Dimanche 16 mai, j'étais conviée au rassemblement de soutien à Gilad Shalit, organisé par l'association "Soutien belge à Gilad Shalit" et le Cercle Ben Gourion. Gilad Shalit c'est donc ce jeune soldat qui a été enlevé par le Hamas il y a près de 4 ans.Il était important pour moi d'être présente à ce rassemblement. Parce que la défense des droits de l'homme est une valeur fondamentale sur laquelle repose le combat démocratique. Et parce que même s'il peut exister de grosses divergences d'opinion politique sur le conflit israélo-palestinien entre Ecolo et une partie de la communauté présente à ce rassemblement, il existe aussi des points de ralliements et des faits sur lesquels nous sommes en accord. Par ailleurs, il est important de maintenir le dialogue, de pouvoir faire la part des choses.
Voici le discours que j'y ai tenu :
{{Le conflit israélo-palestinien pèse de puis trop longtemps, au quotidien, sur les populations d'Israël et des territoires palestiniens. Au delà des divergences politiques ou d'opinion qui entourent ce conflit, il est des faits tout à fait inacceptables et qui doivent être dénoncés et combattus avec force. Le cas triste et célèbre de Gilad Shalit en fait partie. Son enlèvement depuis près de 4 ans, le non respect de ses droits fondamentaux et le fait que tant sa famille que les autorités israéliennes et françaises sont empêchées d'obtenir des informations sur son état de santé est tout à fait inacceptable. En mars dernier, les députés européens ont voté une résolution demandant au Hamas la libération du Sergent Shalit. Si c'est déjà un pas, ce n'est pas suffisant. Il faut continuer de taper sur le clou, mettre la pression maximale pour qu'enfin cette libération ne soit plus que des mots. Et dans le délai, le plus court possible, avant cette libération, nous exhortons le hamas d'accorder au Sergent Shalit les droits et privilèges conformes à la convention de Genève et nous demandons au Hamas d'autoriser le CICR à rendre visite au Sergent Shalit et lui permettre de prendre contact avec sa famille. D'une façon plus générale, nous soulignons l'importance de progresser vers une solution fondée sur l'existence de deux états et souhaitons fortement la reprise des négociations entre Israël et l'autorité palestinienne. Nous insistons sur le fait que des mesures venant de l'ensemble des parties, visant à instaurer un climat de confiance mutuelle seront de nature à créer des conditions favorables pour qu'il n'y ait plus d'enlèvement comme celui de Guilad. Nous exhortons donc les responsables politiques de l'ensemble des parties à aller dans ce sens. pour permettre au Sergent Shalit, à sa famille de trouver une vie digne de ce nom et à l'ensemble des populations israéliennes et palestinienne de croire encore que vivre en paix est possible}}.
En arrivant, j'ai reçu la version française du conte que Guilad Shalit a écrit à l'école quand il avait 11 ans. Un conte racontant l'histoire d'un enfant poisson et d'un enfant requin qui bravent l'interdiction de jouer ensemble formulée par leurs parents, deviennent amis et permettent ainsi finalement que poissons et requin vivent en paix. Elle existe en vidéo
Belle métaphore évidemment de la part d'un enfant vivant dans un pays menacé perpétuellement par la guerre. Evidemment, en choisissant un poisson et un requin dont on sait pertinemment bien, quand on est adulte, que dans la chaine naturelle, l'un est le prédateur de l'autre et l'on ne peut y changer,cette métaphore peut être renversée et tomber dans le fatalisme. MAis de la part d'un enfant, le message est fort. Passons au-delà des préjugés que l'ancienne génération nous transmet parce que, plus fort que nous, nous aspirons à la paix et au dialogue avec celui qui est considéré comme notre ennemi. Quelle ironie du sort que cet enfnat-là soit pris au piège d'un ennemi qui est allé dans le sens inverse de l'espoir de Guilad et qui a radicalisé les tensions. Néanmoins, je garde précieusement ce conte qui, avec la candeur et la naïveté enfantines, nous permet néanmoins d'attiser l'espoir qu'une paix est possible.