Sarah Turine

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Mes coups de coeur

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dimanche 24 janvier 2010

Rien de personnel, un film sur la relation contemporaine au travail

La semaine dernière, EcoloBxl a organisé l'avant-première de ce film mordant et intelligent sur les pressions qui peuvent s'exercer au travail. Sujet pourtant pas facile à traiter au cinéma, Mathias Gokalp, le réalisateur, a bien réussi son coup.

Pourquoi avons-nous organisé cette avant-première? L'année 2010 commence malheureusement mal en matière d'emploi : l'affaire Inbev et ensuite la fermeture du site d'Opel montrent combien la crise financière n'a pas fini de faire sentir ses impacts.Sont remises à l’avant-scène les difficiles conditions de l’emploi et du travail dans la société telle qu’elle est aujourd’hui, mondialisée et dont le système économique est dérégulé. Délocalisations, faillites, fermetures d’entreprises, le chômage est en hausse. Or à l’heure où les familles monoparentales augmentent, et où les ménages ont très souvent besoin de deux salaires pour subvenir aux besoins de la famille, la pression sur l’emploi est forte et la place de l’emploi dans le statut social est importante.

Quel droit cela laisse-t-il alors à celui qui a la chance d’avoir un emploi d’exiger qu’il puisse le faire dans de bonnes conditions ? La pression pour accepter une plus grande flexibilité dans les horaires, ou des conditions salariales désastreuses est présente et à côté des demandeurs d’emploi et des exclus du système, il y a des travailleurs pauvres, des travailleurs pressurisés

II faut que chacun puisse prendre plaisir à travailler, mais aussi à s’épanouir dans sa vie « hors travail ».

Bien sûr, aujourd'hui, le contexte de crise ne facilite pas les choses. Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui sont exclus de tout milieu de travail et ce parfois depuis des années. Il faut que l’on trouve des solutions pour ces personnes :

- développer l’activité et l’emploi (dans les secteurs verts, non marchands…) ;

- arrêter la chasse aux chômeurs… et mettre notre énergie à faciliter l’accès à l’emploi surtout de ces personnes précarisées, par des formations adaptées ou en combattant les pièges à l’emploi ;

- prendre des initiatives qui favorisent la participation à l’activité (l’insertion sociale), parallèlement à que l’insertion professionnelle ;

- et puis, se reposer la question du partage du travail disponible...

Parallèlement, et pour revenir au sujet du film, nombreuses et nombreux sont également celles et ceux qui doivent se contenter du travail qu’ils ont (et entendre le message : si tu n’es pas content, il y en a dix derrière la porte qui attendent). Or, prendre plaisir à travailler, c’est trouver du sens à son travail (savoir à quoi le travail va servir, avoir l’impression d’être utile, savoir ce qui se passe en amont et en aval,…), travailler dans une bonne ambiance, bénéficier du respect de ses collègues,… Il faut donc : - revisiter la définition de « l’emploi convenable » (ou emploi de qualité), notion qui sert de référence pour les employeurs (normes qu’ils doivent respecter), mais aussi aux tribunaux du travail, aux demandeurs d’emploi… Cette définition doit davantage prendre en compte des éléments comme la préservation de l’intégrité physique et psychique de la personne, le respect de la vie personnelle et/ou familiale, le respect du travailleur, une vision plus moderne de la mobilité (trajet domicile-travail), l’organisation des temps partiels (pour laisser la possibilité de le compléter par un autre temps partiel…)

- améliorer la santé et la sécurité au travail, en renforçant les rôles et pouvoirs des différents organes concernés, pour tenir compte de l’évolution des problèmes liés au milieu de travail (harcèlement, stress, reconnaissance et prévention de maladies professionnelles)

- améliorer la qualité des contrats de travail : augmenter le salaire minimum, améliorer les contrats à temps partiel, renforcer le contrôle sur le travail intérimaire, revoir le dispositif « titres-services »…

- développer des politiques du temps novatrices, en ouvrant une grande réflexion sur le sujet, pour qu’il y ait une meilleure conciliation et synchronisation des différents temps sociaux (travail, formation, loisirs, vie privée…) et pour que la question des inégalités face aux tensions temporelles soient abordées (ex : les horaires irréguliers et les horaires imposés sont davantage ceux de personnes peu qualifiées et/ou qui ont des revenus modestes). Il faut oser des changements, pour faciliter et accompagner les temps de transition professionnelle et de formation, pouvoir discuter de ses horaires de travail, mettre des mécanismes en place (comme le plan tandem ou le tutorat) pour partager le travail et l’expérience, promouvoir une gestion locale du temps, renforcer les temps familiaux…

Bref, de nombreux chantiers en perspective, qui demanderont de l’énergie et du temps, mais qui en valent la peine. Une meilleure qualité de travail pour tous, et donc aussi une vie plus équilibrée, sont à ce prix.

Voir la bande annonce du film

jeudi 17 décembre 2009

Elisez votre "Bruxellois de l'année" sur le site du Vlan

Je viens de découvrir que le vlan me proposait comme candidate ecolo à la nomination du ou de la Bruxelloise 2009. C'est pour saluer mon accession à la co-présidence! C'est une geste symbolique alors que je ne fais qu'arriver et que j'ai encore toutes mes preuves à faire, mais je suis évidemment flattée par ce clin d'oeil et ne peux m'empêcher de vous inviter à aller jeter un oeil sur ce site... évidemment ;-)

mercredi 18 novembre 2009

Coup de coeur Ciné : Les Barons

Drôle, tendre, intelligent, ce film est un clin d'oeil positif et efficace qui envoie balader certains clichés. Il ne parle pas directement des tensions et du malaise que connaissent les quartiers de Molenbeke ou d'ailleurs. Non il parle des gens, de tranches de vie et s'inspire du vécu, de ses proches. Et ça sonne juste. Je vous le conseille! Article du Soir

mercredi 7 octobre 2009

travail décent, vie décente

Le saviez-vous? Moi je l'avais oublié et ce sont des militants du CNCD qui me l'ont rappelé ce matin à la gare centrale : le 7 octobre est la journée pour le travail décent.

La campagne belge pour le travail décent porte quatre revendications. Les voici : - Mondialiser un revenu décent pour une vie décente. - Inscrire le travail décent comme priorité dans les politiques de développement. - Garantir une mondialisation des droits sociaux. - Réguler les acteurs privés transnationaux.

N'hésitez pas à aller signer la pétition!

lundi 31 août 2009

Oxfam aussi lutte contre le réchauffement climatique

Faut-il encore vous présenter Oxfam? Vous connaissez bien sûr les magasins de commerce équitable. Mais à côté des Magasins du Monde Oxfam, une ONG soeur, Oxfam-Solidarité (vous avez peut-être déjà vu les magasins de seconde main d'Oxfam? Ca c'est Oxfam-Solidarité), s'occupe plus particulièrement de projets de développement dans le Sud et de lobbynig politique dans le Nord. Car sans changement politique ici, les projets de développement dans le Sud n'auront que peu d'impact. Ils ont lancé une campagne en vu du sommet de Copenhague. Plus ils réunissent de signatures, plus leur poids comptera pour faire pression sur les Gouvernements européens pour qu'ils mettent en place une réelle politique internationale, nationale et européenne de lutte contre le changement climatique. Alors allez signer leur pétition

mercredi 20 mai 2009

14 familles en attente d'un logement social construisent leur maison passive- Un projet avant-gardiste et porteur d'espoir à Molenbeek

J'ai eu l'occasion aujourd'hui de rencontrer les personnes actives dans le projet "Espoir" de la rue Fin à Molenbeek. J'en avais entendu parler par le biais du conseil communal ou du Cabinet Huytebroeck, mais j'ai eu ici l'occasion de me rendre compte combien ce projet est novateur, pionnier et tout à fait porteur d'espoir.

A l'initiative de la maison de quartier Bonnevie, ce projet monté entre autres avec le Fonds du Logement et le Cire a permis de rassembler 14 familles, toutes inscrites depuis de nombreuses années sur la longue liste des logements sociaux, dont certaines avec de nombreux points de priorité autour d'un superbe projet : construire et acquérir leur propre logement!

Lancé dès le départ sur le mode participatif, avec au moins une réunion par semaine, ce projet s'est conçu sur base des desiderata, des réflexions et de l'évolution des discussions du groupe des 14 familles, qui se sont rassemblées dans une asbl, l'asbl L'espoir.

Dès le départ, dans la liste des critères, les familles ont pointé, notamment la nécessité d'avoir un logement à un prix abordable, bien sûr mais aussi économe en énergie et qui avait plus l'aspect d'une maison que d'un immeuble.

TLB a réalisé l'année dernière un petit reportage bien clair sur ce projet. Vous pouvez toujours le visionner ici

Aujourd'hui, le chantier a démarré, ce sera donc une construction passive dans laquelle ils pourront normalement s'installer dès janvier 2010.

EN les écoutant aujourd'hui, ce qui m'a frappé est la fierté qu'ils ont d'avoir cru en ce projet qui, pourtant au départ, leur paraissait paroifs absurde. "COmment pouvais-je imaginer qu'un jour j'aurais ma maison à moi?" s'est exclamée l'une des participantes, "AU début je ne pouvais pas croire qu'il était possible d'habiter dans une maison sans chauffage en plein hiver!" dit un autre. Grâce à l'excellent accompagnement des associations, ils ont pu finalement y croire et être porteurs de ce beau projet. Avec l'aide des primes et de l'appel à projet pour les batiments exemplaires, et les économies d'énergie qu'ils réaliseront, le surcout de la construction passive est amorti.

Bien entendu, un projet pilote comme celui-là doit aussi essuyer les plâtres d'une première. Il s'est avéré que le sol était pollué alors qu'il n'était pas repris dans le cadastre, la commune a exigé du Fonds du Logement la construction de garages (pas pour eux, mais à louer pour l'ensemble du quartier), et comble du comble, vu que c'est le Fonds du logement et que cet acteur ne cible normalement pas les logements sociaux, ce projet ne peut pas bénéficier de la TVA à 6% comme c'est le cas pour la construction des logements sociaux. Tout cela provoque des surcoûts importants qu'il est difficile pour ces famille de prendre en charge. Il faut espérer que les pouvoirs publics vont pouvoir trouver des moyens supplémentaires qui permettront au projet de se finaliser.

EN effet, ce projet apporte de l'espoir au-delà du bonheur qu'il apporte à ces 14 familles et il doit absolument pouvoir essaimer dans d'autres quartiers, dans d'autres communes: c'est de la construction de logements sociaux, c'est de l'éco-construction, et surtout, surtout, c'est un vrai projet participatif ET émancipateur. Superbe.

mardi 28 avril 2009

Tous au jardin?

Ce week-end, j'ai profité de l'action "Tous au jardin", action qui ouvre les portes au public de jardins privés agréés par Natagora comme jardins naturels.

Un jardin naturel, c'est quoi? C'est un jardin favorable à la vie sauvage. On y préfère les espèces indigènes, on y laisse plus de place à la spontanéité, on y renonce aux produits chimiques.

Je suis donc allée visiter trois beaux jardins naturels appartenant à des particuliers.

Au-delà de l'aspect purement esthétique ou romantique de laisser la nature vivre, les jardins naturels ont un rôle important à jouer en ville dans la lutte pour la préservation de la biodiversité. Et cet enjeu n'est pas non plus qu'une simple envie des environnementalistes d'un désir romantique de retour à la terre. La biodiversité est l'équilibre vital de la planète dont nous les êtres humains avons besoin aussi pour notre équilibre vital à nous! Pour plus d'informations sur ce sujet, je vous invite à lire l'article du WWF.

Cette action a évidemment plusieurs objectifs : encourager les habitants à rendre leurs jardins plus naturels, sensibiliser plus largement aux questions de biodiversité,...

Evidemment, en ville, tout le monde n'a pas un jardin. Il s'agit donc que les pouvoirs publics agissent par ailleurs, tant pour permettre à tous les habitants de profiter d'espaces verts et de coins de nature en ville, et d'être en lien avec la nature mais également de développer un maillage vert à travers la ville pour permettre à la Nature de retrouver une place de choix et aux espèces de la faune et la flore urbaine de trouver un espace vital.

Développer des espaces verts, cela veut dire encourager la verdurisation des ilôts, développer des petits parcs et des jardins publics de proximité dans les quartiers les plus densément peuplés pour que chaque habitant puisse retrouver le lien avec la terre sans sa carapace de bitume.

Développer des coins de nature en ville et un maillage vert, cela veut dire, outre ce qui est dit ci-dessus, encourager la plantation d'arbres, la verdurisation des façades et les toitures vertes, c'est laisser des espaces non constructibles où la nature peut se développer d'elle-même, c'est la promenade verte,... pour que les plantes et les animaux, garants de la biodiversité et de notre équilibre vital trouvent leur chemin dans un univers urbain.

samedi 4 avril 2009

Quand Schuiten donne des ailes à nos rêves

Je suis allée voir l'exposition "Vegetal City" qui se tient actuellement(et jusqu'en août) au Musée d'Arts et d'Histoire au Cinquantenaire. 200903ExtraitSchuiten01.jpg

Au-delà des superbes dessins qui nous donnent à imaginer un monde plus vert, plus durable et plus harmonieux, Luc Schuiten nous offre la possibilité de croire à notre rêve et de nous dire que de ce rêve à sa concrétisation, il n'y que des petits pas, en commençant par celui de la volonté. Volonté politique, avant tout. Rendre la ville plus verte en installant des jardins verticaux, rendre la ville plus douce en l'imaginant comme un tout, et en suivant son évolution.

Luc Schuiten est architecte et ses utopies sont ancrées dans le réel et dans notre terre. Elles nous autorisent tous les possibles. Nous devons nous en inspirer d'urgence pour penser la ville durable