Sarah Turine

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jeudi 13 janvier 2011

Où va la Belgique?

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Rencontre-débat

Jeudi 27 janvier à 20h00

(Accueil à 19h30) au Café Monk, 42 rue Sainte-Catherine, 1000 Bruxelles

Avec

  • Sarah Turine, Co-présidente d’Ecolo
  • Christos Doulkeridis, Secrétaire d’Etat
  • Olivier Deleuze, Député fédéral Ecolo
  • Stefaan Van Hecke, Député fédéral Groen!

Notre pays est en crise. Comment en sommes-nous arrivés là ? Les préoccupations citoyennes sont-elles entendues par le monde politique ?

ECOLOBXL vous convie à une rencontre-débat, pour discuter, comprendre, répondre à vos questions et dégager des pistes vertes d’avenir.

Plus d’informations : www.ecolobxl.be / ecolo.bruxelles@ecolo.be / 02 218 09 02

dimanche 26 décembre 2010

Meilleurs voeux

Voeux 2011

jeudi 23 décembre 2010

Ecolo et Groen ont des propositions pour améliorer le fonctionnement de la Région Bruxelloise

Ecolo et Groen ! sont depuis leur fondation très ambitieux en matière de bonne gouvernance pour l’ensemble des institutions du pays. Ils développent d’ailleurs régulièrement des propositions pour améliorer le fonctionnement, la transparence démocratique et l’efficacité tant de l’Etat fédéral que des Communautés ou Régions, ainsi que des institutions sur lesquelles elles exercent la tutelle. Dans cet esprit, les deux partis ont déposé récemment une réforme commune de la loi spéciale de financement, dans le cadre des discussions sur la réforme de l’Etat.

Dans ce sens, ils portent également ensemble un certain nombre de propositions de réformes portant sur le fonctionnement des institutions bruxelloises.

Ces propositions s’inscrivent notamment dans le cadre du « groupe des Sages » initié par le Gouvernement et dont nos deux partis souhaitent qu’il puisse déboucher sur des réformes volontaristes le plus rapidement possible, dans l’intérêt des politiques menées pour les Bruxellois.

C’est dans cette optique qu’Ecolo et Groen ! ont réfléchi ensemble à une série de pistes rapidement applicables.

Certaines sont en lien avec les négociations fédérales puisqu’elles nécessitent une modification législative au niveau fédéral. Elles sont détaillées ci-dessous.

D’autres sont internes à la Région de Bruxelles-Capitale et portent sur la révision de la répartition des compétences entre communes et Région. Elles sont basées sur les principes de subsidiarité, de contractualisation, de déconcentration, d’économies d’échelle, de simplification et de plus grande efficacité démocratique. Les propositions portent sur des compétences telles que la politique des déchets, l’organisation du logement social, l’urbanisme, la mobilité, les espaces verts, la fiscalité mais aussi les frontières communales. Dans la mesure où ces réformes-là relèvent des compétences strictement régionales, il ne convient pas de les aborder dans le cadre de la réforme fédérale, de la même manière que n’y sont pas abordées des réformes relatives au fonctionnement des Régions flamande et wallonne.

dimanche 21 novembre 2010

Quand la Brise devient tempête

Presque un mois de silence sur ce blog (j'ai eu le bras droit immobilisé pendant trois semaines m'empêchant, ou en tout cas ralentissant fortement tout travail informatique) et pourtant l'actu a été riche, certains sujets suscitant des débats, des réactions et attisant les polémiques. Evoquons le "tout chaud tout frais" dossier de l'Athénée Royal de la Brise à Watermael Boisfort.

Il y a quelques semaines encore, à l'évocation de La Brise, si on n'était pas un fin connaisseur du Sud Est de Bruxelles, on aurait plutôt pensé à un hôtel en bord de mer ou à une troupe de scouts marins. En effet l'Athénée Royal de La Brise n'a jamais vraiment fait parler de lui aussi largement qu’aujourd’hui, ni dans le cadre du décret inscriptions ou un de ses ancêtres (ce n'était pas une de ces écoles "à files ») ni dans le cadre d'un défraiement de chronique.

Puis est venue cette déclaration faite au milieu de semaine dernière par le Gouvernement de la Communauté française qui a annoncé que l'école fermerait à la rentrée prochaine. Coup de tonnerre! Et pour cause, l'école n'a été avertie par la Ministre compétente, que deux jours avant la décision en Gouvernement alors que le dossier était en examen depuis le début du mois d'octobre!

Même si cette école connaît un déclin au niveau des fréquentations depuis quelques années, cette décision devait-elle se prendre unilatéralement et si rapidement sans étudier les réelles causes de ce déclin, alors que la Région Bruxelloise va connaître un boom démographique important et que l'on sait qu'il va falloir plusieurs milliers de nouvelles places dans l’ensemble des réseaux scolaires bruxellois? Non !

Bien sûr il manque déjà cruellement de places dans le Nord de Bruxelles dans les réseaux d’enseignement et la commune de Watermael est la seule commune dont le nombre d'habitants diminue. Néanmoins, il semble que les raisons du déclin de cette école soient plus liées à une mauvaise gestion passées de la part de la direction qu’à une décroissance démographique à Watermael-Boisfort, mauvaise gestion dont les derniers Ministres de l'enseignement ne se sont pas manifestement pas assez préoccupés.

Ce qui vient compliquer la donne et la lecture du dossier c'est qu'à ce dossier "fermeture d'école" en charge de la Ministre Simonet est venu se greffer le dossier "rénovation d'écoles" en charge du Ministre Nollet. Et le dossier de la Brise est lourd. La rénovation de ce bâtiment (dont on connaît la nécessité impérieuse depuis 1999 alors que le Ministre Hazette (MR)était en charge de l’enseignement et de la rénovation des bâtiments ?) coûterait près de 15 millions d'euros! Quand on sait que le budget alloué aux rénovations d'écoles à Bruxelles pour la législature est d'un peu moins de 43 millions, c'est évidemment lourd pour une seule école qui perd des élèves chaque année.

Pour prendre une décision sensée dans ce dossier, il faut tenir compte de plusieurs éléments. Primo, pensons aux contexte : 5000 places minimum seront nécessaires pour répondre au boom démographique, Ce constat est à approfondir. Il s'agit notamment d'objectiver commune par commune tant les besoins en nombre de places qu'en infrastructures. Secondo, cet athénée propose des options spécifiques uniques en région bruxelloise (en audiovisuel). Par ailleurs, il semble que son déclin soit dû plus à une mauvaise gestion de la direction qu'à un manque de potentiel dans ces quartiers. En outre de nouveaux logements sociaux vont voir le jour d'ici 2012 dans le quartier.

En conclusion, il apparaît opportun de demander une dérogation pour un an au moins, et de demander aux Ministres en lien avec ce dossier, au premier chef, la Ministre Simonet, comme Ministre de l'enseignement obligatoire ainsi que le Ministre-Président de la RBC, Charles Picqué qui préside le groupe de travail sur le boom démographique, et le Ministre Jean-Marc Nollet en charge des infrastructures scolaires de de mettre cette année à profit pour peser l'ensemble des éléments concernant la question des écoles en Région Bruxelloise avant de prendre toute décision concernant la Brise. Il appartient parallèlement à la Ministre Simonet d'étudier plus en profondeur les raisons du déclin de l'Athénée et de voir avec les acteurs de l'école ce qu'il y a lieu de mettre en place pour lui permettre d'accueillir un plus grand nombre d'élèves.

SI le gouvernement de la communauté française accepte d'accorder une année supplémentaire, il s'agit évidemment que ce soit suivi d'effets pour que la décision qui viendra l'année prochaine soit en tout cas prise en meilleur connaissance de cause, en prenant compte l'intégralité du dossier scolaire en région bruxelloise et en parfaite concertation avec les acteurs de l'école.En effet, Il faut permettre à la fois d'objectiver les besoins et de prendre les meilleures décisions pour l'ensemble des élèves de la Région Bruxelloise.

vendredi 29 octobre 2010

Une proposition commune Ecolo-Groen sur la loi de financement

Ecolo et Groen forment un groupe commun et en ce sens formulent très régulièrement des propositions communes. Dans de nombreux domaines, c’est très facile puisque nous partageons le même projet de société écologiste et que ce projet dépasse les frontières linguistiques. Evidemment, certains sujets parce qu’ils sont communautaires nécessitent plus de temps, plus de dialogue pour rapprocher les points de vue et c’est normal.

Même si nous vivons dans le même pays, on le sait, les réalités linguistiques, culturelles, socio-économiques, politiques Et médiatiques peuvent connaître des différences, parfois minimes parfois très importantes d’une communauté à l’autre, d’une région à l’autre.

La Loi spéciale de financement, de par son rôle vital d’organisation du financement des différentes entités est évidemment au cœur de l’intérêt général et des intérêts particuliers des entités fédérées. Toute modification, substantielle ou non, de cette loi peut créer un déséquilibre. Il est donc important qu’au-delà des volontés fortes de certains de permettre une plus grande autonomie financière des entités, l’on soit particulièrement attentifs à ce que les nouvelles répartitions soient justes pour l’ensemble des citoyens.

C’est ce à quoi nous nous sommes attelés, Ecolo et Groen, ensemble.

Parce que chacun nous ne pouvons rester retranchés derrières les exigences de notre seule réalité, parce qu’il est urgent d’arriver à une solution, Parce que, pour ce faire, oui, on doit faire des compromis.

Nous avons donc décidé de faire l’exercice : 2 partis qui travaillent ensemble et qui ont une même vision de la société mais qui ont leurs spécificités liés à leur identité linguistique et leur réalité régionale. Nous avons fait l’exercice de faire des pas l’un vers l’autre, de dépasser les clivages communautaires sur un sujet difficile, avec l’objectif d’atteindre un équilibre qui tienne compte des douze principes du HLG de la préformation, de la volonté d’une plus grande autonomie financière et de la nécessaire solidarité nationale entre les entités fédérées pour qu’elles puissent assurer à l’ensemble des citoyens des politiques justes répondant aux besoins de la société.

Et nous avons abouti à une proposition commune, qui précise les contours d'un nouveau modèle de loi de financement. Elle est est issue d'un compromis. Elle n'est ni 100% du programme institutionnel ecolo, ni 100% du programme institutionnel de Groen. Et au-delà du seul compromis entre nos deux partis, elle intègre aussi des demandes d'autres partis autour de la table

Dans les grandes lignes ce qu’il faut retenir :

  • C'est un modèle basé sur la distinction claire entre d'une part les Régions et d'autres part les Communautés.
  • Il y aura une plus grande autonomie fiscale pour les trois Régions. Chaque Région disposera d’un taux de 50 % de ses recettes régionales en recettes propres. A cette fin, une partie significative de la dotation IPP des Régions sera remplacée par un impôt régional sur les personnes physiques selon la formule du double taux.
  • Une série de balises essentielles sont définies pour protéger les prérogatives de l’Etat fédéral et l’équilibre fédéral : notamment la base imposable reste exclusivement fédérale ; les Régions doivent respecter la progressivité fédérale actuelle ; la prévention de la concurrence fiscale déloyale sera renforcée ;
  • La proposition comprend un mécanisme de responsabilisation corrélé à l’action des Régions en termes d’emploi (basé sur la création d’emplois, entre autres) et d’efforts en matière climatique (basée sur la réduction de C02).
  • Quant au financement des Communautés, l’ensemble des dotations actuelles sont regroupées dans une seule dotation qui est liée à l’inflation, à la démographie / nombre d’élèves et à une partie de la croissance. Elle est ensuite répartie selon la population de chaque Communauté.
  • Il y aura un refinancement de 500 millions d’euros pour Bruxelles assuré par une révision de la loi de financement, dont 25 % sera affecté à la mise en place de projets en matière de mobilité / transports publics, de prévention et de sécurité publique, au financement des commissions communautaires ainsi que, de manière générale, aux dépenses liées au défi démographique (logement, rénovation urbaine, crèches, enseignement).

Cette proposition, nous l'avons donnée au conciliateur comme contribution au débat.

Vous pouvez télécharger le document complet sur le site d'Ecolo

mardi 19 octobre 2010

Un compromis plutôt qu’une confrontation

Bart de Wever a échoué dans sa mission de clarification. En effet, il avait pour mission de clarifier les positions des 7 partis autour de la table, mais en fin de compte, il a surtout clarifié une position, la sienne. Pour le reste, il a proposé une note de compromis rédigée unilatéralement, disant d'abord qu'elle était à prendre ou à laisser, ensuite que des amendements étaient possibles, pour terminer hier soir par dire que c'était sa dernière offre, qu'il ne pouvait pas descendre plus bas.

Tout cela semblait en fait bien orchestré. Après avoir dit que c'était à prendre ou à laisser, que c'était un exercice périlleux pour lui car il faisait de fameuses concessions par rapport aux exigences de son parti, il a transmis cette note à la presse en même temps qu'aux partenaires de la négociation, pour autant que ce mot ait encore un sens.

Fallait-il alors s'étonner que les médias s'intéressent à la réaction des autres partis autour de la table ?

Nous avons pris 5 heures pour la première lecture avant d'exprimer une première réaction qui était certes critique mais qui laissait la porte ouverte à la discussion et à la négociation.

Le clarificateur nous avait laissé jusqu'au lendemain pour transmettre notre réponse circonstanciée, ce que nous avions l’intention de faire. Mais voilà que dès le lundi matin, s'offusquant des premières réactions (que lui-même a provoqué finalement en rendant sa note publique), Monsieur De Wever tire les conclusions avec son fameux "Fabula acta est".

Toujours constructifs, nous lui avons néanmoins transmis notre contribution, comme l'ensemble des autres participants d'ailleurs, pour l’heure prévue.

Alors qu'il est encore chez le chef de l’Etat, son groupe dépose la proposition de loi pour la scission de BHV. En sachant pourtant que la voie unilatérale n’aboutira jamais. Une provocation de plus.

Dans Ter Zake, le soir, il annonce que c'était son offre minimale (en fait maximale) et qu'il ne peut descendre en dessous. Il ne voit pas comment retourner à la table des négociations, parlant d'une humiliation de la part des francophones.

Si Monsieur De Wever avait lu les communiqués du dimanche soir et les contributions du lundi après-midi avec la même attention que celle que nous avons consacrée à la lecture de sa note, il pourrait très difficilement parler d'humiliation et de refus total de la part des francophones.

Mais en fait, c'est à croire que ça l'arrange, car sa logique est celle de la confrontation. Il a presque réussi, hier, d'ailleurs, à remonter en deux fronts, en deux blocs opposés l'un à l'autre, les Flamands contre les francophones.

Je dis presque car si on lit attentivement les interventions des participants autour de la table, on s'aperçoit à l’analyse, que plusieurs opinions ne sont pas si divergentes que cela de part et d'autre de la frontière linguistique. Bien sûr la méthode est différemment appréciée de part et d'autre, mais sur le fond, plusieurs critiques sur le texte de Bart De Wever convergent chez plusieurs négociateurs : modèle pas mûr, appauvrissement de Bruxelles et de la Wallonie, affaiblissement trop important de l'Etat fédéral pour qu'il puisse mener ses missions (notamment financement des pensions et de la sécu), négation de Bruxelles.... En outre, la volonté de continuer à négocier est réelle des deux côtés.

Nous ne pouvons jeter à la poubelle tous les projets de solutions qui ont pris corps durant ces 4 mois. Ce serait une injure à la démocratie et une claque pour les citoyens qui en ont marre et qui n'attendent qu'une chose, à savoir que des solutions soient trouvées et qu'un Gouvernement soit enfin nommé.

La logique de la confrontation peut amener le conflit mais certainement pas sa résolution. Seul un compromis issu de négociations et discussions collectives avec l'ensemble des partenaires peut aboutir à une pacification et à une solution durable. C'est ce que nous nous appliquons à faire avec Groen. Même si nous pouvons parfois connaître des divergences (principalement sur le dossier communautaire d'ailleurs), ensemble, nous cherchons la voie du possible, la voie concertée.

Il est plus que temps que Bart De Wever arrête de jouer au chat à la souris. Car dans un compromis, il ne peut y avoir un gagnant et des perdants. Tout le monde doit être prêt à gagner un peu et perdre un peu pour que les citoyens, eux, ne soient pas perdants.

lundi 11 octobre 2010

Une prospérité mieux partagée. Avec quelle croissance?

Le 1er octobre, se tenait la première université d'automne d'IEW. Ils avaient choisi le thème de la décroissance. Toute une série d'ateliers ont permis de faire le point sur le thème sous différents aspects : environnement, travail, économie, Nord-Sud, sécurité sociale,... La journée se clôturait par une table ronde politique où les présidents de partis étaient invités à donner leur position sur le sujet. De président de parti, il n'y avait que moi, les autres partis étant représentés par des parlementaires (plus un représentant du Front des Gauches). En effet, même si nous estimons qu'il y a débat sur le vocable "décroissance" et/ou sur ce qu'il recouvre exactement, en tout cas, pour Ecolo, cette question est au coeur de la nécessaire transition écologique de la société,

Limites à la croissance

Effectivement, depuis le début des années '70, il n'y a plus de corrélation entre croissance et niveaux de bien-être dans les pays occidentaux. En outre les limites environnementales de la planète sont dépassées en bien des domaines (Biodiversité, Dérèglement climatique,pollutions,...). AU niveau des émissions de C02, le découplage (entre croissance du PIB et croissance des émissions de CO2) n’a jusqu’à présent pas tenu ses promesses. L’amélioration de l’efficacité énergétique dans la production a été largement compensée par l’augmentation des quantités produites.

Si nous voulons respecter l’objectif du GIEC (augmenter de moins de 2°d'ici 2050), il faudrait, dans un monde en croissance (croissance économique et croissance démographique) améliorer cette efficacité énergétique d’un facteur allant de 20 à 60 d’ici 2050. Un tel objectif est irréaliste, au regard cd tous les progrès que nous avons pu connaître dans le passé. Si ces progrès sont évidemment une condition nécessaire à la pérennité de notre existence sur terre ils ne constituent pas une condition suffisante au vu des enjeux.

Il nous faut donc sortir du « dilemme de la croissance » et refonder les politiques sur une autre définition du bien-être que son identification au PIB Cela ne signifie pas que nous visons en tant que telle la décroissance du PIB , On ne va pas remplacer le dogme du tout à la croissance par celui du tout à la décroissance. Non. Nous entendons tout simplement remettre le PIB à sa juste place : nous visons la décroissance de notre empreinte matérielle et le renforcement de notre prospérité. C'est l'objectif à atteindre et ce qu'il adviendra du PIB doit devenir accessoire.

Un nécessaire changement de paradigme

Mais à l'heure actuelle, il faut toutefois se rendre compte que l’hégémonie du PIB en a fait un instrument à la fois central et insaisissable : il est partout et nulle part dans la mise en œuvre des politiques publiques. Le remplacer, de manière effective, par un indicateur de bien-être plus adéquat est une tâche ardue, qui ne relève pas du décret, mais nécessite un travail collectif de très longue haleine pour éviter les catastrophes. Et ce, notamment en raison du fait que, dans les dispositifs actuels, une série de politiques auxquelles nous tenons, comme au premier chef la sécurité sociale, sont directement dépendantes de la croissance.

En fait, nous sommes face à un problème similaire à celui que nous affrontons en matière de mobilité : Il faut développer les solutions alternatives (transports en commun) avant de combattre de front le problème de la pression automobile (la voiture) et en même temps, la pression automobile est un sérieux frein au développement d'alternatives efficaces, les transports en communs étant coincés dans les embouteillages.

Dans le cas qui nous occupe, il paraît difficile (ou en tout cas politiquement suicidaire) de brider la consommation matérielle privée avant d’avoir mis en place les infrastructures collectives qui prendraient leur relais en termes de sources de bien-être, comme il est difficile de dire qu'on n'a pas besoin de croissance économique pour financer la sécu tant qu'on n'a pas solidement mis en place les alternatives.

Comment opérer la nécessaire connexion entre le développement des indicateurs alternatifs et la critique du PIB ? Autrement dit, comment, et à quel endroit, dans quel dispositif de politiques publiques substituer ces indicateurs alternatifs au PIB pour leur donner une force opérationnelle et les transformer en vecteurs d’orientation de l’action publique, et pas en simples thermomètres des dégâts ?

Quelles alliances nouer pour parvenir à ce but dans un monde et un pays où, même tacitement, le compromis productiviste demeure la norme ? Quelle serait la viabilité de telles politiques menées dans un seul pays à l’heure de l’imbrication complète des économies nationales et de la division internationale du travail ?

L'importance des alliances

Nous avançons sur un fil étroit, dos au mur et face à la catastrophe. Avancer dans ce changement de paradigme de l'organisation économique de notre société, ce n’est pas qu'une question de courage politique, mais aussi de faisabilité technique, de contraintes internationales et de mentalités individuelles (la société de consommation est en effet bien plus solidement ancrée aujourd’hui qu’aux temps de sa contestation la plus rude).

A tous les niveaux, il s'agit de faire avancer la réflexion, d'étayer les propositions et de les tester. Comme le fait Ecolo, comme le fait Etopia dans ses séminaires et publications, comme l'a fait IEW lors de son université d'été, et comme, plus récemment et je me réjouis de voir certains pans des syndicats s'ouvrir à cette question, l'ont fait la CNE et les Mutualités chrétiennes. Car dans ce contexte adverse, nous aurons besoin de toutes les énergies, de toutes les intelligences, de toutes les créativités, de tous les esprits libres pour apporter une réponse collective et socialement partagée à ces questions. Loin d’être seulement régional ou national, ce mouvement doit être, au moins européen, tants nous sentons que c’est à cet échelon que pourront être modifiées les balises qui contraignent actuellement nos marges de manœuvre et de changement.

49 écoles rénovées et 10 000 nouvelles places

Les bonnes nouvelles ne font pas de mal en ce froid début d’automne. C’est pourquoi je ne peux que me réjouir de la décision du Gouvernement de la Communauté française de recourir à un nouveau mécanisme financier afin de rénover et construire de nouvelles places d’écoles.

On sait l’enjeu particulièrement crucial à Bruxelles. Les places se font rares alors que la demande ne cesse d’augmenter et le boom démographique prévu à moyen terme ne sera pas fait pour améliorer la situation. Ecolo en est conscient. Les écologistes ont insisté pour que l’offre à Bruxelles soit plus adéquate et puisse répondre aux besoins.

Dans ce sens, l’enveloppe de 400 millions d'euros dégagée va non seulement permettre d’honorer les promesses de travaux faites sous la précédente législature à 49 écoles, mais aussi de créer plus de 10.000 nouvelles places supplémentaires en Wallonie et à Bruxelles. Parmi ces fonds pour la rénovation et l’augmentation de capacité se trouve une enveloppe interréseaux de 100 millions € qui sera intégralement dédiée à la rénovation et, sur Bruxelles, à la construction de nouvelles écoles. Ces moyens financiers permettront d’accroître la capacité globale d’accueil de quelque 5643 places bruxelloises où les besoins sont les plus criants. Les premiers chantiers pourront débuter dès 2011 pour s’achever, au plus tard, en 2017.

C’est évidemment une réelle avancée qui permettra d’apporter une véritable bulle d’oxygène à Bruxelles où la situation risque de devenir à terme dramatique.

Evidemment, il ne peut s’agir là de la seule réponse au volet « enseignement » du boom démographique. Au niveau de l’enseignement, il faut assurer la relève des enseignants, assurer aussi les moyens pour l’encadrement différencié et continuer de travailler à la mixité sociale et culturelle des écoles. Tant de défis que les gouvernements bruxellois et de la Communauté française doivent relever ensemble.

mardi 28 septembre 2010

Une pétition de Greenpeace pour lutter contre la déforestation au Congo

En mai dernier, durant la campagne électorale, Greenpeace a adressé aux Présidents de partis une motion leur demandant, s'ils participaient au futur gouvernement fédéral de s'engager dans la lutte contre la déforestation au Congo. Dans la suite de cette interpellation, maintenant que les élections ont eu lieu et même si le Gouvernement n'est pas près d'être formé, Greenpeace a rappelé aux responsables politiques l'importance du dossier en leur remettant une pétition ayant recueilli 18829 signatures demandant aux partis politiques de s'engager à lutter contre la déforestation au Congo et en organisant , une table ronde sur le sujet .

L'importance à accorder à la lutte contre la déforestation, notamment au Congo, n'est pas juste un caprice d'environnementaliste. En effet, la déforestation joue un rôle méconnu mais important dans le dérèglement climatique, avec toutes les conséquences dramatiques qui en découlent pour les populations. En outre, la déforestation met en danger les écosystèmes et peut avoir aussi des conséquences dramatiques dans l'érosion des sols,... Enfin, La forêt, au Congo, c'est un lieu et une source de vie pour des milliers de Congolais. La lutte contre la déforestation est donc aussi un enjeu de solidarité internationale.

Voici les trois engagements que Greenpeace nous a demandé de prendre pour la Belgique:

  • Concentrer les fonds consacrés aux forêts congolaises à un développement durable, bénéfique aux populations locales, à l’installation de la bonne gouvernance et au renforcement de la capacité de contrôle des autorités congolaises.
  • Eviter des investissements dans des projets engendrant la destruction irresponsable des forêts congolaises.
  • Faire pression sur le gouvernement congolais pour la protection des forêts intactes en prolongeant le moratoire sur l’attribution de nouveaux permis d’abattage et en l’élargissant aux secteurs des mines, du pétrole et de l’agriculture industrielle.

Lors de la table ronde*, nous avons pu chacun préciser notre position.

J'ai commencé par préciser que ces engagements, s'ils sont importants, ne suffisent pas. En effet, la cause première de la déforestation est bien sûr l'exploitation forestière pour l'exportation du bois et de produits dérivés. Dès lors s'il faut bien sûr agir sur place pour mieux contrôler l'exploitation, combattre le trafic illégal et introduire la gestion durable des forêts, voire les méthodes certifiées (style FSC), il s'agit également d'agir ici, en Europe. L'Europe est en effet le premier importateur mondial de bois et on estime à que le trafic illégal équivaut à 20% du bois vendu au sein de l'Union. Si un premier pas a été fait en juillet avec l'adoption par le Parlement européen d'une résolution interdisant la vente du bois illégalement exploité, accompagnée de mesures de traçabilité et de sanctions, il reste encore à voir si la mise en oeuvre sera efficace (les observateurs sont en effet sceptiques sur les mesures d'accompagnement de l'interdiction proposés par le texte adopté).En outre, bois légal ne veut pas dire bois issu de forêts gérées. Des efforts énormes sont encore à consentir pour renforcer, promouvoir la gestion durable des forêts, via, par exemple, la certification (style FSC).

Au niveau mondial, il reste aussi des efforts importants à faire pour diminuer notre consommation de bois, principalement au travers de la diminution de la consommation de certains produits dérivés comme le papier (En Europe, le taux de consommation de papier et carton recyclé est de 64%, aux USA, il est de 48% et en Chine de 30%).

Parallèlement,la Belgique (et l'Europe) doit agir via ses programmes de coopération au développement. Prioritairement en travaillant au renforcement des communautés locales dans leurs capacités à protéger les forêts. Elles sont au coeur de l'enjeu. Les forêts sont leur lieu et leur source de vie. Les populations locales sont en même temps les premières victimes des conséquences néfastes de la déforestation, et paradoxalement elles contribuent elles aussi partiellement au déboisement : en participant à la coupe illégale, en déboisant pour l'utilisation quotidienne de bois de chauffe ou pour pratiquer l'agriculture itinérante sur brûlis. Un programme de coopération, basé sur une vision systémique et participative, peut aider ces communautés locales 1/ à être mieux outillées pour contrôler les agissements des entreprises et pour faire respecter les contrats (il est très fréquent que les exploitants ne paient pas les indemnités ou les taxes prévues par les contrats d'exploitation) 2/ à mettre en place des alternatives durables à l'utilisation du bois pour la cuisine (notamment via l'utilisation de l'énergie solaire) 3/ à réorienter l'agriculture de façon durable et harmonieuse avec la gestion des forêts 4/ à orienter la gestion des sites d'exploitation forestière vers une gestion durable.

Enfin, la Belgique doit faire pression sur le Congo pour agir dans le même sens, notamment en prolongeant et (en faisant respecter : malgré le moratoire actuel plus de cent nouveaux contrats ont été signés!) le moratoire mis en place en 2002, tant qu'il n'y a pas eu un processus de zonage réellement participatif, mais aussi en exigeant la transparence de la part des entreprises, par exemple en les contraignant à publier leurs chiffres (de bénéfices, d'hectares exploités, de volumes exportés,...).

Ce ne sont que quelques idées de propositions pour un combat de longue haleine mais vital pour les populations congolaises mais aussi pour l'ensemble de la planète. Plus de détails notamment sur le site de Greenpeace qui en a fait un sujet de campagne permanente.

la table ronde* : le MR et le CDnV, qui n'ont pas voulu signer ces engagements, étaient absents. Le PS qui n'a pas voulu signer était néanmoins représenté par le sénateur Mahoux. Ecolo et Groen ont signé et étaient représentés par leurs (co) présidents, moi-même et Wouter Van Besien, le CDH l'Open Vld et la NVa ont également signé et étaient réprésentés par des élus fédéraux actuels ou sortants, notamment Georges Dallemagne (pour le CDH).

dimanche 26 septembre 2010

Ecolo a 30 ans

Ce samedi 25 septembre, Ecolo a fêté dignement ses trente ans. Pour l'occasion, un film, un livre et une expo ont été réalisés. Toutes les infos sur www.etopia.be. Ci-dessous, un extrait du discours que j'ai prononcé à cette occasion.

(...)

Cet anniversaire c’est l’occasion d’arrêter notre regard sur le passé et de voir en quoi il nourrit l’avenir et le projet que nous portons.

D’une certaine manière, j’avais déjà vécu ces moments à la fois rétrospectifs et prospectifs, quand j’ai participé en 2007 à la réalisation du film qui retraçait l’histoire des conseillers communaux Ecolo à Bruxelles. J’y avais alors découvert, avec émotion, cette tranche de l’histoire de mon parti. J’y avais entendu, comme aujourd’hui d’ailleurs, avec un brin de nostalgie, les témoignages de ces premières années où Ecolo a décidé de défier le monde politique.

Ecolo, qui était le poil à gratter, qui dérangeait avec ses questions parfois naïves qui prolongeaient les séances des assemblées jusqu’à pas d’heure mais qui amenaient enfin du débat dans l’enceinte du conseil communal.

Ecolo, le subversif, qui comme action de dénonciation joignait l’acte à la parole et enlevait les panneaux publicitaires de l’espace public,

Ecolo, le créatif, qui se retroussait les manches pour rénover entièrement une plaine de jeux dans un quartier délaissé par son autorité communale,

Ecolo, l’original, dont le député fédéral se faisait conduire par un chauffeur sur un tandem au Parlement.

Nos modes d’actions et de communication ont bien entendu évolué en trente ans. Et au delà de toute nostalgie, c’est une fierté.

(...)

Je suis fière que notre parti, qui n’était alors qu’un mouvement, soit né de l’indignation face aux injustices sociales, démocratiques et environnementales. Je suis fière qu’il ait accompagné ces revendications et dénonciations // par des propositions solides et durables. Je suis fière de ces combats et de ces victoires, de ces changements politiques ou culturels qu’il a pu obtenir au fil de son histoire, au niveau local jusqu’à l’échelle internationale. Et je suis fière que d’une posture surtout dévolue à l’opposition ou à la dénonciation, nous soyons arrivés à un parti qui, comme l’actualité le montre tous les jours,est toujours prêt à assumer ses responsabilités,de façon sereine et constructive.

(...)

Nos expériences de participation bien sûr ont fait évoluer notre parti, ses modes de communication et de participation. Mais est-ce grave docteur? L’utopie a-t-elle disparu ?

Non ! Et il est vital, pour nous écologistes, de garder un idéal quand on tente au quotidien de façonner, comme des architectes, la société dans laquelle on vit et notamment lorsque l’on participe au pouvoir. Cela n’empêche évidemment pas de faire preuve de pragmatisme dans notre manière de faire de la politique, pour faire avancer notre projet de société de façon concrète, et pour dépasser l’incantation.

(...)

Trente ans, ce doit donc être aussi l’occasion de se poser collectivement un certain nombre de questions qui vont nous faire encore grandir et avancer. Des questions cruciales autour des tensions ou des dilemmes qui traversent le projet écologiste.

Je voudrais en citer trois : Tout d’abord, le dilemme de la croissance, (re)mis en lumière par Tim Jackson, dans son livre « prospérité sans croissance ». Nous savons qu’atteindre nos objectifs écologiques est pratiquement impossible dans un monde qui ne modifierait pas ses rapports à la croissance, et en particulier à la croissance des émissions polluantes ou des ressources de la biosphère qu’il met à contribution. Mais nous savons tout aussi bien que la croissance du bien-être est tout à fait nécessaire autant que le financement des fonctions collectives ou la croissance de la solidarité. Nous n’avons pas d’autre choix que de prendre ces paramètres en compte pour faire évoluer le modèle de société et atteindre un nouvel équilibre permettant à toutes et tous aujourd’hui et demain d’avoir droit au bien-être.

Il y a le dilemme, permanent, de la démocratie : nous voulons assurer la participation de chacun au changement social mais nous sommes aussi confrontés à la lenteur des processus démocratiques et aussi à l’attachement d’une partie importante de la population au mode de vie actuel. La participation de chacun au façonnement de la société directement ou par délégation nécessite perpétuellement d’être réinterrogée car elle n’est pas un acte qui va de soi. Et les contraintes citées, de lenteur des processus démocratiques et de la crainte naturelle du changement, ces contraintes amènent avec elles leu lot de déception et de désillusion par rapport au modèle démocratique. Ce que nous vivons aujourd’hui, avec la crise institutionnelle en est une démonstration. La démocratie doit se réinventer chaque jour.

Sans parler ici de notre idéal de démocratie participative qui nous est chère tant nous pensons qu’elle est source d’émancipation et de justice. Il nous faudra encore être poil à gratter, créatifs et originaux pour faire avancer ce projet.

Enfin, il y a le dilemme des alliances : nous savons par exemple que les personnes les plus défavorisées sont le plus souvent attachées au maintien du mode de vie actuel et qu’elles ne veulent pas renoncer à atteindre un certain niveau de consommation. et parallèlement, les personnes à revenus supérieurs (et souvent aussi à empreintes écologiques supérieures…) sont les plus réceptives aux discours sur les changements de mode de vie. Sur quels acteurs et sur quelles alliances devons-nous nous appuyer en priorité ? Ne devons nous pas repartir tout simplement de la question de la justice, et notamment de la justice sociale et redistributive : il n’y aura pas de justice à l’égard des générations futures s’il n’y a pas de justice plus grande ici et maintenant.

Affronter ces dilemmes ne se fera pas seulement à coup de solutions techniques. Mais aussi d’arbitrages politiques, et d’un travail social et culturel.

Travailler ces dilemmes,ces tensions, les nommer, les mettre en relation, en débattre pour en faire naître des propositions d’action, c’est le travail politique et démocratique de construction d’un monde commun auquel nous devons sans cesse nous atteler.

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