Sarah Turine

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vendredi 8 janvier 2010

Rencontre avec l'UCP, le mouvement social des aînés

Le 6 janvier, jour de l'épiphanie, l'UCP, en rois mages, organise traditionnellement un tour de visite des présidents de parti pour exposer leurs constats et leurs revendications en matière de politique des aînés. Je les ai rencontrés, accompagnée de Georges Gilkinet, notre parlementaire de référence sur ces questions. Rencontre brève mais intéressante, où nous avons pu échanger nos points de vue et nos inquiétudes convergentes sur l'avenir des pensions.

En effet, aujourd'hui, rien ou quasi n’est fait pour assurer le paiement des pensions du premier pilier (la pension pour toutes et tous, la pension légalee), ce n’est pas acceptable. Vu les circonstances budgétaires, le Gouvernement a abandonné la stratégie de pré-affectation des recettes au fonds du vieillissement , destiné à absorber le choc de l’arrivée à la pension des enfants du baby boom, mais, pour l'instant, il ne propose aucune autre perspective que le retour à l’équilibre budgétaire. C’est problématique : 1. Les pensions actuelles sont trop basses et ne permettent pas un niveau de vie décent. Malheureusement, il semble que rien ne sera fait sous cette législature pour les relever 2. De façon assez logique de la part des citoyens, face à l’inquiétude de ce sous-financement de la pension légale, les gens qui en ont les moyens souscrivent à des assurances pensions privées, ce qu'on appelle les pensions des 2ème et 3ème piliers. Ces pensions sont moins solidaires, et néanmoins coûteuses pour l’Etat (puisque la souscription à cette assurance pensions permet de bénéficier d'une exonération d'impôt. c'est bien sur logique pour le citoyen, s'il n'a pas une pension légale suffisante. Néanmoins, comme tout le monde n'a pas les moyens d'y souscrire, c'est évidemment moins solidaire). En outre, ces fonds de pensions privés,en l’absence de régulation volontariste, ont participé et participent encore de la bulle financière qui a conduit aux dégâts énormes qu’a connus notre économie ; 3. ça reporte le problème et laisse aux générations futures la responsabilité de trouver des solutions pour les paiements des pensions.

Nous avons fait des propositions très construites en la matière, notamment pour corriger le système des intérêts notionnels pour qu’il soit moins coûteux pour les finances publiques et plus utile en termes de création d’emploi, ensuite pour faire participer les revenus du secteur financier à la solidarité organisée dans le cadre de notre sécurité sociale, et enfin pour mieux réguler les pensions du 2ème et du 3ème piliers et faire en sorte qu’elles participent au financement de la pension légale et de la solidarité organisée dans le cadre du premier pilier. Elles restent pour l'instant lettre morte, mais nous n'abandonnons pas le combat!

Parallèlement, tout l'enjeu est aussi de combattre l'isolement des personnes âgées, en travaillant sur les questions de mobilité (transports en commun, chèques, taxis,..) mais aussi sur l'amélioration des possibilités de services d'aide à domicile et enfin en réfléchissant aux hébergements alternatifs aux maisons de repos qui permettent néanmoins aux personnes âgées de maintenir voire développer du lien social. L'accès aux activités culturelles,sportives et de loisirs doit également attirer l'attention des pouvoirs publics.

Lire aussi :

- Photos et retour de leur visite sur leur site

- communiqué de presse d'Ecolo en septembre dernier

mardi 22 décembre 2009

Pleins de petits bonheurs pour 2010

voeux2010_preview.jpg

jeudi 17 décembre 2009

Elisez votre "Bruxellois de l'année" sur le site du Vlan

Je viens de découvrir que le vlan me proposait comme candidate ecolo à la nomination du ou de la Bruxelloise 2009. C'est pour saluer mon accession à la co-présidence! C'est une geste symbolique alors que je ne fais qu'arriver et que j'ai encore toutes mes preuves à faire, mais je suis évidemment flattée par ce clin d'oeil et ne peux m'empêcher de vous inviter à aller jeter un oeil sur ce site... évidemment ;-)

mardi 15 décembre 2009

Le nouveau décret "inscriptions" est arrivé!

A condition que cela ne devienne pas une tradition saisonnière, je ne suis pas mécontente de l'accord conclu par le gouvernement de la Communauté Française pour le nouveau décret inscriptions. Si bien entendu, il est le fruit d'un compromis entre trois partis politiques et de la concertation avec l'ensemble des acteurs, et si bien entendu on ne le considère pas comme le premier outil pour lutter pour plus de mixité scolaire et pour lutter contre l'échec scolaire, mais qu'on le voit d'abord et surtout comme un outil pour "réguler" les inscriptions et permettre un système d'inscriptions juste, non arbitraire, transparent et équitable, alors on peut affirmer qu'on est sur la bonne voie avec ce décret! Un formulaire unique qui permet de suivre le choix des parents tout en priorisant la mixité sociale et des critères diversifiés en cas de demande d'inscriptions plus nombreuse que le nombre de places disponibles. Plus d'infos sur ses caractéristiques ici

Il reste maintenant, et ce n'est pas une mince affaire, à travailler d'arrache-pied à l'amélioration des conditions d'enseignement pour lutter contre l'inégalité scolaire et contre l'échec scolaire. bon courage au Gouvernement!

samedi 12 décembre 2009

Au Sommet de Copenhague...

Ce vendredi en train, je suis partie avec une trentaine de militants et parlementaires écolo au sommet de Copenhague, dans le train des associations. Nous y allons parallèlement à nos deux ministres (qui eux font partie de la délégation officielle) pour soutenir le mouvement et faire pressions sur les négociateurs pour arriver à un accord.

Vous pouvez suivre nos péripéties depuis le blog écolo

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dimanche 29 novembre 2009

La co-présidence... Dialogue et convictions

Vendredi 20 novembre, j'ai donc été désignée par le Conseil de Fédération co-présidente d'Ecolo en remplacement d'Isabelle durant, aux côtés de Jean-Michel Javaux, pour terminer le mandat en cours (jusque 2011).

La tâche n'est pas simple. Du haut de mes 36 ans et de mes 6 petites années d'engagement chez Ecolo, je n'ai évidemment pas la prétention d'apporter à la co-présidence un savoir, une expérience et une vérité qui lui auraient manqué.

Alors que vais-je apporter? Sans doute justement mon parcours atypique me permettra-t-il d'apposer un regard neuf, mais non exclusif, sur la façon d'aborder les réflexions et les positionnements.

Dialogue et convictions sont les deux mots-clés qui me font avancer et me guideront dans ce mandat. Sur base des convictions que nous avons tous en nous, le dialogue doit permettre des solutions démocratiques et durables.

Si j'ai la conviction profonde que nous ne pouvons plus continuer à "réparer" les conséquences négatives d'un système économique qui a montré toutes ses limites, j'ai la conviction aussi que la transition vers un nouveau système économique, redéfinissant la prospérité et permettant le bien-être pour tous, dans le respect des capacités et des limites de notre environnement, cette transition donc nécessite un travail de dialogue entre les différents acteurs. La solution,le projet de société vers laquelle nous devons tendre ne se construit pas tous seuls, chacun dans son coin et les écologistes dans leur fief et leurs utopies. Les solutions seront applicables et durables si elles sont le fruit d'un dialogue et d'une compréhension mutuelle.

Si j'ai la conviction que la Belgique est une réalité non dépassée et que nous ne pouvons plus laisser pourrir le dossier de BHV et de la réforme institutionnelle car il pèse sur l'ensemble de la vie politique, alourdissant la dynamique d'un gouvernement en proie à d'autres défis plus importants que sont l'augmentation du chômage, la crise climatique, l'éducation, les pensions,.... et renforcement un climat de méfiance et d'éloignement entre les deux grandes communautés du pays, j'ai la conviction profonde que nous n'y arriverons qu'à l'épreuve de l'humilité de chaque parite d'accepter de ne pas détenir l'unique vérité et d'accepter un réel dialogue. La solution ne pourra être que négociée et équilibrée et ce ne sont pas que des mots.

Pour évoquer un troisième exemple, je pourrais citer l'enjeu de la fracture sociale et culturelle de Bruxelles, mais celui-là, je l'ai déjà évoqué dans de nombreux autres billets.

Ces mêmes-mots clés guideront aussi le travail de la mission interne de la co-présidence.

J'en parlerai régulièrement ici.

jeudi 19 novembre 2009

Quand le défi de la mixité sociale rencontre celui du manque de places dans les écoles bruxelloises - 2ème épisode

Le sujet du boom démographique et du manque de places dans les écoles bruxelloises est venu en débat en séance plénière du Parlement par le biais d'une interpellation de Caroline Désir. Il m'a dès lors semblé important d'insister sur le lien à faire avec l'enjeu de mixité et d'inclusion de tous.

Voici mon intervention règlement) "

Madame la ministre, comme cela a déjà été évoqué lors des débats en commission, le boom démographique en Région bruxelloise ne doit pas être pris à la légère, je sais que vous en êtes consciente. Il serait judicieux que les différents ministres de la Communauté française s’en saisissent, en collaboration avec leurs homologues bruxellois. Nous nous félicitons de la proposition de Mme Huytebroeck d’organiser une conférence interministérielle et nous ne doutons pas que le sujet suscite l’intérêt de tous les ministres.

L’impact du boom démographique sur l’éducation nécessite de se pencher sur le manque de places, en tenant compte de la diversité socio-économique et culturelle de notre Région. D’après les chiffres du Bureau du plan et de Brussels Studies, le boom démographique entraînera un rajeunissement de la population. La dualisation socio-économique et le pourcentage de la population dont le français ou le néerlandais n’est pas la langue maternelle risquent d’augmenter. Bruxelles enregistre une hausse des flux migratoires externes de personnes bien souvent non francophones ou non néerlandophones, au statut socio-économique souvent précaire. Par ailleurs, Bruxelles déverse vers les deux autres régions des flux internes de migration de populations jeunes, aisées, avec enfants, alors que les populations défavorisées restent dans la Région. Ces populations défavorisées, en majorité d’origine étrangère et avec un taux de natalité élevé, se retrouvent surtout dans le croissant pauvre de Bruxelles. Ces éléments sont porteurs de perspectives d’aggravation des problèmes sociaux, scolaires et de ségrégation spatiale. Sur la base de ces constats, au-delà du nombre de places dans les écoles, il nous paraît essentiel d’assurer un renforcement des moyens pour l’apprentissage et la maîtrise de la langue de l’enseignement. Il ne faut pas oublier le défi de la mixité sociale. Dans l’élaboration du décret « inscriptions » en gestation ou pour d’autres mesures à venir, il faut assurer un renforcement de la mixité en termes d’infrastructures et d’encadrement et tout faire pour supprimer la dualisation que nous connaissons aujourd’hui dans l’enseignement. Madame la ministre, j’aimerais connaître votre opinion sur toutes ces dimensions."

La réponse de la Ministre ainsi que l'ensemble du débat seront bientôt disponibles sur le site du PCF.

mercredi 18 novembre 2009

Coup de coeur Ciné : Les Barons

Drôle, tendre, intelligent, ce film est un clin d'oeil positif et efficace qui envoie balader certains clichés. Il ne parle pas directement des tensions et du malaise que connaissent les quartiers de Molenbeke ou d'ailleurs. Non il parle des gens, de tranches de vie et s'inspire du vécu, de ses proches. Et ça sonne juste. Je vous le conseille! Article du Soir

lundi 26 octobre 2009

Quand le défi de la mixité sociale rencontre celui du manque de places dans les écoles bruxelloises

Ce mardi 27 octobre, j'interrogerai la Ministre Marie-Dominique Simonet sur la prise en compte dans le nouveau décret inscription de la problématique du manque de places dans les écoles de la région bruxelloise. Le texte complet de mon interpellation est en pièce jointe. Je vous informerai de la réponse reçue.

Le problème du manque de places que connaissent certaines écoles bruxelloises risque de croître durant les dix années à venir du fait de la croissance démographique importante attendue (170.000 habitants supplémentaires d’ici 2020).

Parallèlement à ce défi important à court et moyen terme auquel la Communauté Française devra répondre en termes d’infrastructures et de services publics, se pose évidemment le défi de la mixité scolaire.

Nous le savons, le temps presse pour mettre sur pied un nouveau décret qui régulera la question des inscriptions de la rentrée scolaire prochaine et des années suivantes.

Il me semble important, malgré les délais courts, de corréler ces deux défis.

En effet, pour ne prendre que deux exemples, quel pourrait être l’impact du maintien de l’adossement sur les inscriptions dans les écoles maternelles, elles qui subissent déjà un manque de places et la DPC voulant encourager par ailleurs la fréquentation de l’école dès l’âge de 3 ans.

Inversement, si le futur décret relatif à la régulation des inscriptions a pour objectif de permettre plus de mixité socio-économique dans les écoles, et donc devait proposer d’utiliser un indice socio-économique du quartier pour rendre prioritaires certains élèves, il y aurait un flux plus important dans un sens que dans l’autre : des élèves des quartiers défavorisés iraient dans des écoles de quartiers plus favorisés, l’inverse ne risquant pas de se produire. Cela aura donc un impact positif mais à court terme sur la question de surpeuplement qui risque de toucher certaines écoles secondaires au vu des prévisions faites. Cela pose aussi la question de la localisation idéale, sinon indiquée de nouvelles écoles, si on veut en même temps assurer un enseignement de proximité et de qualité tout en assurant que la mixité sociale puisse y trouver sa place.

Ce ne sont que deux exemples et il y en a certainement d’autres de corrélations et impacts prévisibles ou non à court et moyen termes que le futur décret relatif à la régulation des inscriptions pourrait avoir sur le peuplement des écoles primaires et maternelles et inversement que le problème de manque de places aura sur ce futur décret.

Nous verrons, mardi, les réponses proposées par la Ministre.

dimanche 25 octobre 2009

Pour lutter contre la fragmentation de Bruxelles

Les conseillers communaux de Molenbeek vont auditionner les acteurs de terrain! Suite à notre interpellation (ci-dessous) et un débat intéressant et parfois houleux lors du dernier conseil communal, jeudi soir, nous avons obtenu du Collège que soit organisée une séance d'auditions de différents acteurs molenbeekois (aide à la jeunesse, maisons de quartiers, ...) pour connaître leur analyse sur la situation de la commune. Sur base de ces auditions, nous espérons que le conseil communal s'accordera pour faire des propositions concrètes d'actions politiques permettant de lutter contre la fragmentation de la ville. Je vous tiendrai évidemment informés de la suite.

Extrait de l'interpellation

(texte complet en pièce jointe)

Les évènements violents que le centre de la commune a connus ces dernières semaines, au-delà de la réaction répressive nécessaire qu'il a fallu porter immédiatement, doivent nous faire réfléchir, une fois de plus, nous acteurs politiques de Molenbeek et de toute la région bruxelloise, au mode du vivre ensemble que nous voulons et aux solutions à moyen et à long terme que nous devons proposer pour combattre la dualisation de notre région, de notre commune. Dualisation qui est en même temps socio-économique, territoriale, scolaire, culturelle et religieuse (pour ne pas dire communautaire ou « ethnique »).

(...)

Il faut néanmoins reconnaître que la résonance que peut avoir certains fauteurs de troubles auprès des jeunes (et moins jeunes) du « troisième cercle » n'est pas anodine et trouve ses racines dans un malaise profond partagé par un bonne partie de la population de notre commune. Malaise lié à la précarité socio-économique et lié à une crise identitaire.

Je l’ai déjà évoqué lors de conseils communaux précédents. Différentes études montrent combien Bruxelles est cloisonnée en quartiers et les jeunes, en particulier, sortent peu de leurs quartiers et fréquentent peu les autres quartiers car ils s’y sentent mal à l’aise, voire étrangers. Parallèlement, combien de jeunes hommes ou femmes d’origine immigrée, quand bien même ils auraient le diplôme adapté (ce qui n'est pas le cas pour tous) sont considérés par les employeurs comme "inadaptés", parce que leur langage, leur comportement ou leur port vestimentaire n’est pas «adapté » ou fait carrément peur. Comment dans ce contexte peuvent-ils s'identifier à la ville qu'ils habitent et s’y sentir impliqués ? Comment ne pas comprendre pour certains, un repli sur le quartier, un repli au sein de leur communauté et/ou de leur groupe religieux sans que cela ne soit pour autant souhaitable ? Cela rend aussi compréhensible la colère et le sentiment d’injustice qui peuvent les habiter.

Il est évidemment difficile d’évoquer une seule faute, une seule raison, une seule responsabilité à la situation actuelle de tension et de dualisation de la cité. Chacun y va de son explication : identification croissante de chacun à ses origines culturelles, retour en puissance de la dimension religieuse, problèmes de chômage, crise économique, discrimination à l’embauche, importation de tensions internationales, échec ou insuffisance des politiques d’intégration et de cohésion sociale menées ces dernières années…Certainement, les raisons et les responsabilités sont-elles partagées et diversifiées.

Quoiqu’il en soit, si l’on veut « re-souder » la ville avant qu’elle ne se fracture complètement, il est urgent que nous, acteurs politiques, prenions la mesure de l’enjeu. Sans nous voiler la face, analyser les faits, la situation, évaluer les causes, accepter de remettre en question, voire en cause, certaines de nos politiques passées et proposer les mesures qui s’imposent.

En tout cas, le monde politique dans son ensemble (et pas seulement les pouvoirs communaux) doit prendre ses responsabilités. Il faut agir parallèlement sur l'école, la formation professionnelle, l'ouverture de quartiers, la décristallisation des différences religieuses et/ou culturelles, l'emploi, l'urbanisme et penser la politique en termes d'émancipation plutôt que de simple cohésion. C'est un travail de longue haleine, qui pourra donner des résultats à moyens terme, mais il est urgent de s'y atteler si on ne veut pas sacrifier une génération supplémentaire.

(...)

Intervention de Didier Coeurnelle

Dans le débat qui a suivi, mon collègue Didier Coeurnelle a fait une intervention qui résume bien l'état d'esprit dans lequel nous sommes. Je vous la soumets :

" Vivre ensemble c'est difficile mais passionnant. Dans ce domaine, la dimension sociale est fondamentale mais ce n'est pas la seule dimension. Je lutte pour plus d'égalité sociale depuis près de 30 ans mais il y a aussi d'autres questions à aborder. Je fais partie, comme écologiste, de ceux qui pensent que l'intégration n'est pas un échec mais qu'elle n'est pas encore réussie. A Molenbeek et ailleurs la situation que nous vivons trop souvent, c'est vivre les uns à côté des autres et non pas les uns avec les autres.

Parmi les aspects du vivre ensemble, une des richesses, c'est de pouvoir changer et se respecter. Se respecter, cela signifie notamment accepter des manières de s'habiller différentes. Il faut pouvoir porter le voile à Wolluwe-Saint-Lambert mais aussi pouvoir se promener en jupe à Ribaucourt. Pouvoir changer, c'est, par exemple, lorsqu'une personne est issue d'une famille athée, pouvoir acquérir la conviction que notre planète a été créée par un être suprême. Mais c'est aussi, lorsque l'on vient d'une famille catholique ou musulmane, pouvoir acquérir la conviction que Dieu n'existe probablement pas. Et, ne nous voilons pas la face, c'est parfois perçu comme plus difficile aujourd'hui qu'hier.

Je pense enfin qu'il est souhaitable de permettre la confrontation des idées. Il y a une conception "politiquement correcte" qui pousse à éviter cela. Mais c'est de cette rencontre que peut naître un enrichissement. De la même manière qu'il y a plus dans deux têtes que dans une, il y a plus dans la rencontre de deux et, a fortiori, de plusieurs cultures que dans une culture isolée."

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