Sarah Turine

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Alimentation durable

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mardi 10 mai 2011

La chocolaterie Belvas, bio, équitable et écologique!

Vendredi, je suis allée visiter, avec quelques membres de la Régionale du Hainaut, la chocolaterie Belvas à Ghislenghien. Monsieur Noesen, son directeur est un passionné. Depuis quelques années, il a repris cette chocolaterie et l'a transformée pour produire exclusivement des produits bio et équitables, mais en outre, il s'est lancé dans le projet de rendre son entreprise écologique (en matière énergétique, de traitement de déchets,...) et vient d'obtenir le label Emas.

L'obtention du label Emas est loin d'être évidente puisqu'il nécessite d'étudier dans tous les détails le fonctionnement de l'entreprise, sa gestion, sa production,... une réelle analyse systémIque permettant de relever tous les efforts qui peuvent être faits pour réduire son empreinte écologique. Chez Belvas, ils ont ainsi amélioré considérablement la performance énergétique de leurs machines, mais aussi de leur système de climatisation (dont la chaleur produite est récupérée pour chauffer l'eau notamment), le traitement des déchets,...

Mais il reste un point faible face auquel l'entreprise en tant que telle a peu de capacités d'agir : le transport qui, on le sait, au-delà du cout financier alourdit considérablement le cout environnemental des produits.

Tout d'abord le transport des travailleurs : le zoning est éloigné de la gare et aucun bus ou presque ne passe à proximité. Certains travailleurs très volontaires font malgré tout le trajet en train et puis en vélo jusqu'à l'entreprise, d'autres organisent du covoiturage. Mais on voit bien là, l'importance que les pouvoirs publics 1/ d'investir dans des transports en commun permettant aussi de desservir les zonings pour les travailleurs, 2/ de prendre en compte la dimension environnementale et des transports dans la localisation des zonings.

Ensuite, il s'agit du transport des marchandises. Pour des petites et moyennes entreprises comme celles-là, il n'existe pas d'alternative au transport par camion. Il est urgent que au niveau de la SNCB mais aussi au niveau européen, on favorise l'émergence et le développement du fret par le rail de marchandises en petites quantités.

Deux reportage de Notélé sur l'entreprise Belvas :

La visite d'Ecolo à la chocolaterie Belvas

La chocolaterie Belvas a le label Emas

mercredi 8 avril 2009

Plus de produits écologiques dans les supermarchés?

"Un accord vient d'être signé entre le secteur de la distribution et le Ministre Magnette pour permettre d'augmenter son offre de produits durables et écologiques" nous annonce un communiqué de presse.

Ce n'est sans doute pas un mauvais pas, cet accord. Et de la part des distributeurs, c'est certainement une décision maligne. Par contre, politiquement parlant, c'est très léger et cet accord peut tout à fait manquer l'objectif annoncé d'une consommation et alimentation durable s'il n'est pas encadré par des critères clairs sur ce que sont et/ou ne sont pas des produits écologiques et si d'autres actions parallèles ne sont pas menées.

Je m'explique:

Quels sont les produits considérés par la Fedis comme étant respectueux de l'environnement?

Sur son site, la FEDIS annonce que le "client trouvera plus de produits respectueux de l’environnement en magasin et, il sera plus largement informé au sujet de ces produits ‘verts’, non seulement dans les points de vente mais aussi en dehors, par le biais de campagnes prévues à cet effet."

Quels sont les produits considérés par la Fedis comme étant respectueux de l'environnement?

Sans doute les produits qui sont labellisés.

Les produits labellisés "ecolabel" ont un impact moindre sur l'environnement mais ils ne concernent pas l'alimentation. Quant au bio, en tout cas celui qu'on trouve dans la grande distribution, c'est un vase débat. L'appellation bio ne concerne que la question des pesticides et des OGM. Alors bien sûr, c'est déjà pas mal de trouver des produits sans pesticides et sans OGM, mais la production industrielle d'un pack de douze ailes de poulets même bio, la culture sous serre chauffées des tomates même bio en plein hiver et des fruits mêmes bio qui ont fait 5000 kilomètres en avion, tout cela a un énorme coût pour l'environnement.

C'est tout? Pas d'autre réel label environnemental, à moins de marques autoproclamées vertes....

Quels produits vont donc être mis en avant dans les supermarchés? Il existe bien sûr toute une série de produits issus de petits producteurs et agriculteurs locaux qui n'ont sans doute aucun label mais qui produisent de manière tout à fait respectueuse de l'environnement mais ceux-là n'ont pas accès aux supermarchés, pour différentes raisons : trop petite production, ne rentrent pas dans les critères d'exigence d'esthétique, d'hygiène, de chaînes de production,.... des grands distributeurs,...

Sur le site de la FEDIS, toujours, ils disent que "des calendriers de fruits et légumes saisonniers aideront le client qui souhaite opter pour une alimentation dont l’impact environnemental est moindre."

Très bien d'informer sur les saisons.

Mais de nouveau, pour un vrai respect de l'environnement, dans un supermarché qui favorise plus les gros producteurs industriels que les petits producteurs locaux, ça n'a pas beaucoup de sens : les mandarines que l'on trouve dans les supermarchés, même en plein dans la saison, risquent bien de provenir de ces immenses serres espagnoles qui carburent aux pesticides, et font travailler des travailleurs saisonniers dans des conditions innommables.

Alors quel choix?

En ce qui concerne les produits frais : légumes, fruits, viandes, céréales, produits laitiers,... le meilleur choix politique est de soutenir les filières courtes : favoriser la présence des petits producteurs sur les marchés, soutenir la création des groupements d'achats solidaires, créer des halles de distribution des produits locaux, de saisons et écologiques, verduriser la fiscalité sur les produits : taxer moins les produits dont le coût environnemental est moindre (en se basant sur l'analyse du cycle de vie du produit) pour rendre ces produits moins cher.

Sans ces soutiens politiques-là, il ne sert à rien d'aider les supermarchés à augmenter leur offre de produits "verts".