Sarah Turine

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jeudi 8 septembre 2011

Bruxelles, ville durable

Une expo qui se tient jusqu'au 10 octobre en face de Sainte-Gudule et un site hyper-pédagogique!

Bruxelles ville durable, ce n'est pas qu'un slogan, c'est une vision qui devient petit à petit réalité.

Lutter contre le réchauffement climatique, préserver notre planète, ses ressources et la biodiversité, répondre au défi énergétique, permettre à tout un chacun dans un ville où il fait bon vivre, dans un environnement sain. Ce sont les objectifs que permet d'atteindre la ville durable. Où en sommes-nous à Bruxelles? Même s'il reste encore un long chemin à parcourir notamment en matière de mobilité et au niveau de la qualité de l'air, nous sommes dans la bonne direction, des choses bougent notamment au niveau du défi énergétique, de l'éco-construction.

Pour en savoir plus, allez visiter l'expo et le site vile durable

mardi 6 septembre 2011

Les Rencontres de l’écologie politique ! À vous de jouer !

Je vous l’annonçais il y a quelques semaines, nous avons lancé un grand processus de consultation et de construction de propositions politiques avec la société civile et les citoyens.

10 grands chantiers pour réfléchir aux réponses à apporter aux crises multiples que connaît notre société et notre planète.

Y réfléchir, oui mais pas entre nous. Avec vous, que vous soyez proches d’écolo ou peu, parce que vous vous sentez concernés par ces enjeux, parce que votre action au quotidien peut apporter des éléments de réponse, Avec vous, parce que si l’on veut permettre la transition de la société vers une société plus juste, plus durable, cela ne se fera qu’au travers d’alliances.

Transition écologique de l’économie, l’avenir de la sécu, la place des temps sociaux, les territoires de demain, une Belgique modernisée, émergence d’une société interculturelle, sciences et démocratie,…

Un de ces chantiers vous intéresse ? Alors cliquez ici !

jeudi 1 septembre 2011

Avenue du port : des alternatives étaient possibles

Avenue du Port : des alternatives étaient possibles. 

Une absence d écoute et de concertation consternante 

 

Nous avons appris avec consternation l absence de consensus au sein du gouvernement bruxellois concernant le réaménagement de l avenue du Port. 

 

Nous maintenons que ce projet n a plus de raison d être depuis l abandon du projet Bilc et qu il est inadapté aux défis à venir pour le quartier, la ville et la Région. Nous ne comprenons pas l obstination à vouloir continuer à réaliser ce projet à n importe quel prix. Des alternatives étaient possibles.

 

Si nous saluons la combativité des ministres verts qui ont tout fait pour faire évoluer ce projet, nous regrettons l absence d écoute de la ministre Grouwels  et d autres ministres face à une mobilisation locale massive, exemplaire, constructive, sans précédent, depuis le début du projet jusqu à cette  période de vacances scolaires. Faut-il seulement rappeler que c est eux qui vont vivre les conséquences de cette décision en premier ? Ce fossé entre les citoyens et la ministre à de quoi préoccuper et ne correspond pas à la démocratie telle que nous l envisageons.

 

Les défis concernant le réaménagement du quartier restent nombreux et importants. Il est fondamental de les envisager dans le cadre des accords de majorité régionaux, que ce soit en matière de durabilité, de mobilité et d embellissement.

 

Mandataires et militants écologistes, nous allons envisager toutes les pistes possibles pour un réaménagement de l avenue du Port qui permette le maintien des platanes et des pavés tout en assurant une mobilité confortable pour l ensemble des usagers de la voierie, qu ils soient piétons, cyclistes, automobilistes ou usagers des transports en commun actuels ou à venir.

 

Sarah Turine Secrétaire politique régionale

Pour le groupe local Ecolo de Bruxelles Ville: Zoubida Jellab et Marie Nagy, conseillères communales 

   

samedi 2 juillet 2011

Quelle politique de cohabitation à Molenbeek?

Suite à l'emballement médiatique autour des questions de sécurité à Molenbeek, j'ai interpellé le bourgmestre lors du dernier conseil communal . En effet, les médias se sont concentrés sur la dimensions sécuritaire de façon injuste et disporportionnée et il a été difficile d'aborder d'autres aspects beaucoup plus complexe de la réalité de nos quartiers mais qui participent au sentiment de malaise et d'insécurité. Il me paraissait donc important et nécessaire que l'on en débatte au conseil communal pour affiner les pistes de solutions que le pouvoir communal peut et doit mettre en place. Voici ci-dessous l'essentiel de mon interpellation (le texte complet est en pièce jointe)

" Suite à l’annonce par une entreprise de son départ de la commune, un emballement médiatique a mis Molenbeek au cœur de l’actualité. Inévitablement, nous avons dû constater dans le chef de certains médias, une certaine simplification de la réalité complexe de notre commune et un focus disproportionné sur l’unique dimension sécuritaire. Or la délinquance, les délits et donc l’insécurité semblent diminuer. Néanmoins, le quartier Maritime dont il est question ici connaît régulièrement et ce depuis longtemps des tensions que l’on ne peut nier. Ces tensions sont d’ordres multiples : économiques, culturelles, sociales, sécuritaires,… et touchent également, même si c’est souvent dans une moindre mesure, d’autres quartiers de la commune et de Bruxelles. Et ces tensions participent du sentiment de malaise, d’insécurité et de crainte que certaines personnes peuvent éprouver en traversant, en travaillant ou en habitant dans ces quartiers.

On sait que la réalité des quartiers comme le quartier maritime est complexe et les réponses à apporter aux défis qu’ils rencontrent doivent être multiples, complémentaires, réfléchies dans un plan distinguant les réponses qui porteront leurs fruits à court, moyen et long terme.

(...)

Je voudrais insister sur trois axes qui me paraissent prioritaires pour la commune et pour lesquels l’autorité communale a un rôle fondamental à jouer.

Vivre ensemble

La richesse de la diversité de notre commune est pour l’instant cachée par une homogénéisation de certains quartiers, de certains lieux de divertissement, par une intolérance, aussi, de part et d’autre, face à des comportements, des habitudes de « l’autre ». Les acteurs de terrain et les habitants le disent, cette intolérance se radicalise dans certains propos, certains comportements de part et d’autre envers « l’autre » différent, quel qu’il soit. Et cela, malheureusement, entraîne le renfermement identitaire et amène un grand nombre à se barricader, physiquement, ou mentalement, de peur de la rencontre de l’autre. Ce cercle vicieux de l’intolérance, de la peur et du renfermement sur soi doit être stoppé net. Il s’agit de mettre en place un réel plan d’action œuvrant au dialogue interculturel et à la construction collective du quartier par les habitants, les entreprises, les associations, les travailleurs, les écoles et les pouvoirs publics. Pour éviter le risque croissant que la cohabitation entre les habitants eux-mêmes, et aussi entre les habitants et les entreprises, dans ces quartiers ne devienne synonyme de forteresse dans le ghetto.

La jeunesse

Les taux d’échecs et de décrochages scolaires, de chômage sont particulièrement élevés parmi nos jeunes. Des études montrent également que beaucoup de jeunes vivent de façon cloisonnée, se sentant les kings dans leur quartier mais tellement mal à l’aise en dehors. Ces parcours semés d’embûches peuvent s’accompagner d’un désarroi légitime et peuvent amener certains d’entre eux à trouver leur voie dans la colère, l’insoumission et l’incivilité, voire dans le plus grave des cas la délinquance (heureusement pour une minorité d’entre eux). Certains autres sont amenés à transformer cette colère ou ce désarroi en repli sur soi, repli sur certains pans de leur identité (dont parfois les religions). Et les questions identitaires lorsqu’elles sont vécues à l’extrême peuvent amener leur lot d’intolérance.

Sur ces différents aspects, la commune a un rôle à jouer. Sur le long terme, en donnant à ses écoles des impulsions spécifiques dans la lutte contre l’échec scolaire, l’éducation à la citoyenneté, le dialogue interculturel et interreligieux, le travail avec les parents et les associations de quartier, la découverte de l’autre,… De même les associations travaillant avec les jeunes et avec les parents doivent axer leur programme avec pour objectif l’émancipation et la rencontre de l’autre pour donner les outils et susciter le désir auprès des jeunes de participer activement et collectivement à la construction de leur quartier, de leur commune, de leur Région, qu’ils s’y sentent « appartenir » au même titre que chaque habitant de la RBC. L’enjeu de l’appropriation de l’espace public est évidemment au cœur de ces questions.

L'accueil des entreprises

Enfin, la commune doit mener une politique proactive d’accueil et d’accompagnement permanent (fidélisation) des entreprises et des commerces dans notre commune qui ne manque pas d’atouts : c’est une commune proche du centre-ville, bien desservie par les transports en commun, qui a sur son territoire le futur plus grand pôle intermodal (gare de l’ouest), une commune qui regorge d’espaces publics verts et conviviaux, avec une population jeune aux talents multiples. Et cette question se pose bien au-delà de l’annonce d’une entreprise de quitter le territoire. Quand on voit le prix des locations d’espaces commerciaux ou de bureaux à Molenbeek, dont certains semblent avoir du mal à être loués, il importe de redorer l’image de la commune (et pas seulement par rapport aux entreprises d’ailleurs), de renforcer le dialogue avec celles présentes sur le territoire pour identifier les difficultés et y trouver des solutions.

Si Vivre ensemble, ce n’est pas seulement vivre les uns à côté des autres, c’est vivre les uns avec les autres. Si l’on veut « re-souder » la ville avant qu’elle ne se fracture complètement, il est urgent que nous, acteurs politiques, prenions la mesure de l’enjeu. Sans nous voiler la face, analyser les faits, accepter de remettre en question, voire en cause, certaines de nos politiques passées et proposer les mesures qui s’imposent. (...)"

J'ai terminé mon interpellation par une série de questions et propositions au Collège dont la mise sur pied d’assemblées de quartier regroupant, outré la commune et les associations et les habitants, les commerçants et entreprises et travailleurs pour dialoguer, échanger sur les difficultés des uns et des autres et construire collectivement les solutions. J'ai aussi demandé s'il n'y avait pas lieu, Deuxièmement, de prendre des initiatives auprès des grosses entreprises du quartier pour leur proposer que certaines entreprises et associations locales puissant leur fournir des services (repas du midi, nettoyage, jardinage stages pour les jeunes, ,…) pour permettre de faire du lien et de créer de l’activité économique supplémentaire ?

Si le bourgmestre a abondé dans mon sens quant aux constats, il est resté vague quant aux pistes de solutions, autres que celles qui sont déjà mises en place, s'appuyant sur les restrictions budgétaires d'une part et sur la mauvaise volonté de certains acteurs d'autres part. J'ai reconnu que de belles initiatives existaient comme la maison des cultures ou comme certaines actions menées par les écoles mais ai insisté sur l'importance que l'ensemble des politiques menées par la commune répondent aux objectifs d'émancipation, de mixité, diversité, dialogue et construction collective et que chaque projet, chaque proposition discuté en collège soit étudiée au regard de ces objectifs. Je crains malheureusement qu'il reste encore un long chemin avant d'y arriver.

lundi 20 juin 2011

Vivre ensemble à Molenbeek : un défi communal !

Voici le communiqué de presse qu'Ecolo et Groen Molenbeek ont publié ce matin. Par ailleurs, je vous renvoie d'une part à l'un ou l'autre billet de septembre 2009 sur ce même blog et à la carte blanche d'Olivier Bailly dans Le Soir de ce lundi 20 juin.

Vivre ensemble à Molenbeek : un défi communal !

Ecolo et Groen Molenbeek (opposition) ont suivi avec intérêt et parfois étonnement les réactions des uns et des autres suite à l’annonce du départ d’une entreprise du quartier maritime. Il importe, sur des questions aussi sensibles, de prendre en compte l’ensemble des dimensions qu’elles recouvrent et de laisser place à la nuance.

La commune de Molenbeek s’étend sur un large territoire et connaît des réalités bien différentes selon les quartiers.

Le quartier Maritime dont il est question ici connaît régulièrement et ce depuis longtemps des tensions que l’on ne peut nier. Ces tensions sont d’ordres multiples : économiques, culturelles, sociales, sécuritaires,… et touchent également, même si c’est dans une moindre mesure, d’autres quartiers de la commune et de Bruxelles.

A ces difficultés, il faut fournir une réponse globale. La commune ne peut répondre seule aux problèmes liés, par exemple, au chômage, à l’échec scolaire, à la délinquance, ou encore au de trafic de drogue. Mais si les autres niveaux de pouvoir régional, communautaire et fédéral ont leur part à prendre, la commune a évidemment un rôle important à jouer comme acteur de proximité.

Si la commune investit dans le quartier, notamment via les maisons de quartier, la CLES-sports et le centre communautaire maritime, il y a un manque criant de politique proactive de la part de la majorité en place pour aider au « vivre ensemble » dans le quartier. La commune semble avoir opté pour une politique à courte vue tentant dans le meilleur des cas à divertir les habitants plutôt que de viser à un travail de fond qui renforcerait leur participation citoyenne et par la même leur intégration dans la vie sociale.

Le cercle vicieux de la peur et du renfermement sur soi doit être stoppé net. Il s’agit de mettre en place un réel plan d’action oeuvrant au dialogue interculturel et à la construction collective du quartier par les habitants, les entreprises, les associations, les travailleurs, les écoles et les pouvoirs publics.

Parallèlement, il importe que chacun puisse se sentir en sécurité* . Pour ce faire, il est urgent de renforcer les moyens pour la zone de police : remplir le cadre (il manque une centaine de policiers pour remplir le cadre de la zone), réévaluer les moyens financiers pour la zone (vu l’augmentation importante de la population) mais également d’avoir plus de policiers bruxellois qui connaissent les réalités du terrain. Enfin, il s’agit d’évaluer l’utilisation des moyens. Il serait extrêmement positif pour l’image de la police, pour son contact avec la population de renforcer la police de proximité : agents de quartiers, brigade piétonnes ou cyclistes devraient remplacer partiellement les patrouilles automobiles.

Enfin, la commune doit mener une politique proactive d’accueil des entreprises et des commerces dans notre commune qui ne manque pas d’atouts : c’est une commune proche du centre-ville, bien desservie par les transports en commun, qui a sur son territoire le futur plus grand pôle intermodal (gare de l’ouest), une commune qui regorge d’espaces publics verts et conviviaux, avec une population jeune aux talents multiples.

Il est urgent que mixité, diversité et dialogue soient mis au rang des priorités dans toutes les dimensions de la politique communale.

En cohérence avec toutes nos interpellations depuis le début de la législature sur ces enjeux, nous interpellerons les autorités lors des prochains conseil de police du mardi 21 juin et conseil communal du jeudi 30 juin.

  • Si les tensions sont importantes, tel que dit plus haut, les chiffres de la délinquance mesurée sur l’ensemble de la commune, eux, diminuent. Voir à ce sujet les statistiques

jeudi 16 juin 2011

Trop d'impôts?

« Trop d’impôt tue l’impôt », « rage taxatoire » et autres phrases qui ne veulent rien dire

Le Tax Freedom Day (ou « jour de libération fiscale ») est le jour fictif où le contribuable ne travaillerait plus pour payer ses impôts mais où ses revenus seraient dédiés à la consommation des biens qu’il a choisis individuellement. Ce jour est tombé le 10 juin en Belgique. Il s’agit en fait, un peu comme le concept de « rage taxatoire », de montrer aux citoyens qu’ils payent trop d’impôts ou de taxes.

Le 8 juin, jeunes - et moins jeunes - du MR ont fêté ce tax Freedom Day en distribuant des citrons dans les grandes gares. L’idée étant de dire que le belge est pressé comme un citron (si jamais vous n’aviez pas compris…). Au-delà de l’aspect bien démagogique de l’événement, on rappellera deux choses : Didier Reynders (MR) est ministre des Finances depuis 12 ans. Il a donc la main sur la majorité des dispositifs fiscaux. Ensuite, le Tax Freedom Day donne l’impression qu’on ne paye des impôts que pour « engraisser » l’État. Or, nos impôts permettent de payer les écoles où vont nos enfants, les hôpitaux où nous sommes soignés, les routes, la sécurité sociale, les pompiers, la police, etc. etc. Si nous devions payer individuellement pour les services financés actuellement par l’État, seuls les plus riches pourraient accéder à des soins de qualité, par exemple. Laissant de côté de nombreux citoyens.

Le Tax Freedom Day est donc un événement qui est censé rappeler que nous payons trop d’impôts. Et si je suis d’accord pour dire que certaines dépenses sont à revoir, surtout en période de crise, et s'il y a beaucoup d'améliorations à apporter au système fiscal pour le rendre plus juste (j'y reviendrai une prochaine fois), je rappellerai que c’est aussi un système de solidarité forte qui a permis à la Belgique de s’en sortir moins mal que les autres pays européens (cf. mon précédent post). De la part de responsables politiques dont le parti est au gouvernement, je trouve ça scandaleux et déplacé. C’est de la désinformation et cela induit une méfiance toujours accrue du citoyen envers les personnes qui essayent de gérer aux mieux, dans l’intérêt de tout le monde, les moyens mis à leur disposition.

Lors d’un colloque organisé dans le cadre des Rencontres de l'écologie politique au Parlement bruxellois sur l’accueil des primo-arrivants, des acteurs de terrain disaient à quel point il était précieux d’expliquer, à celles et ceux qui arrivent en Belgique, comment s’était construit et organisé notre système de solidarité. Ces mêmes acteurs se rendaient compte qu’il serait également opportun de faire ce rappel auprès des jeunes – et moins jeunes… - belges !

vendredi 10 juin 2011

Changeons l'Europe

« Changeons l’Europe ». C’est l’appel que je soutiens, avec Philippe Lamberts, Wouter Van Besien et Bart Staes, dans une carte blanche intitulée « L'appel européen pour une autre gouvernance économique » . Cet appel n’est pas une énième attaque « d’une Europe lointaine ». Il s’agit d’une réelle volonté de (re)construire un idéal européen dont les règles consolideraient le modèle social et permettraient aux États-membres d’investir réellement dans la transition écologique.

Pourquoi je soutiens ce texte ? Parce que j’ai le sentiment que la crise économique et financière n’a rien modifié dans la vision et la lecture des politiques à mener de la Commission. La droite européenne veut nous maintenir dans un carcan néolibéral malgré toutes les limites et les drames que ce modèle a amenés, et ce, encore récemment.

Pourtant, je suis convaincue que, même -et surtout ! -au niveau européen, une autre logique est possible et ne nous conduira pas, comme certains veulent le faire croire, à un appauvrissement généralisé. Mais pour y arriver, nous devons mobiliser les progressistes et concrétiser ce projet aux prochaines échéances électorales…

En septembre 2010, la Commission européenne présentait un ensemble de propositions législatives annoncées comme la panacée pour empêcher toute crise. Mais, les choix idéologiques sous-jacents à ces propositions constituent une remise en cause sans précédent des valeurs et des principes fondamentaux de notre destin commun: la solidarité, la justice sociale, l'égalité des chances et le développement durable.

En Belgique, nous avons pu, mieux (ou moins mal, dirais-je) que d’autres, supporter la crise. Grâce à un certain modèle social et à une concertation organisée entre les acteurs sociaux. Néanmoins, la Commission a publié ce 7 juin son évaluation de notre programme socio-économique pour les prochains mois, voire années et les recommandations qu'elle en tire. Si certaines mesures à prendre m’apparaissent évidentes (taxer davantage les activités et produits nocifs pour l'environnement afin de promouvoir une utilisation plus rationnelle des ressources et de l'énergie en particulier et dans le même temps de relâcher la pression fiscale sur les salaires), la plupart des recommandations vont dans un même sens : réduire les dépenses publiques, en particulier celles liées au vieillissement. Or, à titre d'illustration, sans transferts sociaux, ce ne sont pas moins de 80.000 des personnes de +65 ans qui seraient menacées de tomber dans la pauvreté. Par contre, pas un mot sur, par exemple, la possibilité d’augmenter les recettes fiscales en faisant contribuer les plus gros revenus et le secteur financier…

Autres propositions qui me choquent : raboter les salaires s'il s'avère que ceux-ci évoluent plus rapidement que ceux des travailleurs français, néerlandais et allemands (la fameuse « indexation automatique » qui nous a permis, aussi, de nous en sortir moins mal que d’autres pays européens) et limiter les allocations de chômage dans le temps (ce qui en fait que déplacer le coût du fédéral vers les communes, qui rencontrent déjà de nombreuses difficultés budgétaires).

Ce n’est pas le modèle européen que je défends et veux promouvoir. Cela ressemble très fort aux caricatures (aux réalités ?) du FMI disant aux pays que s’ils ne réduisent pas leurs politiques publiques « non productives » (santé, école, etc.), ils ne recevront aucune aide. Si nous n’avons pas la possibilité de reprendre les leviers de l’Union rapidement, alors c’est, je le crains, la mort d’un certain idéal européen.

Si vous voulez soutenir un autre modèle pour l’Europe, n’hésitez pas à venir signer ici.

mercredi 25 mai 2011

Violences sexuelles au Congo - Un vibrant appel du Docteur Mukwege à la Communauté internationale et à la Belgique

Ce mardi 24 mai, j'ai assisté, avec une émotion certaine, à la remise du prix de la Fondation Roi Baudouin pour le Développement au Docteur Mukwege, ce célèbre gynécologue congolais, qui a ouvert un service de gynécologie dans le Sud-Kivu, où il a opéré, en onze ans - gratuitement - environ 30 000 femmes, victimes de violences sexuelles avec des lésions génitales extrêmement graves.

Un tel prix permet de remettre sous le feu des projecteurs, une fois de plus (ce n'est effectivement pas le premier prix que reçoit le Docteur Mukwege) une réalité insoutenable : l'utilisation du viol comme une arme de guerre de façon planifiée pour détruire les femmes, les familles et la société toute entière. Cette réalité d'une violence extrême ne peut bien entendu pas être tue, ni omise, et nécessite certainement qu'on la combatte prioritairement.

A cette occasion, le Docteur Mukwege a tenu un discours particulièrement émouvant tant il était vrai, sans détour et fort de ses convictions porteuses de justice et d'humanité. Je vous renvoie au 'carnet de Colette Braeckman qui revient sur ce discours et me permets moi de revenir sur un seul élément qu'il me paraît important de relever en tant que responsable politique.

Docteur Mukwege a exprimé son sentiment contradictoire à la réception de ce prix. D'une part, il a exprimé de la gratitude pour la reconnaissance du travail et du combat qu'il mène, mais d'autre part, il a exprimé une grande frustration liée au fait qu'il préférerait ne pas devoir faire le travail qu'il fait, qu'il préférerait que ces violences n'aient pas lieu et qu'il puisse exercer le métier d'un médecin ordinaire. C'est alors qu'il a lancé un appel à la Communauté internationale et singulièrement à la Belgique, qui a un rôle nécessaire à jouer pour mettre fin ces ignominies qui ont lieu dans le cadre d'un conflit où les enjeux géopolitiques et économiques dépassent largement les intérêts des populations locales.

Je rejoins le Docteur Mukwege sur ce constat. Ce prix n'aura de sens que s'il s'accompagne d'une politique belge proactive pour aider le Congo et les Congolais à mettre un terme à ce conflit et aider à la pacification et la réconciliation dans la Région des grands Lacs.

vendredi 20 mai 2011

Les rencontres de l'Ecologie politique sont lancées! Participez-y!

Il y a quelques mois, le Conseil de Fédération d’Ecolo (son « parlement interne ») à lancé une mission d’évaluation et de prospective, appelé Cap 2012-2014, pour renforcer Ecolo et les réponses qu’il apporte vis-à-vis des enjeux inédits auxquels nos sociétés font face aujourd’hui. Cette large consultation interne a débouché sur la décision d’organiser les Rencontres de l’Ecologie Politique.

Susciter le désir de l'action collective et politique

Nous sommes aujourd’hui au carrefour de toutes les crises : environnementale (dérèglement du climat, perte de biodiversité, réduction des ressources, …), alimentaire, sociale (accroissement des inégalités, pauvreté,…), financière et économique, ainsi que démocratique et culturelle.

Face à ce constat, le slogan des années ’70 - « vivre autrement » - revient de manière plus réfléchie et pragmatique. Après plusieurs décennies dominées par le discours de la croissance et de la compétitivité à tout prix, les consciences sont mûres pour faire un pas de plus vers la transition écologique.

Par ailleurs, dans le contexte actuel d’embourbement de la crise fédérale, le fossé entre les politiques et les citoyens s’est encore approfondi. Il importe de pouvoir le réduire, de pouvoir réenchanter la chose politique ? Si les politiques ne doivent pas offrir, et encore moins vendre du rêve aux citoyens, la politique doit être un espace qui ouvre l’imaginaire collectif et qui puisse l’orienter vers un futur désirable.

D’un autre côté, la complexité à laquelle doit faire face aujourd’hui le décideur politique est croissante : empilement des niveaux de décision, de l'international à la commune, immixtion des groupes économiques, poids croissant d'acteurs non démocratiques (tels que, par exemple, les agences de notation)... Ce phénomène complique non seulement la décision politique, mais également la communication sur cette décision et conduit in fine à une réelle perte de pouvoir des autorités publiques. Bref, aujourd'hui le pouvoir politique est trop souvent davantage un pouvoir de négocier qu'un pouvoir de décider.

Il est donc nécessaire de repolitiser la société civile et de civiliser la société politique, de susciter le désir de l’action collective et politique, en somme.

Les Rencontres de l'écologie politique viseront deux objectifs

- stimuler de façon conviviale des actions et des projets concrets qui permettent d’accélérer la transition écologique de notre société. Ecolo est un catalyseur de changement, un outil pour mettre en mouvement la société : c’est logiquement au travers de rencontres vers la population que nous populariserons nos idées tout en nous enrichissant de l’apport des citoyens ; la dimension festive sera ici privilégiée afin de réconcilier plaisir et (prise de) responsabilité.

- ouvrir des débats sur les enjeux-clés de l’avenir en co-organisant des débats avec la société civile et les acteurs de terrain afin d’enrichir notre action politique (parlementaire, ministérielle, communale,…), notre programme et notre vision pour la société de demain.

Pour en savoir plus, une vidéo et le site des Rencontres de l'écologie politique.

mardi 10 mai 2011

La chocolaterie Belvas, bio, équitable et écologique!

Vendredi, je suis allée visiter, avec quelques membres de la Régionale du Hainaut, la chocolaterie Belvas à Ghislenghien. Monsieur Noesen, son directeur est un passionné. Depuis quelques années, il a repris cette chocolaterie et l'a transformée pour produire exclusivement des produits bio et équitables, mais en outre, il s'est lancé dans le projet de rendre son entreprise écologique (en matière énergétique, de traitement de déchets,...) et vient d'obtenir le label Emas.

L'obtention du label Emas est loin d'être évidente puisqu'il nécessite d'étudier dans tous les détails le fonctionnement de l'entreprise, sa gestion, sa production,... une réelle analyse systémIque permettant de relever tous les efforts qui peuvent être faits pour réduire son empreinte écologique. Chez Belvas, ils ont ainsi amélioré considérablement la performance énergétique de leurs machines, mais aussi de leur système de climatisation (dont la chaleur produite est récupérée pour chauffer l'eau notamment), le traitement des déchets,...

Mais il reste un point faible face auquel l'entreprise en tant que telle a peu de capacités d'agir : le transport qui, on le sait, au-delà du cout financier alourdit considérablement le cout environnemental des produits.

Tout d'abord le transport des travailleurs : le zoning est éloigné de la gare et aucun bus ou presque ne passe à proximité. Certains travailleurs très volontaires font malgré tout le trajet en train et puis en vélo jusqu'à l'entreprise, d'autres organisent du covoiturage. Mais on voit bien là, l'importance que les pouvoirs publics 1/ d'investir dans des transports en commun permettant aussi de desservir les zonings pour les travailleurs, 2/ de prendre en compte la dimension environnementale et des transports dans la localisation des zonings.

Ensuite, il s'agit du transport des marchandises. Pour des petites et moyennes entreprises comme celles-là, il n'existe pas d'alternative au transport par camion. Il est urgent que au niveau de la SNCB mais aussi au niveau européen, on favorise l'émergence et le développement du fret par le rail de marchandises en petites quantités.

Deux reportage de Notélé sur l'entreprise Belvas :

La visite d'Ecolo à la chocolaterie Belvas

La chocolaterie Belvas a le label Emas

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