Sarah Turine

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mercredi 6 avril 2011

Entre écologie politique et objection de croissance

Le mouvement politique des objecteurs de croissance a interpellé Ecolo sur le thème « La prospérité sans croissance, changement de paradigme ou opération de communication ? » Selon eux, Ecolo ne porterait pas assez haut les exigences que nécessite la prospérité sans croissance. (cfer leur courrier en pièce jointe). José Daras, président d’etopia et moi-même leur avons répondu car ce débat nous paraît d’une haute importance. Voici quelques extraits du courrier (dont vous trouverez l’intégralité en pièce jointe)

Faut-il rappeler que le clivage entre productivisme et anti-productivisme est au coeur de notre identité politique ? Il constitue le principal de nos traits idéologiques distinctifs vis-àvis de l’ensemble des autres familles politiques : à côté des enjeux de gouvernance, c’est principalement la critique du consensus productiviste qui fonde notre raison d’être, c’est notre conviction profondément ancrée, que la croissance ne fait pas plus le bonheur que les gains de productivité ne font la prospérité, qui guide notre action et lui donne sens.

Mais il ne suffit pas d’être convaincu pour convaincre et pour mener une action efficace permettant réellement la transition de la société vers une modèle de société écologique.

Nos convictions doivent s’accompagner d’un programme précis et opérationnel. Or, dans notre société de croissance l’élaboration d’un programme « post-croissanciste » capable d’élaborer un système de solidarité qui tienne la route – sans même mentionner le nécessaire travail d’alliances et de contagion culturelle propre à susciter l’adhésion à celui-ci – relève encore largement de la tâche à accomplir. Face à l’immensité de la tâche à accomplir, la difficulté de nouer des alliances, le carcan des contraintes internationales et la conscience réaliste de notre poids politique, nous nous sommes d’abord concentrés sur ce qui paraissait politiquement atteignable aujourd’hui dans un contexte culturel largement hostile et de convaincre par l’exemple plutôt que d’imposer par la force.

C’est sans doute d’ailleurs ce qui distingue notre logique d’action de celle du mouvement politique des objecteurs de croissance, à savoir l’objectif final que nous assignons à un parti politique écologiste : la capacité d’intervenir – de peser – sur le réel et sur son évolution.

Nous sommes convaincus – sous condition d’un rapport de force suffisant – que la participation à des gouvernements permet de faire avancer les buts de l’écologie politique.

Si nous voulons peser sur le réel, serions-nous plus efficaces si nous étions plus radicaux ? Sauf à nous transformer en nombrils avec haut parleur, nous ne pouvons pas porter en bannière la radicalité sans résultats. Or, ces résultats peuvent-ils dans un temps court être à la hauteur des attentes portées par une posture radicale ? Non. Il faut éviter que l’exigence de radicalité nous réduise à un désordre de bonnes volontés et nous conduise à un courageux isolement.

Quant aux défis écologiques et sociaux du XXIe siècle, ils nous obligent à une réforme en profondeur de la société et à une mobilisation sociale sans précédent. Il nous faut construire un cadre global, une politique qualitative autant que quantitative qui anticipe les évolutions à long terme et intègre les aspects économiques à un projet d’avenir dynamique.

Cette vision politique globale doit comporter des pistes d’action à disposition du plus grand nombre. Chacun, chaque acteur social et économique, chaque pouvoir public, quel que soit son niveau, doit pouvoir s’y investir. ECOLO a pour vocation d’interroger le pouvoir là où il se trouve et notre capacité à le changer en nous améliorant.

Nous n’avons pas la solution tous seuls mais nous considérons que nous pouvons bien plus que d’autres constituer une partie des forces d’où viendront les solutions. Car il se trouve que, dans le champ politique, nous sommes relativement bien outillés pour sortir des sentiers battus.

Quel est ce chemin d’une sortie de crise qui tienne compte de la complexité ? Nous sommes de plus en plus nombreux à le savoir, bien au-delà des écologistes : « LA croissance » ne peut plus constituer ce chemin. « LA » décroissance le pourrait-elle davantage ? Face aux nombreux problèmes vitaux à résoudre (notamment, à côté des questions environnementales, le financement de la solidarité), il n’y aura pas UNE « hypersolution », totalisante. Mais on sait que des chemins existent pour assurer une «prospérité sans croissance, dans les limites de la planète » et que cela imposera des révisions drastiques du modèle productiviste. C’est de cela qu’il faudra parvenir à débattre avec l’ensemble des forces politiques, sociales et citoyennes : que voulons-nous voir croître, que voulons-nous voir décroître ? Il s’agira ensuite de réunir un consensus le plus large possible pour le réaliser démocratiquement.

Nous savons bien que les forces sociales nécessaires à la mise en oeuvre politique d’une transition écologique sont trop faibles pour être dispersées de gaité de coeur ou embourbées dans des querelles sémantiques ou de vains procès d’intentions. Face à l’urgence, nous avons plus que jamais besoin de toute la coopération des forces de changement, au-delà de leurs attitudes éthiques ou existentielles respectives.#

mardi 5 avril 2011

Sortons du nucléaire

La prolongation des centrales n'est pas une option! Greenpeace a lancé une pétition pour appeler le futur le futur gouvernement belge à respecter la loi sur la sortie du nucléaire à partir de 2015 et à se tourner résolument vers 100% de renouvelables.

Greenpeace espère récolter 100 000 signatures. Si vous ne l'avez pas encore fait, rendez-vous sur le site de Greenpeace, outre la pétition, vous y trouverez une foule d'informations précieuses sur cet enjeu.

mercredi 30 mars 2011

Six mois sans escalator ! Et tant pis pour les usagers ?

Depuis septembre 2010, la situation de la station de métro Étangs Noirs ne cesse de se dégrader. Actuellement, les accès sont toujours limités à des escaliers dont la stabilité et la sécurisation sont rendues difficiles par les récents enlèvements de tous les escalators. Les usagers les plus faibles (personnes handicapées, parents avec une poussette, personnes avec des enfants en bas âge, personnes avec un caddy, etc.) doivent ainsi monter ou descendre sans assistance technique.

La locale de Molenbeek a organisé une action ce mardi 29 mars. Pour en savoir plus, lire l'article sur le site de la locale.

lundi 28 mars 2011

Personnalité bruxelloise 2010 - Le bilan

En avril 2010, j'avais été élué par les lecteurs de la Capitale "personnalité politique bruxelloise de l'année. Dans ce cadre-là, le journal "La Capitale" m'avait interviewée sur mes 5 priorités pour l'année. J'avais cité : le renforcement de l'identité bruxelloise, la nécessité d'une mobilité plus durable, la lutte contre la dualisation de Bruxelles, la nécessité d'être plus à l'écoute des citoyens et la valorisation de la dimension européenne de la Région bruxelloise. (lire l'interview complète) Un an après, le journal m'a demandé de faire le bilan sur ces 5 priorités.

La première, celle de renforcer l’identité bruxelloise, a pris évidemment une ampleur particulière depuis le début de la crise institutionnelle. Bruxelles, son statut et son financement, sont au cœur des négociations depuis l’été 2010. Pour défendre une vision moderne de Bruxelles et défendre son statut de région à part entière, Avec Groen ! nous avons déposé en décembre 2010 une note commune à Johan Vande Lanotte, alors conciliateur royal.

Pour lutter contre la dualisation de Bruxelles, EcoloBxl a lancé Ecolo au Pluriel, projet qui me tient particulièrement à coeur : par des réflexions en interne, des rencontres d’associations, des actions, Ecolo veut s’ouvrir aux habitants plus précarisés ainsi qu’aux personnes issues de l’immigration.

Être à l’écoute, j'essaie de l'être constamment : via des rencontres avec les représentants de la société civile bruxelloise, via mon facebook ou ce blog sur lesquels les internautes peuvent réagir, via des actions sur les marchés. C’est aussi un des objectifs du processus "Ecolo au pluriel".

Pour ce qui est de faire profiter l’ensemble des habitants de Bruxelles de la chance d’habiter une capitale européenne et internationale, le défi reste de taille. La régionale a organisé une visite critique du quartier européen et compte notamment sur l’action d’Isabelle Durant comme vice-présidente du Parlement européen.

Enfin, en terme de mobilité durable, on peut regretter qu’en dehors des écologistes, la volonté politique de faire vraiment bouger les choses manque. Il y a bien des avancées prévues par le Plan Iris 2, mais ce sera insuffisant. Il s’agira donc que la Régionale, les militants s’activent et mènent un travail de conscientisation qui pourra aider nos ministres et parlementaires dans le travail. A suivre donc...

mardi 22 mars 2011

Participez à l'enquête publique sur le plan de gestion de l'eau

L’eau est un élément essentiel de notre quotidien et de notre survie. Au-delà du geste simple d’ouvrir un robinet pour se désaltérer, prendre une douche, cuire des aliments, arroser le jardin, l’eau est aussi et avant tout une composante essentielle de notre environnement, nécessaire à toutes formes de vies humaine, végétales et animales.

Pourtant, l’eau est soumise à rude épreuve. L’impact direct des activités humaines sur son cycle influence fortement notre environnement. De nombreux cours d’eau, lacs et nappes souterraines sont pollués par les rejets, les émissions et les pertes de substances diverses, ce qui met ainsi en danger non seulement la qualité de l’eau que nous consommons, mais aussi le précieux équilibre de la biodiversité environnante.

La Région de Bruxelles-Capitale a pour projet de se doter d’un Plan de Gestion de l’Eau. Ce projet engagera la Région à mener diverses actions pour répondre aux grands défis de la gestion de l’eau à Bruxelles : qualité de l’eau potable, égouttage, épuration des eaux usées, protection des cours d’eaux et autres milieux humides, etc.

Avant d’être adopté par le Gouvernement, le projet de programme de mesures du Plan de Gestion de l’Eau de la Région de Bruxelles-Capitale est soumis à enquête publique auprès des habitants de la Région du 28 février 2011 au 28 août 2011.

Donnez donc votre avis sur le site de l'IBGE

lundi 14 mars 2011

Pas de risque 0 avec le nucléaire

La douloureuse catastrophe japonaise nous rappelle qu’il n’y a pas de risque zéro avec le nucléaire. Comme s'il ne suffisait pas de connaître les souffrances et les ravages d'un tremblement de terre et d'un tsunami, le risque de catastrophe nucléaire risque d'alourdir terriblement le bilan du coût humain et environnemental de cette catastrophe sans précédent depuis la seconde guerre mondiale au Japon.

Sans revenir ici sur la nécessaire solidarité et aide humanitaire urgente que l'on doit apporter au peuple japonais, je voudrais m'attarder sur la question du nucléaire.

La population subit en effet une catastrophe nucléaire majeure, à cause de la défaillance des systèmes de refroidissement de plusieurs réacteurs et des multiples explosions qui s’en sont suivies. Cette situation est d’autant plus inquiétante que des répliques sismiques sévères sont encore annoncées et que l'on a l'impression, à distance, que les autorités avancent à l'aveuglette et tentent tant bien que mal de gérer l'urgence mais sans aucune assurance de pouvoir éviter le pire.

Ces événements au Japon nous rappellent que le risque 0 n’existe pas concernant la technologique nucléaire. Le fait qu’aucun assureur n’accepte de couvrir l’intégralité des risques liés à un accident en témoigne à suffisance.

Compte tenu du caractère ingérable lié à la dangerosité de la technologie, continuer à y investir des sommes faramineuses ou prolonger à tout prix la durée de vie de nos plus vieux réacteurs serait peu responsable. Au contraire, il est nécessaire aujourd’hui d’investir massivement dans les alternatives propres et sures au secteur nucléaire, et en premier lieu dans l’efficacité énergétique, pour progressivement nous en rendre moins dépendant. Cette voie est d’autant plus raisonnable que dès à présent, la capacité de production est assurée pour remplacer les trois plus vieux réacteurs dont la fermeture est programmée en 2015.

Lire le communiqué complet

Ouverture des inscriptions en 1ère secondaire

Le 14 mars jusqu’au 1er avril se tient la période d’inscription pour les enfants entrant en première année secondaire. Pour chaque enfant, pour chaque parent, c’est une étape importante. L’école, on le sait, est un passage obligé et le levier primordial d’émancipation pour chaque futur-e citoyen-ne. Mais l’école ne peut jouer réellement ce rôle de levier pour tous qu’à condition que chaque enfant soit bien accompagné et reçoive les soutiens et l’encadrement nécessaires à la réussite de son parcours scolaire.

Aujourd’hui, malgré le travail admirable des acteurs de l’école, le constat est sans équivoque : l’école reste profondément inégalitaire. L’échec scolaire et les relégations de toutes sortes frappent d’abord les élèves issus de milieux défavorisés. Notre système éducatif figure parmi ceux qui comptent le plus grand écart entre les bons élèves et les plus faibles.

Pour répondre à ce constat et lutter contre les inégalités scolaires, il n’y a pas de solution miracle, ni de recettes minutes. Il s’agit de mettre en œuvre toute une série de propositions, de mesures, dont certaines prendront du temps, d’autres dépendront de divers acteurs. Parmi toutes ces mesures, une des dimensions sur laquelle il nous paraît essentiel, chez Ecolo, d’insister est celle de la diversité. La mixité sociale, culturelle et scolaire enrichit l’école et les élèves. Elle permet sans aucun doute de lutter contre les inégalités et l’échec scolaire.

Le processus d’inscription en première secondaire est réglementé par un nouveau « décret inscriptions ». Au-delà de la nécessaire réglementation et objectivation des inscriptions, ce décret a le mérite d’intégrer la question de la mixité sociale. Désormais, les écoles secondaires ont l’obligation de garantir 20% des places disponibles aux élèves provenant d’écoles primaires qui comptent une part importante d’élèves issus de quartiers défavorisés. Ces familles jouissent donc d’une priorité primordiale lors de l’inscription de leur enfant dans l’école secondaire de leur choix !

Pour que ces avancées puissent incarner un véritable progrès social, il importe d’informer les parents dans ces quartiers sur les possibilités nouvelles qui s’offrent à eux lors de l’inscription de leur enfant. Il est aussi de notre responsabilité, en tant que parti politique, d’assurer la mise en œuvre effective des avancées de cet important décret en informant celles et ceux qui ne profitent pas des canaux et des réseaux de l’information. Par ailleurs, Ecolo n’ignore pas que l’amélioration de notre système scolaire dépasse largement la question de la réglementation des inscriptions dans le secondaire.

Pour informer les parents sur cette importante priorité , la régionale Ecolo de Bruxelles a édité une brochure d’information qu'elle va distribuer cette semaine. Toutes les infos sur cette action sur le site de la régionale

jeudi 3 mars 2011

De nouvelles places dans les écoles à Bruxelles!

Ca y est! Le gouvernement de la Communauté française a décidé jeudi, à l'issue d'une réunion des exécutifs francophones, de la localisation de 4.151 nouvelles places dans les écoles bruxelloises. Treize établissements ont été retenus, dont trois relèvent du réseau de la Communauté et dix du réseau officiel subventionné. Dans un contexte budgétaire difficile, des moyens sont enfin débloqués pour investir dès aujourd’hui dans la jeunesse de demain et faire face au boom démographique. C'est un bel effort.

La Région bruxelloise doit faire face à une pression démographique considérable. Selon les prévisions, sa population augmentera de 13 pc de 2010 à 2020, passant de 1.088.138 habitants à 1.230.611 habitants.

Les 13 écoles retenues seront essentiellement situées dans le nord et le centre de Bruxelles, à Anderlecht, Berchem-Ste-Agathe, Bruxelles-Villes, Evere, Ganshoren, Molenbeek, Saint-Josse, Schaerbeek et Jette, ainsi qu'à Saint-Gilles et Forest, c'est-à-dire les communes où la pression démographique est la plus forte.

Si cette décision est importante, les défis que représente le boom démographique dans l’ensemble des politiques à mener à Bruxelles n’en restent pas moins colossaux.En matière d'enseignement, d'accueil de la petite enfance, d'infrastructures de santé, mais aussi de logement d'aménagement du territoire, de mobilité, de services et d'emploi. Il est donc essentiel de poursuivre dans ce sens dans les mois et les années à venir et que l’ensemble des différents niveaux de pouvoir prennent leurs responsabilités en la matière et qu'aucun ne jette la responsabilité sur l'autre. En effet, vu le contexte budgétaire difficile, répondre à ce défi démographique et permettre l'accès aux droits et aux services pour tous nécessite sans exception que chacun y mette du sien et fasse preuve de volontarisme et créativité.

jeudi 10 février 2011

Saint-Valentrain : placer l’usager des transports en commun au centre des préoccupations

Le vendredi 11 février, et comme chaque année en période de Saint-Valentin, Ecolo remerciera les navetteurs pour leur choix en faveur de la planète.

En effet, la « Saint-Valen…train » rassemble, chaque année, élus et militants Ecolo, aux abords des gares de Wallonie et de Bruxelles, afin d’aller à la rencontre des amoureux des transports en commun et de leur offrir un petit cadeau en guise de remerciement.

Cette année, nous distribuerons 100.000 signets marque-pages illustrés par les dessins de Cécile Bertrand, Simon Delfortrie et Anne-Catherine Van Santen. Ces signets véhiculeront le message politique qu’Ecolo porte en matière d’amélioration de la qualité, de la sécurité et des services liés au train et aux transports en communs.

Pour Ecolo, prendre la bonne voie, c’est placer l’usager des transports en commun au centre des préoccupations !. Après une année noire pour le rail, il est temps de tenir compte des préoccupations des voyageurs.

Dans les 19 communes, les militants offriront vendredi matin des signets et des petits cœurs en chocolat bio et équitable aux usagers des transports en communs.

Cette année, Sarah Turine, Co-présidente d’Ecolo et Christos Doulkeridis, Secrétaire d’Etat bruxellois distribueront à la station Beekkant entre 7h15 et 8h15 avec un musicien pour remercier, en musique, les utilisateurs des transports en commun …

Par ailleurs, plusieurs de nos parlementaires seront sur le terrain bruxellois : nos députés européens : Isabelle Durant, sera à la Gare du Luxembourg de 8 à 9h et Philippe Lamberts à Anderlecht. Nos députés bruxellois régionaux et fédéraux : Zoé Genot, Anne Herscovici, Arnaud Pinxteren, Barbara Trachte, et d’autres élus ecolo distribueront avec leurs locales respectives (Bruxelles-ville, Schaerbeek, Ixelles et Saint-Josse).

A Bruxelles, Ecolo sera présent dans de nombreuses gares, mais également aux sorties de métro et arrêts de tram/bus Stib : Gare Centrale, Gare du Midi, station Simonis, Place Meiser, gare de Boitsfort, Porte de Namur, Mérode…

Pour toute information complémentaire, contactez Laurence Willemse au 0499/324571

jeudi 27 janvier 2011

Réenchanter la société

Ce matin, comme le veut la tradition, Ecolo a présenté ses voeux à la presse. Le hasard du calendrier a voulu que cela tombe le lendemain de la démission de Johan Vandelanotte. Fallait-il annuler ou postposer cette rencontre? Nous nous sommes évidemment posé la question mais il nous a paru important de garder le moment, de garder le cap, finalement. Ces voeux à la presse, au-delà de l'aspect convivial et informel, c'est aussi toujours le moment de faire le point. Voici le discours que j'ai tenu :

"Drôle d’année qui vient de s’achever.

L’année dernière, à l’occasion des bons vœux, nous évoquions l’année 2010 commune année où nous pourrions agir sur le réel, une année sans élections où l’on pourrait travailler sans chamailleries et querelles électorales…

Aurions-nous pu imaginer que nous allions connaître une crise d’une telle ampleur? Non.

Un an plus tard, dans quel état sommes-nous? Quand je dis nous? C’est nous tous, Belges, nous citoyens, mais aussi nous représentants politiques? Essouflés? Découragés? Fatalistes? Prenant notre « mal » en patience?

Il est de notre responsabilité politique de persévérer. De continuer à avancer. Nous sommes là pour trouver une issue.

Mais dans ce contexte, où le ras-le-bol est généralisé, comment réenchanter la chose politique, comment faire vivre la démocratie ?

Si Le politique, (les hommes, les femmes politiques) ne doit pas offrir , ni encore moins vendre, du rêve aux citoyens, comment faire en sorte que La politique permette un imaginaire orienté vers un futur désirable ?

En tout cas, la manifestation de dimanche, ainsi que la manifestation du monde culturel au KVS. Ces expressions citoyennes nous ont fait du bien!

Je ne dis pas cela par esprit de contradiction, alors que la crise a franchi une nouvelle étape hier, ni par volonté de récupération.

Non je dis que ces expressions ont fait du bien parce qu’un projet de société, un projet politique ne peut pas se construire uniquement entre politiques. Il se construit avec l’ensemble des acteurs de la société, avec chaque citoyen.

Et le contact entre les politiques et les autres ne doit pas se faire qu’au moment des élections.

On ne demande pas à tout le monde de négocier ni de légiférer. Non il s’agit ici, de créer ensemble la forme qu’on donne à un imaginaire collectif. Ensuite chacun le remplit avec sa fonction, son rôle et ses responsabilités.

Alors aujourd’hui, ce blocage, à qui la faute ? Les politiques ? Les nationalistes ? Les Belges ? En posant la question, l’objectif n’est pas de donner le zwarte Piet à l’un ou l’autre. Mais de pointer des enjeux plus profonds, plus structurels sur lesquels, en tant que responsables politiques nous devons nous pencher.

Je voudrais en retenir deux. Ce ne sont pas des scoops, mais ils me semblent importants.

Tout d’abord ;.le fossé entre le Nord et le Sud. Il est en partie causé et certainement renforcé par la configuration de notre système électoral : sans circonscription fédérale, il est impossible d’avoir des élus politiques choisis par l’ensemble des communautés ou régions. Même le Premier Ministre n’est finalement redevable, électoralement, que d’un côté de la frontière linguistique.

Nous avons pourtant dû constater que la proposition de circonscription fédérale a peu de soutien en dehors des écologistes. C’est un vrai problème car cela serait un vrai changement de paradigme pour le fonctionnement politique de notre pays. Il en est de même avec la question des listes bilingues à Bruxelles. La proposition d’autoriser des listes bilingues est soutenue par davantage de partis néerlandophones et francophones mais elle continue de faire l’objet d’un rejet par ceux qui conçoivent la Région comme une addition de deux corps qui doivent le moins possible se rencontrer. Ce n’est pas notre projet.

Deuxièmement, le fossé aussi entre les citoyens et les politiques.

Ce n’est pas nouveau mais cette crise à répétition et interminable n’a rien arrangé.

Une citoyenne s’exprimant cette semaine dans un journal francophone trouvait sa génération trop endormie. « Nous à trente ans, nous n’avons pas encore eu peur. Or parfois celai aide à agir » dit-elle.….

Faut-il connaître la peur pour créer une conscience et un combat collectifs ? Faut-il Connaître la dictature pour donner l’envie de la démocratie et réveiller une conscience collective ?

Dans une démocratie où les conflits se règlent (ou perdurent) à coup de compromis plutôt qu’à coups de matraque ou de feu, ne peut-on pas imaginer que le débat politique soit un débat réel et passionnant où chacun puisse y puiser l’inspiration pour créer ensemble notre société ?

Je voudrais rendre hommage à toutes celles et ceux qui rendent le rêve réel. Dans la lumière ou dans l’ombre, à l’échelle d’un pays comme à celle d’une famille. A toutes ces personnes qui se battent au quotidien pour que leur vie et celle des autres soit meilleure.

Parmi, eux, bien entendu, les écologistes dans les exécutifs communaux qui même si on n’en parle pas dans les médias tous les jours, se démènent et rendent jour après jour leur commune plus durable et plus solidaire, en partenariat avec d’autres acteurs démocratiques. .

Et je pense bien évidemment à nos Ministres.

Ils n’ont pas chômé. Et contrant l’ambiance fédérale, ils n’ont pas ménagé leurs efforts et ont continué de croire en la capacité de faire avancer nos Régions et la Fédération Wallonie-Bruxelles dans la bonne direction.

Evelyne, Jean-Marc, Philippe, Christos, votre volontarisme a permis de concrétiser progressivement l’alliance emploi – environnement, de mettre sur les rails de nouvelles politiques de logement pour tous, plus solidaires, plus durables.

Vos convictions fortes en la nécessité de la transition écologique de la société ont amené de la cohérence, de la force et du sens, par exemple entre les politiques d’aménagement du territoire et de développement économique.

Et ces convictions vous ont permis de tenir bon quand le vent soufflait de face. Citta Verde, Aquiris.. Et le temps et les experts t’ont donné raison Evelyne malgré la verve de certains grisés par l’opportunité du « coup politique et facile » à jouer. .

Comment ne pas évoquer l’ampleur et la cohérence des réformes en matière de démocratie et de gouvernance.:: cumuls, rémunérations, lutte contre les conflits d’intérêt, réforme des provinces, mandats dans les intercommunales, … Bravo aussi à la ténacité de nos parlementaires !

Il reste évidemment du boulot. Il revient aux Gouvernements de continuer à suivre leur feuille de route et à poursuivre ces réformes essentielles pour la modernisation de nos entités.

Mais on n’est pas ici juste pour s’autocongratuler.

Et quoique certains puissent en penser, il est important, en politique, sans doute encore plus que dans n’importe quel autre domaine, de régulièrement prendre un peu de hauteur, un peu de recul et se remettre en question…

On aurait envie de dire un arrêt sur image, mais ça ce n’est pas possible, l’actualité défile et attend de nous que nous prenions chaque jour nos responsabilités.

Prendre un peu de hauteur, de recul, lever le nez du guidon tout en continuant de pédaler.

Regarder l’horizon le plus loin possible et se permettre de questionner : est-ce bien là qu’on veut aller ? Est-on sur le bon chemin pour y aller ?

Je suis sûre que nombre d’entre nous tous ici présents, politiques mais aussi prescripteurs d’opinion, journalistes, nous voulons nous poser ces questions, et nous avons besoin de pouvoir prendre le temps de nous les poser.

Au lendemain des élections de juin 2010, nous avons lancé un processus de réflexion au sein d’Ecolo, Cap 2012-2014.

Après le beau succès de 2009, la mise en place des participations dans trois gouvernements. Au moment de fêter nos trente ans, nous avons estimé important de saisir l’occasion de se poser collectivement un certain nombre de questions qui vont nous faire encore grandir et avancer.

Des questions cruciales autour des tensions ou des dilemmes qui traversent la société d’aujourd’hui et de demain. Et auxquelles le projet écologiste doit répondre et améliorer sans cesse ses réponses. Pensons à la nouvelle crise alimentaire, conséquente au tout à la finance, à la crise économique et financière, et aux politiques agricoles et énergétiques trop tournées sur le bénéfice à court terme.

Pensons au défi du financement de nos Etats et de la solidarité, des pensions, en butte avec la spéculation financière.

Pensons au défi climatique, au pic du pétrole, aux risques énormes liés à la perte de la biodiversité. Pensons aux enjeux démographiques.

Pensons à l’avenir dans nos ville et dans nos campagnes, Pensons à la place du travail,…

Ce processus se veut participatif à deux titres.

Réinterroger, revivifier la démocratie interne pour un parti qui a doublé son nombre de membre en 5 ans et qui participe à trois gouvernements, et qui a au cœur de son projet la démocratie participative, car c’est essentiel.

Ce processus se veut aussi ouvert. A l’écoute et en co-construction avec les acteurs de terrain. Pour donner du souffle, pour prendre de l’élan, pour réenvisager tous les possibles pour permettre la transition écologique de la société.

Réenvisager tous les possibles, c’est aussi se réenchanter.

Et si c’était ça nos vœux pour 2011, que chacun puisse trouver la voie, son chemin pour réenchanter la Belgique, réenchanter la société.

Et rappeler combien d’énergie un nombre incalculable de citoyens de ce pays y consacre.

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