Le MR nous accuse de rage taxatoire... Pierre Bouillon, journaliste au Soir a écrit un billet d'humeur dans Le Soir de ce mercredi 3 juin, page 4, qui résume tout à fait bien ma pensée. je vous le réécris ci-dessus car il n'existe pas encore en version électronique (peut-être demain)
Mentir, ça coûte rien, ça rapporte à fond
Plus que cinq nuits dormir (ou se ronger les sangs) et on en aura fini avec cette campagne électorale, pendant laquelle l'argument de fond et l'urbanité ont bénéficié d'un temps de parole très inférieur à l'insulte, la mauvaise foi, le mensonge, le coup bas et la caricature (tout ça). C'est bien connu : racontez des fariboles sur l'adversaire, il en restera toujours quelque chose. Bousculés dans les sondages, les partis traditionnels ont utilisé ce truc sans vergogne, en s'efforçant en particulier d'assimiler Ecolo à un gros danger fiscal. Et ça a marché ? Pas mal, si l'on a bien capté de récentes conversations de table, de bistroquet ou du web. Lu sur le site d'un bloggeur dit influent : s'ils sont appelés au pouvoir, les verts devront prouver qu'« ils ont tiré la leçon des écotaxes et de la rage taxatoire des années 1999-2004 ».
Petit a : l'expression « rage taxatoire » (© Jean Gol) remonte au début des années 90 quand le PRL, alors dans l'opposition, fustigeait la politique d'assainissement du duo Dehaene-Moureaux.
Petit b : il a été question d'écotaxes en 1992-1993 quand les verts, alors dans l'opposition, ont été sollicités par Dehaene pour appuyer au Parlement la 4e réforme de l'Etat. Ecolo et Agalev ont alors monnayé leurs votes et exigé une fiscalité sur les emballages/produits jetables/non recyclables. Il n'y a pas à chipoter : sur le plan stratégique, c'était deux fois nul. Parce que la première véritable implication d'Ecolo dans le débat politique se soldait donc par une taxe. Et parce qu'il y avait d'autres noms à donner à cette fiscalité qu'un sobriquet rappelant si bien son instigateur.
Petit c : il faudra attendre 1999 pour que les verts entrent au pouvoir et composent les majorités arc-en-ciel avec les libéraux et les socialistes. On ne se souvient pas qu'ils en aient profité pour lever l'impôt. Mais Reynders aimera apprendre que cette législature 99-03, dont l'un des plus gros chantiers fut la réforme fiscale (baisses de l'IPP et de l'Isoc), a laissé le souvenir d'un acharnement taxatoire.
Les gens sont ingrats.
Pierre Bouillon