MR ne peuvent pas apporter de réponse seuls. Ecolo est sans doute encore un parti dont l'assise électorale est plus faible que le PS ou le MR et notre rapport de force ne nous permet pas d'imposer entièrement notre agenda aux autres, mais que les électeurs qui ont décidé de voter Ecolo pour avoir un changement aient confiance car peu importe PS ou MR ou CDH, je suis convaincue que les changements, la réforme des pratiques politique et la transition écologique c'est Ecolo qui les portera.

Alors pourquoi le PS? Ce parti, malgré "les affaires" continue d'être premier parti en Wallonie et en communauté française. Certains électeurs ont eu peur du MR en temps de crise socio-économique importante. A nous d'être forts et exigeants pour permettre d'assainir et rénover un système politique scandaleusement rouillé et usé. Et ceci dit, il sera presque plus aisé de le faire en les mettant devant leurs responsabilités et les forçant à faire évoluer les pratiques politiques.

Ceci dit, faisons confiance à nos négociateurs pour qu'ils portent haut les exigences de changement et de solidarité.

lundi 8 juin 2009

Merci

Plus de 20% à Bruxelles, 16 élus, 8 femmes, 8 hommes. Ecolo fait plus que doubler ses résultats par rapport à la législature qui s'achève! Cela nous permettra de renforcer notre rapport de force en cas de négociations et être donc plus influents et plus exigeants, en permettant ainsi de mettre au coeur des préoccupations et d'un éventuel accord de gouvernement les différentes crises et le solutions que nous proposons pour y faire face.

Pour ma part, vous êtes 2914 à m'avoir accordé votre confiance. Merci! Je compte bien en être digne et porter, avec l'ensemble du nouveau groupe Ecolo au Parlement Bruxellois, l'ensemble de ces préoccupations.

Encore merci pour votre soutien à Ecolo, la confiance que vous m'avez accordée et votre suffrage pour la transition écologique!

mercredi 3 juin 2009

Rage taxatoire?

Le MR nous accuse de rage taxatoire... Pierre Bouillon, journaliste au Soir a écrit un billet d'humeur dans Le Soir de ce mercredi 3 juin, page 4, qui résume tout à fait bien ma pensée. je vous le réécris ci-dessus car il n'existe pas encore en version électronique (peut-être demain)

Mentir, ça coûte rien, ça rapporte à fond

Plus que cinq nuits dormir (ou se ronger les sangs) et on en aura fini avec cette campagne électorale, pendant laquelle l'argument de fond et l'urbanité ont bénéficié d'un temps de parole très inférieur à l'insulte, la mauvaise foi, le mensonge, le coup bas et la caricature (tout ça). C'est bien connu : racontez des fariboles sur l'adversaire, il en restera toujours quelque chose. Bousculés dans les sondages, les partis traditionnels ont utilisé ce truc sans vergogne, en s'efforçant en particulier d'assimiler Ecolo à un gros danger fiscal. Et ça a marché ? Pas mal, si l'on a bien capté de récentes conversations de table, de bistroquet ou du web. Lu sur le site d'un bloggeur dit influent : s'ils sont appelés au pouvoir, les verts devront prouver qu'« ils ont tiré la leçon des écotaxes et de la rage taxatoire des années 1999-2004 ».

Petit a : l'expression « rage taxatoire » (© Jean Gol) remonte au début des années 90 quand le PRL, alors dans l'opposition, fustigeait la politique d'assainissement du duo Dehaene-Moureaux.

Petit b : il a été question d'écotaxes en 1992-1993 quand les verts, alors dans l'opposition, ont été sollicités par Dehaene pour appuyer au Parlement la 4e réforme de l'Etat. Ecolo et Agalev ont alors monnayé leurs votes et exigé une fiscalité sur les emballages/produits jetables/non recyclables. Il n'y a pas à chipoter : sur le plan stratégique, c'était deux fois nul. Parce que la première véritable implication d'Ecolo dans le débat politique se soldait donc par une taxe. Et parce qu'il y avait d'autres noms à donner à cette fiscalité qu'un sobriquet rappelant si bien son instigateur.

Petit c : il faudra attendre 1999 pour que les verts entrent au pouvoir et composent les majorités arc-en-ciel avec les libéraux et les socialistes. On ne se souvient pas qu'ils en aient profité pour lever l'impôt. Mais Reynders aimera apprendre que cette législature 99-03, dont l'un des plus gros chantiers fut la réforme fiscale (baisses de l'IPP et de l'Isoc), a laissé le souvenir d'un acharnement taxatoire.

Les gens sont ingrats.

Pierre Bouillon

dimanche 31 mai 2009

L'écologie politique est intrinsèquement sociale

Le PS accuse Ecolo de faire de l’écologie non-sociale, voire de l’écologie de droite. Pour ce faire, ils se basent notamment sur le fait que les primes énergie ne bénéficieraient qu’aux communes riches et qu’elles ne viseraient que les propriétaires. Ils se trompent ou sont malhonnêtes. La politique menée par ECOLO au Gouvernement bruxellois a vraiment été une politique sociale.

La libéralisation du secteur du gaz et électricité a été accompagnée à Bruxelles de règles sociales strictes

L'ordonnance bruxelloise gaz-elec garantit le droit à l'énergie et protège le consommateur contre les abus des fournisseurs et a été saluée par les associations de consommateurs et les acteurs de la lutte contre la pauvreté parce qu'elle. Pour 40.000 coupures en Flandre au moment de la libéralisation, il y en a eu 100 tout au plus à Bruxelles. Et même les fournisseurs étaient au départ un peu inquiets de ces règles. Maintenant, ils sont là et jouent le jeu.

Les primes à la rénovation sont plus sociales

Les primes à la rénovation ont été réformées pour les rendre plus sociales, notamment grâce au mécanisme d’avance sur investissement qui n’existait pas auparavant (quand c'était géré par le PS). De ce fait, les ménages modestes constituent la moitié des demandeurs. Combinées avec les primes énergie, les primes réno permettent de financer jusqu’à 90% de l’investissement énergie. Bref, avec la prime réno, la prime énergie, la déduction fiscale et le prêt vert social, tout investissement énergétique est aujourd’hui accessible aux ménages modestes bruxellois.

Un prêt vert à taux zéro

La mise en oeuvre du prêt vert social permet l’accès de tous aux primes énergie. Des personnes qui n'ont aucune réserve d'argent, aucune épargne, ni trésorerie peuvent malgré tout lancer des travaux en recevant un prêt à 0% de la part de Credal pour tous travaux permettant de mieux isoler son habitation. 7 mois après le lancement, 240 dossiers sont ouverts, alors qu’on en attendait 100 pour cette première phase! Beau succès donc!

L'accès au logement passif pour tous

L'accès au logement passif pour tous commence à être possible au travers de l'appel à projet bâtiments exemplaires. Voici quelques sxemples : 14 logements passifs au coeur de Molenbeek pour grandes familles défavorisées (je vous en ai déjà parlé), des bâtiments CPAS, des logements sociaux à Jette, des maisons de repos, des institutions pour personnes handicapées. ECOLO a mis la performance énergétique à la portée de tous les bruxellois.

Primes Energie

Les habitants des 19 communes bruxelloises ont eu recours aux primes énergie de la Région. De manière générale, des communes au revenu moyen inférieur à la moyenne régionale ont bénéficié plus que ce à quoi on s’attendait au regard du nombre d’habitants. C’est le cas de Berchem, Ganshoren, Forest. Il y a donc eu un effet redistributif vers des communes « pauvres ». Notons aussi que les habitants de Schaerbeek - qui n'est pas une commune particulièrement riche - ont bénéficié de 562.000 EUR de primes en 2008, soit 10% du montant disponible pour les particuliers en 2008. En fait, ce qui influence la répartition communale des primes, c’est la présence ou non d’une politique énergétique au niveau communal. Il y a des communes où les collèges en place ont fait de la réduction de la facture énergétique de leurs concitoyens un enjeu et qui informent les habitants sur les réductions fiscales, primes, etc. disponibles. En d’autres mots, quand il y a des échevins verts dans les communes (Watermael et à Schaerbeek par exemple), les habitants sont informés des moyens financiers existants et les primes sont demandées. Quand il n’y a pas d’échevin vert (Molenbeek, Saint Josse, Anderlecht, bruxelles ville où le PS est dans la majorité), les habitants sont laissés sans information.

Alors Ecologie sociale versus Ecologie libérale? Non, l'écologie politique telle qu'au coeur du projet d'Ecolo est dans son essence-même sociale

Depuis des années, nous répétons au PS que la question énergétique est la nouvelle question sociale. Pourtant, le PS n'entend toujours pas. C'est une secrétaire d'Etat socialiste bruxelloise, compétente pour le logement social, qui a refusé la demande d'ECOLO de fixer des critères de performance énergétique élevés pour le logement social sous cette législature. Les locataires des logements sociaux continueront donc de payer des factures énergétiques supérieures à leur loyer. C'est ça l'écologie sociale qu'ils prônent? Non merci.

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