Sarah Turine

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mes billets d'humeur

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 9 décembre 2011

Mais qu’est devenu le combat antiraciste ?

Le MRAX va mal. Depuis un certain temps, certes. Depuis trop longtemps sans doute.

Conflit social à répétition opposant travailleurs et direction, divergences de vision et de priorités entre plusieurs tendances, claquement de portes d’anciens,… Jusque là, pas de quoi ébranler un parlement…

Pour qu’elles mènent à bien leurs missions, notamment de contre-pouvoir, il importe en effet de préserver l’indépendance politique des associations, même des associations qui reçoivent des subsides, tant que la transparence sur l’usage de ces subsides est effective et qu’elle ne démontre pas un mauvais usage de ces deniers publics. Le politique n’a donc pas à interférer sur les débats internes à une association.

Si on s’en tient à ce principe, on pourrait dire que le débat est clos, mais les signaux qui viennent depuis plusieurs mois maintenant semblent démontrer qu’au-delà d’un conflit social et qu’au-delà de divergences de visions, s’accroit un réel dysfonctionnement ne permettant plus à l’association de répondre correctement à ses missions.

Après une première enquête de la Communauté Française qui a conduit à la diminution des subsides d’éducation permanente, une enquête d’Actiris est en cours sur la mauvaise utilisation des contrats ACS.

Par ailleurs, la grogne monte aussi du côté du CA. Malgré le changement de président il y a quelques mois, la confiance est loin d’être rétablie. Bien au contraire, les dysfonctionnements pointés de ce côté-là à l'époque se confirment.

Le MRAX, l’association historique de combat contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie est-elle actuellement encore à-même de mener ses missions ?

Or on a besoin d'une association forte pour mener le combat antiraciste!

Au vu des signaux inquiétants que sont les actes racistes ou antisémites commis et relayés régulièrement par la presse, au vu des réflexes et dérives sécuritaires et de la normalisation de propos intolérants que certains donnent en réponse aux diverses crises économiques, sociales et démocratiques qui traversent l’Europe, il me paraît essentiel et urgent que celles et ceux qui travaillent au jour le jour dans la lutte contre le racisme soient les plus forts et crédibles possibles.

En disant cela, je sors évidemment de la réserve pourtant prônée plus haut sur l’indépendance totale du politique par rapport aux associations. Et en effet, je voudrais émettre quelques bémols à ce principe.

Tout d'abord, le politique seul ne combattra pas l’intolérance. Et donc en tant que politique, je ne peux que m’inquiéter de voir cette institution antiraciste historique sombrer de plus en plus bas dans des conflits qui n’ont rien à voir avec les missions de départ et dans des dysfonctionnements et pratiques pour le moins douteuses voire aux antithèses du projet démocratique défendu au départ.

Par ailleurs le silence dont ont fait preuve jusqu’à ce jour les partis progressistes, en raison de leur volonté de non immixtion dans le fonctionnement interne des associations laisse malheureusement la voie libre à d’autres représentants politiques qui n’hésitent pas à jeter le bébé avec l’eau du bain, à caricaturer le MRAX, à faire des amalgames populistes et à défendre une vision nettement moins progressiste de ce que doit être le combat antiraciste.

Le silence de ces partis est aussi problématique quand on sait que certains de leurs représentants, même si c’est à titre personnel, sont en fait très impliqués au MRAX et donc partie prenante d'une manière ou d'une autre dans le conflit.

Pour pouvoir faire la part des choses entre ces implications personnelles et le projet de combat antiraciste porté collectivement par les partis, il devient donc urgent que les partis politiques s'emparent du débat et se positionnent.

Il est aussi temps que soit sifflée la fin de la récré pour que les vrais enjeux de lutte contre le racisme ne soient plus délaissés.

En repartant du constat de la montée inquiétante des faits d’antisémitisme, d’islamophobie, d’homophobie et toutes autres formes de racisme, et de la nécessité d’avoir au moins une institution forte pour porter le combat antiraciste, quel rôle actif doivent jouer les politiques pour mettre sur pied ou pour soutenir les citoyens et le milieu associatif à la mise sur pied ou la remise en état d’une association forte, qu’elle s’appelle MRAX ou autre ?

Nous, partis politiques progressistes, nous devons nous poser ces questions et y apporter des réponses.

Pour ma part, je compte bien m’y atteler au sein de mon parti.

mardi 29 novembre 2011

Quel bourgmestre à Molenbeek?

Ce lundi 28, Ecolo-Groen Molenbeek annonçait les candidats désignés aux premières places pour tirer la liste aux prochaines élections communales. On y annonçait également nos priorités et notre volonté d'amener du dynamisme et de la créativité pour répondre aux défis nombreux de la commune (voir communiqué de presse). Défis auxquels la majorité actuelle représentée par Monsieur Moureaux, Madame Schepmans et Monsieur El Khanouss qui sont aux manettes ensemble depuis 5 ans a été incapable de s'atteler : manque de vision, de projet collectif, manque de temps consacré à la commune pour ces élus locaux qui cumulent avec des mandats de parlementaire et manque de courage politique pour prendre certaines décisions peut-être difficiles mais pourtant nécessaires si l'on sort de la vision à court terme.

Ce même jour, Françoise Schepmans répondait à Philippe Moureaux qu'elle aussi briguait le maïorat. Schepmans-Moureaux, Moureaux-Schepmans, c'est bonnet blanc et blanc bonnet! Peu importe qui sera bourgmestre, si c'est pour avoir une coalition sclérosée comme celle qu'on a aujourd'hui!

Au delà du choix du bourgmestre, il s'agit de voir avec quel projet pour Molenbeek chacun des partis, chacun des candidats viendra. En outre pour devenir bourgmestre à Molenbeek, il faut une coalition entre plusieurs partis, en plusieurs listes. Au vu du nombre de listes pressenties sur la commune, on peut dire que les jeux sont réellement ouverts et que le choix de l'électeur pèsera réellement sur le choix de la future coalition et donc sur le choix du ou de la future bourgmestre ... Et c'est tant mieux pour la démocratie!

jeudi 1 septembre 2011

Avenue du port : des alternatives étaient possibles

Avenue du Port : des alternatives étaient possibles. 

Une absence d écoute et de concertation consternante 

 

Nous avons appris avec consternation l absence de consensus au sein du gouvernement bruxellois concernant le réaménagement de l avenue du Port. 

 

Nous maintenons que ce projet n a plus de raison d être depuis l abandon du projet Bilc et qu il est inadapté aux défis à venir pour le quartier, la ville et la Région. Nous ne comprenons pas l obstination à vouloir continuer à réaliser ce projet à n importe quel prix. Des alternatives étaient possibles.

 

Si nous saluons la combativité des ministres verts qui ont tout fait pour faire évoluer ce projet, nous regrettons l absence d écoute de la ministre Grouwels  et d autres ministres face à une mobilisation locale massive, exemplaire, constructive, sans précédent, depuis le début du projet jusqu à cette  période de vacances scolaires. Faut-il seulement rappeler que c est eux qui vont vivre les conséquences de cette décision en premier ? Ce fossé entre les citoyens et la ministre à de quoi préoccuper et ne correspond pas à la démocratie telle que nous l envisageons.

 

Les défis concernant le réaménagement du quartier restent nombreux et importants. Il est fondamental de les envisager dans le cadre des accords de majorité régionaux, que ce soit en matière de durabilité, de mobilité et d embellissement.

 

Mandataires et militants écologistes, nous allons envisager toutes les pistes possibles pour un réaménagement de l avenue du Port qui permette le maintien des platanes et des pavés tout en assurant une mobilité confortable pour l ensemble des usagers de la voierie, qu ils soient piétons, cyclistes, automobilistes ou usagers des transports en commun actuels ou à venir.

 

Sarah Turine Secrétaire politique régionale

Pour le groupe local Ecolo de Bruxelles Ville: Zoubida Jellab et Marie Nagy, conseillères communales 

   

jeudi 16 juin 2011

Trop d'impôts?

« Trop d’impôt tue l’impôt », « rage taxatoire » et autres phrases qui ne veulent rien dire

Le Tax Freedom Day (ou « jour de libération fiscale ») est le jour fictif où le contribuable ne travaillerait plus pour payer ses impôts mais où ses revenus seraient dédiés à la consommation des biens qu’il a choisis individuellement. Ce jour est tombé le 10 juin en Belgique. Il s’agit en fait, un peu comme le concept de « rage taxatoire », de montrer aux citoyens qu’ils payent trop d’impôts ou de taxes.

Le 8 juin, jeunes - et moins jeunes - du MR ont fêté ce tax Freedom Day en distribuant des citrons dans les grandes gares. L’idée étant de dire que le belge est pressé comme un citron (si jamais vous n’aviez pas compris…). Au-delà de l’aspect bien démagogique de l’événement, on rappellera deux choses : Didier Reynders (MR) est ministre des Finances depuis 12 ans. Il a donc la main sur la majorité des dispositifs fiscaux. Ensuite, le Tax Freedom Day donne l’impression qu’on ne paye des impôts que pour « engraisser » l’État. Or, nos impôts permettent de payer les écoles où vont nos enfants, les hôpitaux où nous sommes soignés, les routes, la sécurité sociale, les pompiers, la police, etc. etc. Si nous devions payer individuellement pour les services financés actuellement par l’État, seuls les plus riches pourraient accéder à des soins de qualité, par exemple. Laissant de côté de nombreux citoyens.

Le Tax Freedom Day est donc un événement qui est censé rappeler que nous payons trop d’impôts. Et si je suis d’accord pour dire que certaines dépenses sont à revoir, surtout en période de crise, et s'il y a beaucoup d'améliorations à apporter au système fiscal pour le rendre plus juste (j'y reviendrai une prochaine fois), je rappellerai que c’est aussi un système de solidarité forte qui a permis à la Belgique de s’en sortir moins mal que les autres pays européens (cf. mon précédent post). De la part de responsables politiques dont le parti est au gouvernement, je trouve ça scandaleux et déplacé. C’est de la désinformation et cela induit une méfiance toujours accrue du citoyen envers les personnes qui essayent de gérer aux mieux, dans l’intérêt de tout le monde, les moyens mis à leur disposition.

Lors d’un colloque organisé dans le cadre des Rencontres de l'écologie politique au Parlement bruxellois sur l’accueil des primo-arrivants, des acteurs de terrain disaient à quel point il était précieux d’expliquer, à celles et ceux qui arrivent en Belgique, comment s’était construit et organisé notre système de solidarité. Ces mêmes acteurs se rendaient compte qu’il serait également opportun de faire ce rappel auprès des jeunes – et moins jeunes… - belges !

mardi 19 octobre 2010

Un compromis plutôt qu’une confrontation

Bart de Wever a échoué dans sa mission de clarification. En effet, il avait pour mission de clarifier les positions des 7 partis autour de la table, mais en fin de compte, il a surtout clarifié une position, la sienne. Pour le reste, il a proposé une note de compromis rédigée unilatéralement, disant d'abord qu'elle était à prendre ou à laisser, ensuite que des amendements étaient possibles, pour terminer hier soir par dire que c'était sa dernière offre, qu'il ne pouvait pas descendre plus bas.

Tout cela semblait en fait bien orchestré. Après avoir dit que c'était à prendre ou à laisser, que c'était un exercice périlleux pour lui car il faisait de fameuses concessions par rapport aux exigences de son parti, il a transmis cette note à la presse en même temps qu'aux partenaires de la négociation, pour autant que ce mot ait encore un sens.

Fallait-il alors s'étonner que les médias s'intéressent à la réaction des autres partis autour de la table ?

Nous avons pris 5 heures pour la première lecture avant d'exprimer une première réaction qui était certes critique mais qui laissait la porte ouverte à la discussion et à la négociation.

Le clarificateur nous avait laissé jusqu'au lendemain pour transmettre notre réponse circonstanciée, ce que nous avions l’intention de faire. Mais voilà que dès le lundi matin, s'offusquant des premières réactions (que lui-même a provoqué finalement en rendant sa note publique), Monsieur De Wever tire les conclusions avec son fameux "Fabula acta est".

Toujours constructifs, nous lui avons néanmoins transmis notre contribution, comme l'ensemble des autres participants d'ailleurs, pour l’heure prévue.

Alors qu'il est encore chez le chef de l’Etat, son groupe dépose la proposition de loi pour la scission de BHV. En sachant pourtant que la voie unilatérale n’aboutira jamais. Une provocation de plus.

Dans Ter Zake, le soir, il annonce que c'était son offre minimale (en fait maximale) et qu'il ne peut descendre en dessous. Il ne voit pas comment retourner à la table des négociations, parlant d'une humiliation de la part des francophones.

Si Monsieur De Wever avait lu les communiqués du dimanche soir et les contributions du lundi après-midi avec la même attention que celle que nous avons consacrée à la lecture de sa note, il pourrait très difficilement parler d'humiliation et de refus total de la part des francophones.

Mais en fait, c'est à croire que ça l'arrange, car sa logique est celle de la confrontation. Il a presque réussi, hier, d'ailleurs, à remonter en deux fronts, en deux blocs opposés l'un à l'autre, les Flamands contre les francophones.

Je dis presque car si on lit attentivement les interventions des participants autour de la table, on s'aperçoit à l’analyse, que plusieurs opinions ne sont pas si divergentes que cela de part et d'autre de la frontière linguistique. Bien sûr la méthode est différemment appréciée de part et d'autre, mais sur le fond, plusieurs critiques sur le texte de Bart De Wever convergent chez plusieurs négociateurs : modèle pas mûr, appauvrissement de Bruxelles et de la Wallonie, affaiblissement trop important de l'Etat fédéral pour qu'il puisse mener ses missions (notamment financement des pensions et de la sécu), négation de Bruxelles.... En outre, la volonté de continuer à négocier est réelle des deux côtés.

Nous ne pouvons jeter à la poubelle tous les projets de solutions qui ont pris corps durant ces 4 mois. Ce serait une injure à la démocratie et une claque pour les citoyens qui en ont marre et qui n'attendent qu'une chose, à savoir que des solutions soient trouvées et qu'un Gouvernement soit enfin nommé.

La logique de la confrontation peut amener le conflit mais certainement pas sa résolution. Seul un compromis issu de négociations et discussions collectives avec l'ensemble des partenaires peut aboutir à une pacification et à une solution durable. C'est ce que nous nous appliquons à faire avec Groen. Même si nous pouvons parfois connaître des divergences (principalement sur le dossier communautaire d'ailleurs), ensemble, nous cherchons la voie du possible, la voie concertée.

Il est plus que temps que Bart De Wever arrête de jouer au chat à la souris. Car dans un compromis, il ne peut y avoir un gagnant et des perdants. Tout le monde doit être prêt à gagner un peu et perdre un peu pour que les citoyens, eux, ne soient pas perdants.

samedi 24 avril 2010

Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens

De l'Arménie à Bruxelles-Hal-Vilvoorde

Ce proverbe africain a été cité par Monsieur Mahmourian dans son discours lors de la 95ème Commémoration du Génocide des Arméniens qui se tenait, comme chaque 24 avril, ce midi à Ixelles. Autour de lui, bien sûr de nombreux Arméniens, mais aussi des représentants de la communauté juive et de la communauté rwandaise et des représentants de la classe politique (en tout cas d'Ecolo, notamment Christos Doulkeridis, Isabelle Durant, Barbara Trachte,et moi-même, quelques-un du MR étaient aussi présents).

"Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens" prend tout son sens dans la bouche d'un représentant d'un peuple victime d'un génocide. La mémoire du passé, aussi tragique et terrifiant soit-il, est importante. Importante pour le peuple en question. Une jeune fille disait dans un poème "On m'a assassiné et j'ai survécu". Pour ne plus uniquement survivre, mais pouvoir revivre, vivre dignement, un peuple doit retrouver son intégrité, doit connaître son histoire pour anticiper les menaces. Cette mémoire du passé est nécessaire pour les autres aussi, les descendants des génocidaires, mais aussi l'ensemble des êtres humains. Quand l'homme est capable, collectivement et froidement de commettre un acte d'une telle barbarie qu'est tout génocide, on ne peut pas se le cacher, ni l'oublier. La conscience de chacun d'entre nous doit le savoir. C'est une des balises nécessaires pour que cela ne se reproduise plus.

"Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens", Monsieur Mahmourian a aussi adressé ce message aux Belges et à sa classe politique. A l'heure où notre pays frise la crise de régime, où chaque minute qui passe semble radicaliser les propos et les positions de part et d'autres de la frontière linguistique, ce message je l'ai reçu comme une proposition de sagesse. Ce conflit est bien sûr lié à nos identités multiples de Belge, et à notre histoire. Quand en 1795, la France a repris les territoires de la future Belgique aux Hollandais, et a divisé ce territoire en arrondissement, il y avait l'arrondissement de la Dyle reprenant Bruxelles et les deux Brabants. Ces territoires sont intrinsèquement liés depuis longtemps et les langues françaises et néerlandaises s'y sont frottées depuis longtemps également. Il suffit d'écouter le dialecte bruxellois pour s'en rendre compte. Mais ce conflit pourrit aussi l'atmosphère et empêche la classe politique de s'emparer à bras le corps des enjeux sociétaux, sociaux, économiques et environnementaux.

En tout cas s'il est nécessaire d'arriver urgemment à un accord négocié et équilibré sur les questions liées à l'arrondissement de BHV, il est aussi nécessaire que chacun d'entre nous, du Nord et du Sud, nous puissions regarder d'où nous venons, nous Belges,accepter l'inextricable histoire commune des néerlandophones et des francophones, des Flamands, des Bruxellois et des Wallons plutôt que de spéculer sur les résultats électoraux si nous voulons trouver une solution durable et acceptable par tous.

mercredi 3 juin 2009

Rage taxatoire?

Le MR nous accuse de rage taxatoire... Pierre Bouillon, journaliste au Soir a écrit un billet d'humeur dans Le Soir de ce mercredi 3 juin, page 4, qui résume tout à fait bien ma pensée. je vous le réécris ci-dessus car il n'existe pas encore en version électronique (peut-être demain)

Mentir, ça coûte rien, ça rapporte à fond

Plus que cinq nuits dormir (ou se ronger les sangs) et on en aura fini avec cette campagne électorale, pendant laquelle l'argument de fond et l'urbanité ont bénéficié d'un temps de parole très inférieur à l'insulte, la mauvaise foi, le mensonge, le coup bas et la caricature (tout ça). C'est bien connu : racontez des fariboles sur l'adversaire, il en restera toujours quelque chose. Bousculés dans les sondages, les partis traditionnels ont utilisé ce truc sans vergogne, en s'efforçant en particulier d'assimiler Ecolo à un gros danger fiscal. Et ça a marché ? Pas mal, si l'on a bien capté de récentes conversations de table, de bistroquet ou du web. Lu sur le site d'un bloggeur dit influent : s'ils sont appelés au pouvoir, les verts devront prouver qu'« ils ont tiré la leçon des écotaxes et de la rage taxatoire des années 1999-2004 ».

Petit a : l'expression « rage taxatoire » (© Jean Gol) remonte au début des années 90 quand le PRL, alors dans l'opposition, fustigeait la politique d'assainissement du duo Dehaene-Moureaux.

Petit b : il a été question d'écotaxes en 1992-1993 quand les verts, alors dans l'opposition, ont été sollicités par Dehaene pour appuyer au Parlement la 4e réforme de l'Etat. Ecolo et Agalev ont alors monnayé leurs votes et exigé une fiscalité sur les emballages/produits jetables/non recyclables. Il n'y a pas à chipoter : sur le plan stratégique, c'était deux fois nul. Parce que la première véritable implication d'Ecolo dans le débat politique se soldait donc par une taxe. Et parce qu'il y avait d'autres noms à donner à cette fiscalité qu'un sobriquet rappelant si bien son instigateur.

Petit c : il faudra attendre 1999 pour que les verts entrent au pouvoir et composent les majorités arc-en-ciel avec les libéraux et les socialistes. On ne se souvient pas qu'ils en aient profité pour lever l'impôt. Mais Reynders aimera apprendre que cette législature 99-03, dont l'un des plus gros chantiers fut la réforme fiscale (baisses de l'IPP et de l'Isoc), a laissé le souvenir d'un acharnement taxatoire.

Les gens sont ingrats.

Pierre Bouillon

dimanche 31 mai 2009

L'écologie politique est intrinsèquement sociale

Le PS accuse Ecolo de faire de l’écologie non-sociale, voire de l’écologie de droite. Pour ce faire, ils se basent notamment sur le fait que les primes énergie ne bénéficieraient qu’aux communes riches et qu’elles ne viseraient que les propriétaires. Ils se trompent ou sont malhonnêtes. La politique menée par ECOLO au Gouvernement bruxellois a vraiment été une politique sociale.

La libéralisation du secteur du gaz et électricité a été accompagnée à Bruxelles de règles sociales strictes

L'ordonnance bruxelloise gaz-elec garantit le droit à l'énergie et protège le consommateur contre les abus des fournisseurs et a été saluée par les associations de consommateurs et les acteurs de la lutte contre la pauvreté parce qu'elle. Pour 40.000 coupures en Flandre au moment de la libéralisation, il y en a eu 100 tout au plus à Bruxelles. Et même les fournisseurs étaient au départ un peu inquiets de ces règles. Maintenant, ils sont là et jouent le jeu.

Les primes à la rénovation sont plus sociales

Les primes à la rénovation ont été réformées pour les rendre plus sociales, notamment grâce au mécanisme d’avance sur investissement qui n’existait pas auparavant (quand c'était géré par le PS). De ce fait, les ménages modestes constituent la moitié des demandeurs. Combinées avec les primes énergie, les primes réno permettent de financer jusqu’à 90% de l’investissement énergie. Bref, avec la prime réno, la prime énergie, la déduction fiscale et le prêt vert social, tout investissement énergétique est aujourd’hui accessible aux ménages modestes bruxellois.

Un prêt vert à taux zéro

La mise en oeuvre du prêt vert social permet l’accès de tous aux primes énergie. Des personnes qui n'ont aucune réserve d'argent, aucune épargne, ni trésorerie peuvent malgré tout lancer des travaux en recevant un prêt à 0% de la part de Credal pour tous travaux permettant de mieux isoler son habitation. 7 mois après le lancement, 240 dossiers sont ouverts, alors qu’on en attendait 100 pour cette première phase! Beau succès donc!

L'accès au logement passif pour tous

L'accès au logement passif pour tous commence à être possible au travers de l'appel à projet bâtiments exemplaires. Voici quelques sxemples : 14 logements passifs au coeur de Molenbeek pour grandes familles défavorisées (je vous en ai déjà parlé), des bâtiments CPAS, des logements sociaux à Jette, des maisons de repos, des institutions pour personnes handicapées. ECOLO a mis la performance énergétique à la portée de tous les bruxellois.

Primes Energie

Les habitants des 19 communes bruxelloises ont eu recours aux primes énergie de la Région. De manière générale, des communes au revenu moyen inférieur à la moyenne régionale ont bénéficié plus que ce à quoi on s’attendait au regard du nombre d’habitants. C’est le cas de Berchem, Ganshoren, Forest. Il y a donc eu un effet redistributif vers des communes « pauvres ». Notons aussi que les habitants de Schaerbeek - qui n'est pas une commune particulièrement riche - ont bénéficié de 562.000 EUR de primes en 2008, soit 10% du montant disponible pour les particuliers en 2008. En fait, ce qui influence la répartition communale des primes, c’est la présence ou non d’une politique énergétique au niveau communal. Il y a des communes où les collèges en place ont fait de la réduction de la facture énergétique de leurs concitoyens un enjeu et qui informent les habitants sur les réductions fiscales, primes, etc. disponibles. En d’autres mots, quand il y a des échevins verts dans les communes (Watermael et à Schaerbeek par exemple), les habitants sont informés des moyens financiers existants et les primes sont demandées. Quand il n’y a pas d’échevin vert (Molenbeek, Saint Josse, Anderlecht, bruxelles ville où le PS est dans la majorité), les habitants sont laissés sans information.

Alors Ecologie sociale versus Ecologie libérale? Non, l'écologie politique telle qu'au coeur du projet d'Ecolo est dans son essence-même sociale

Depuis des années, nous répétons au PS que la question énergétique est la nouvelle question sociale. Pourtant, le PS n'entend toujours pas. C'est une secrétaire d'Etat socialiste bruxelloise, compétente pour le logement social, qui a refusé la demande d'ECOLO de fixer des critères de performance énergétique élevés pour le logement social sous cette législature. Les locataires des logements sociaux continueront donc de payer des factures énergétiques supérieures à leur loyer. C'est ça l'écologie sociale qu'ils prônent? Non merci.

jeudi 7 mai 2009

Je vous parle un peu de foot.... et de paix....

Match de foot pour la paix entre le Brussels et l'équipe nationale de Palestine

Lire la suite...

samedi 11 avril 2009

Sans papiers :Turtelboom est en train de réussir le pire : banaliser l'indignité

En lisant cet article du Soir, j' ai senti s'éveiller en moi un sentiment de honte et de colère.

Honte car, ces derniers temps, j'avais laissé petit à petit la flamme de l'indignation par rapport à la situation des sans-papiers s'atténuer. Non pas qu'il y ait moins de raison d'être indignés. Bien au contraire. Mais un certain sentiment de lassitude, d'impuissance et de fatalité par rapport à ce combat pour la dignité qui erre sur une voie sans issue depuis qu'une certaine Turtelboom en a la charge au Gouvernement.

Et colère car je n'arrive pas concevoir quelle valeur, quelle idéologie, quel projet de société un rien démocratique peut inspirer la Ministre et lui laisser emmener dans un tel marasme ces milliers de personnes qui n'ont rien fait d'autre que de ne pas être là où on voudrait qu'ils soient où être là où on ne veut pas qu'ils soient.

Colère aussi car les partenaires au Gouvernement ne semblent pas prêts à mettre tout leur poids dans la balance pour tenter d'arriver à une solution digne.

Colère et honte aussi de cette Europe Forteresse que nous sommes en train de construire. Comme nous le rappelle l'édito du dernier Courrier International, le 31 mars dernier, au large des côtes lybiennes, un navire transportant plus de deux cents clandestins a fait naufrage. 21 morts et 213 disparus. Vraisemblablement 230 morts. Chiffre plus ou moins similaire au nombre de victimes du tremblement de terre en Italie.

Sur une année, combien de migrants tentant de rejoindre l'Europe trouvent la mort avant de trouver asile? C'est tellement régulier que c'en devient banal?

Les grèves de la faim des sans papiers chez nous aussi? Madame Turtelboom, vous avez au moins réussi le pire : banaliser ce qui est pourtant indigne de toute société démocratique, laisser des gens errer sans reconnaissance de leurs droits et sans issue vers un avenir digne de ce nom.

- page 1 de 2