Sarah Turine

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Elections Fédérales 2010

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mardi 7 septembre 2010

Bruxelles bilingue

Un jour, je suis dans le métro avec mon fils. Sachant lire depuis quelques mois, il éprouve un malin plaisir à déchiffrer les noms des stations de métro. A la première station, "Etangs Noirs", il exprime des difficultés à lire la suite "Zwarte Vijvers", c'est alors que je lui explique que toutes les indications sont écrites en français et en néerlandais, vu que Bruxelles est bilingue. Le jeu qui suit est évidemment de deviner ce qui est en français de ce qui est en néerlandais. C'est alors que nous arrivons à Maalbeek/Maelbeek. "Dis maman, lequel est en français, lequel est en néerlandais?" Je ne sais plus ce que je lui ai répondu, mais peu importe. Bruxelles est tellement bilingue que les deux identités linguistiques ne sont pas toujours séparables, voire identifiables! C'est Bruxelles, et quelque chose de Bruxelles et des Bruxellois est profondément et indéfectiblement attaché aux deux identités ensemble, l'une néerlandophone, l'autre francophone!

Bruxelles au coeur des négociations

Durant ces premières longues semaines de négociations , il m'était difficile d'exprimer ici mes humeurs au risque de briser la nécessaire discrétion qui entourait la préformation. Aujourd'hui, c'est une autre phase qui commence, Je peux dès lors m'exprimer, en prenant un peu de recul, sur les enjeux qui ont été (et qui seront encore) au centre des discussions.

Et vous l'aurez compris, j'ai envie de parler de Bruxelles. Bruxelles, le coeur. Le coeur de ces négociations, le coeur de la Belgique. Bruxelles c'est une multiple capitale,et comme toutes les grandes capitales, c'est une ville cosmopolite et multiculturelle.

Mais la Bruxelles dont j'ai envie de parler est celle qui est LE lieu de rencontres entre les cultures germaniques et latines, La Bruxelles bilingue, (chantée par Brel).

Quand certains minimisent l'importance des cultures francophone et néerlandophone à Bruxelles en disant que Bruxelles est avant tout multilingue et que l'on y parle presque autant arabe que français, qu'on y parle plus anglais que néerlandais, quand d'autres minimisent le rôle des néerlandophones à Bruxelles en disant qu'ils ne représentent que 5% des Bruxellois, j'ai envie de leur dire qu'ils se trompent de combat et qu'ils méconnaissent l'identité bruxelloise.

La région toute entière est imprégnée de bilinguisme. Il ne s'agit pas ici que des symboles du Manneken Pis, de Bossemans et Coppenolle ou du théâtre de Toone. Il s'agit aussi ici de toute une frange de la population bruxelloise de souche, certes âgée, qui s'exprime, non pas (ou non plus) en brusseleer, mais en bilingue, enchaînant mots français et néerlandais dans une même phrase. Font-ils partie des 5% de Flamands? des 65% de Francophones? Qu'on aille leur demander, je ne suis pas sûre qu'ils aient envie d'être classés d'un côté ou de l'autre. Il s'agit aussi des couples bilingues. Mais aussi et surtout, pour la majeure partie de la population bruxelloise, il s'agit de l'environnement marqué par la présence de l'autre langue. Que l'on soit francophone fréquentant une école néerlandophone, ou inversement, ou que l'on travaille dans une entreprise ou une association bilingue où chacun s'exprime dans sa langue. Que l'on prenne un verre au Walvis ou au Belga, que l'on assiste à un spectacle sous-titré au KVS ou au Théâtre National, que l'on regarde les films au cinéma en B.O avec sous-titré bilingue , sans compter des initiatives comme le Kunstenfestivaldesarts, Bruxellesnousappartient-Brusselbehoortonstoe, Jaune toujours.

Tout cela n'est pas que du vent ni que l'expression volontariste de quelques doux rêveurs romantiques. C'est l'expression d'une réalité, celle d'un environnement, d'une ambiance, d'une région bilingue.

Bruxelles, région bilingue à part entière

Certains partis flamands voudraient voir la Région bruxelloise cogérée par les deux Communautés flamande et française, osant aller jusqu'à reprocher à celles et ceux qui revendiquent l'autonomisation de la Région bruxelloise de faire le lit du séparatisme, prétextant que la cogestion permet un lien indéfectible et que le tout aux Régions tue les liens horizontaux et permet plus facilement la fin de la Belgique!

Reconnaître Bruxelles comme une région (bilingue) à part entière n'empêche pas que les Communautés coexistent. C'est vrai que la Flandre a fusionné ses deux institutions, mais la Wallonie est bel et bien un région à part entière et les Communautés française et germanophone y jouent un rôle essentiel. Et A Bruxelles, le rôle que jouent la Communauté Française et la VGC est extrêmement important.

Mais doit-on pour autant nier le fait bilingue? Doit-on lui mettre des bâtons dans les roues? Pourquoi n'existe-t-il pas d'écoles bilingues? Pourquoi les associations doivent-elles choisir leur sexe linguistique?

Il est plus que temps de faire sauter les verrous. S'il est important de respecter chaque citoyen dans son identité linguistique et de lui assurer ses droits, surtout quand il appartient à la minorité (flamande à Bruxelles, francophone dans les communes à facilités de la périphérie de Bruxelles), il est urgent de favoriser les rencontres, de faire sauter les verrous empêchant l'organisation de la collectivité bilingue.

Les listes bilingues

Sans doute le premier verrou à faire sauter est celui de la question électorale au niveau régional.Actuellement, les listes bilingues sont interdites aux élections régionales. Pour l'instant, chaque électeur doit choisir son collège, francophone ou néerlandophone. Les élus bruxellois ne représentent donc qu'une communauté (contre l'autre?). Le Gouvernement se constitue donc en deux phases simultanées : une majorité francophone se met en place parallèlement à une majorité flamande. Ensuite ils doivent co-gérer la région.

SI demain, des listes bilingues sont autorisées, (avec un mécanisme assurant néanmoins la représentation de la minorité néerlandophone au Parlement et au Gouvernement), tout le rapport entre les représentants politiques néerlandophones et francophones en sera changé, car ils seront tous représentants de l'ensemble des Bruxellois. Ca n'a l'air de rien, mais ce peut être le début d'une petite révolution copernicienne et tout à fait positive pour Bruxelles. Moi je vote pour.

mardi 8 juin 2010

Tant de défis à relever... au quotidien!

Quel avenir pour la Belgique? Quels emplois pour les jeunes? quelle agriculture soutenir? Comment améliorer la sécurité?

Lundi soir, Jacky Morael et moi-même étions les invités de l'émission de la RTBF "AU quotidien", émission durant laquelle 8 citoyens nous ont posé des questions sur notre projet de société. Ce furent 40 minutes de questions-réponses riches et diversifiées. Faire ce duo avec Jacky fut un réel plaisir. Nous y avons abordé bien entendu l'avenir de la Belgique, la crise socio-économique et les solutions pour permettre aux gens de vivdre dignement, aux jeunes de trouver un emploi. Nous avons aussi parlé d'environnement, de nucléaire et d'agriculture. Par mail certains téléspectateurs ont aussi posé des questions sur la fiscalité et sur la sécurité.

On peut revoir l'émission ici

lundi 7 juin 2010

L'égalité femmes-hommes : à acquérir!

__Les femmes n'exercent le droit de vote en Belgique que depuis 1948 et il faudra attendre les années 70, sous l’impulsion des femmes elles-mêmes, pour que davantage de femmes soient présentes en politique. 40 ans plus tard, force est de constater que si l'égalité de toutes et tous constitue toujours un enjeu majeur de la démocratie, cette égalité reste à conquérir.

Nous, les femmes candidates sur les listes Ecolo, sommes engagées pour une société profondément plus juste et égalitaire. Nous portons 5 priorités pour la prochaine législature fédérale :__

1° La réduction des inégalités professionnelles et salariales

grâce à une évaluation des politiques sociales sous l'angle du genre, la mise en place d'initiatives concrètes pour mettre fin aux temps partiels non-choisis et à la dérégulation du travail, la réalisation de l'égalité salariale et la garantie de pensions décentes pour les femmes.

2° L'individualisation des droits et l'égalité en matière fiscale

par la réalisation progressive de l'individualisation des droits sociaux, indépendants à terme de la situation familiale de tout individu, et l'élargissement de ces réformes à l'impôt des personnes physiques.

3° Une lutte encore plus efficace contre les violences faites aux femmes

par la prévention, un soutien aux victimes suffisamment financé, un renforcement du dispositif judiciaire en la matière.

4° La promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes au sein de l'Union Européenne et dans les relations Nord-Sud

par le soutien à la Clause de l'européenne la plus favorisée, le plaidoyer en faveur de l'alignement des législations européennes sur les critères les plus progressistes en terme d'égalité, un soutien particulier aux femmes migrantes, des politiques de coopération alliant genre et développement durable.

5° La garantie de l'accès des femmes aux soins de santé

par l'amélioration du cadre de vie, une meilleure prise en charge de la santé reproductive et périnatale, l’élargissement du dépistage organisé du cancer du sein à d’autres tranches d’âge, la lutte contre les troubles du comportement alimentaire chez les jeunes filles.

La présence des femmes en politique est un indicateur du rôle des femmes au sein de la société et du degré de démocratie dont celle-ci est dotée. Chez Ecolo, nous appliquons ce qu'on appelle "la tirette" stricte, à savoir que nos listes sont composées d'autant de femmes que d'hommes (plus un ou moins un) en alternance stricte.

Si vous voulez soutenir le travail fait en cette matière, voici le nom

des candidates bruxelloises à la Chambre (membres de la commission ecolo une femme-un homme) :

Zoé Genot, Sarah Turine, Evelyne Huytebroeck, Tamimount Essaidi, Marie-Rose Geuten, Anne Herscovici, Marie Nagy, Anna Zawadzka

des candidates bruxelloises au Sénat (membres de la commission une femme-un homme) :

Isabelle Durant, Zakia Khattabi, Saskia Bricmont

jeudi 3 juin 2010

Ecolo et Groen traversent le pays en train pour présenter leurs engagements communs en matière socio-économique, de politique énergétique et de mobilité

Mercredi, nous avons parcouru la Belgique en train. On a choisi de mener cette action via le train qui symbolise autant l’économie verte que le dialogue entre le nord et le sud d’Arlon à Ostende et d’Ostende à Arlon. Pour les écologistes, c’est à travers le dialogue que l’on trouvera des solutions, pour construire une Belgique durable.

Ecolo et Groen ! travaillent ensemble depuis 1983. Ces trois dernières années, les parlementaires écologistes ont déposé 156 propositions de loi communes à la Chambre des représentants. Partis responsables, Ecolo et Groen ! ont participé ensemble, depuis l’opposition, aux dernières négociations institutionnelles pour trouver des solutions équilibrées.

Durant cette journée, nous avons signé une charte comprenant 10 engagements faits aux citoyens dans ces différentes matières.

Une vidéo résumant la journée est disponible ici

Dix engagements envers le citoyen pour une économie durable

A travers cette charte, Ecolo et Groen ! s’engagent à mettre une économie durable sur les rails pendant la législature 2010-2014. Pour les écologistes, nous ne pourrons sortir de la crise économique, de la mauvaise situation budgétaire et de l’incertitude quant à l’emploi que par la mise en place d’une économie verte et durable. Ecolo et Groen ! prennent donc aujourd’hui 10 engagements envers le citoyen :

1. Réduire le coût du travail afin de créer de l’emploi. La solidarité sera assurée par un transfert de la fiscalité sur le travail vers une taxation de la spéculation boursière et des comportements les plus polluants, en luttant contre la grande fraude fiscale et en conditionnant les intérêts notionnels à la création d’emplois durables et à l’innovation.

2. D’ici 2020, investir massivement dans l’énergie verte afin que 27 % de notre électricité provienne de sources d’énergies renouvelables. Ces investissements seront financés par la rente des surbénéfices des centrales nucléaires.

3. Rendre les bâtiments publics performants et économiser ainsi 5,2 milliards d’euros sur leurs factures énergétiques d’ici 2030. Cela permettra de créer des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur de la construction.

4. Offrir un service de qualité en investissant fortement dans des transports publics sécurisés, ponctuels et modernes. Mettre à disposition de chaque travailleur un budget mobilité qui l’encourage à se déplacer en transports en commun, à vélo ou à pied.

5. Fermer les centrales électriques les plus polluantes sans menacer l’approvisionnement énergétique et respecter la loi de sortie du nucléaire.

6. Encourager les processus de production qui réduisent l’empreinte écologique. Inciter les industries à réfléchir au recyclage dès la conception du produit et grâce à ces investissements, créer des emplois durables.

7. Renforcer les secteurs de l’économie sociale et de la santé. On ne pourra qualifier notre économie de réellement durable que si tous les citoyens, même ceux qui éprouvent plus de difficultés à s’insérer dans le monde du travail, peuvent trouver une place.

8. Soutenir davantage les PME et les agriculteurs qui produisent pour les marchés de proximité. Les productions locales permettent la création d’emplois durables et respectent l’environnement notamment par la réduction des transports.

9. Encourager les centres de recherche et les entreprises à se tourner vers le développement durable et l’innovation. Le gouvernement lancera des marchés publics qui intègrent l’utilisation de produits durables.

10. Soutenir les parents dans les moments les plus intenses de leur carrière, via le congé parental et l’investissement dans l’accueil de la petite enfance et permettre aux travailleurs plus âgés de rester plus longtemps dans le monde du travail grâce à des conditions de travail adaptées.

dimanche 30 mai 2010

Congo - 50 ans d'indépendance... Dans tous les domaines?

Décidément, je ne choisis pas les sujets les plus faciles pour ce blog... Mais ce sont probablement ces questions complexes non simplifiables en un schéma binaire et rassurant qui m'intéressent le plus. Après les prisons, l'indépendance du Congo. J'étais invitée ce samedi à en discuter dans le cadre des deux journées d'ateliers et réflexions organisées par Synergie ChaCha (consortium d'associations belgo-congolaises). L'histoire coloniale et celle des indépendances, comme le droit à l'auto-détermination et à l'autonomie m'ont toujours passionnée, notamment dans le cadre de mon emploi précédent, dans la coopération au développement.

En quelques mots trop rapides, je souhaiterais l'aborder ici en évitant le double écueil du "sanglot de l'homme blanc" et du discours néocolonialiste, discours malheureusement en voie de résurgence. Souvenez-vous, par exemple du discours hallucinant de Nicolas Sarkozy à Dakar : "Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles." Ceci a bien été prononcé le 26 juillet 2007, et pas cent ans plus tôt.

Je voudrais ici insister sur un aspect de la question qui me paraît trop souvent ignoré, et dont témoigne probablement ces propos de Sarkozy: si, politiquement, l'époque coloniale est très largement terminée, dans bien d'autres domaines, on est encore loin du compte. Economiquement, les échanges sont encore très largement inégaux et maîtrisés par le Nord, et c'est en partie à cette inégalité persistante en matière de division du travail mondial que nous devons la richesse relative que nous connaissons. Industries extractives et productions des matières premières au Sud, connaissant des conditions de travail indécentes, et travail à haute valeur ajoutée au Nord. Culturellement, les flux Nord-Sud sont bien plus nombreux que les flux Sud-Nord et je ne suis pas tout à fait sûre que ce soit le meilleur de ce que nous produisons qui parvient, par exemple, dans les rues de Kinshasa. Enfin, et peut -être surtout, il me semble qu'intellectuellement, nous n'avons peut-être pas suffisamment interrogé les schémas mentaux qui ont rendu la colonisation possible, et qui survivent peut-être (encore une fois, il suffit de lire le discours de Sarkozy pour s'en convaincre). Intuitivement, j'aurais tendance à penser que les écologistes sont doublement bien placés pour mener ce travail. En premier lieu, parce que, par la force des choses, ils n'ont pas été mêlés à cette histoire. Deuxièmement parce que le point de vue critique qu'ils ont toujours adopté à l'égard de toute vision naïve, linéaire et unique du progrès, fait d'eux, peut-être plus que d'autres, des personnes décolonisées dans leur tête, capables d'un point de vue réflexif et critique sur l'histoire de leur pays, qui n'est pas celle de leur parti.

Pour terminer sur une note optimiste, il me semble qu'énormément d'actions pourraient contribuer à ce travail que j'appelle de mes voeux. Je n'en citerai qu'une : pourquoi ne pas tenter de faire écrire une histoire commune de la colonisation belge, par des universitaires belges et congolais?

vendredi 28 mai 2010

Détention préventive? Une des questions à se poser dans le débat sécurité

Hier, j'ai eu le plaisir d'entamer la journée par un débat sur la sécurité, avec Armand De Decker. Vous voyez? C'est lui qui veut offrir une éducation militaire aux jeunes délinquants (j'ose espérer qu'éducation militaire ne signifie pas apprentissage du maniement des armes...).

Dans ce débat difficile sur la sécurité, où les simplismes des uns s'opposent radicalement à ceux des autres sans même s'écouter, j'ai toujours été frappée par l'invocation de la prison ou les centres fermés comme solution à nos maux. Sans angélisme aucun, il me semble qu'il s'agit là d'une solution scandaleusement court-termiste, plus dictée par une volonté de vengeance et de punition, que par une réflexion sereine. Mais après tout qu'y a-t-il de surprenant à voir les partis traditionnels être aussi court-termistes en matière judiciaire qu'ils le sont en matière économique et environnementale?

L'impasse et le point aveugle du raisonnement qui vise à augmenter le recours à la prison (et donc le nombre de places de celles-ci en vue de réduire la délinquance), c'est d'oublier qu'un jour... les détenus sortent de prison! Et que ce jour là, la crainte d'y retourner est - au moins - contrebalancée par un sentiment de révolte accru. Peu nombreux en effet sont les connaisseurs du monde carcéral qui contesteront que l'état déplorable de nos établissements pénitentiaires, le manque de possibilités de réinsertion, de travail social ou même médical, font de ces établissement des écoles du crime plutôt que des lieux de réflexion sereine sur ses erreurs passées.

Mais avant même la question de la sortie... se pose celle de l'entrée : Etopia organisait récemment une matinée de réflexions plutôt édifiante sur le recours à la détention préventive. On a pu y apprendre entre autres que la Belgique détient un des taux les plus élevés au monde de détenus préventifs (par rapport aux détenus condamnés). Bref, nous sommes parmi ceux qui enferment le plus avant jugement, et ce sans respecter les critères légaux pourtant très stricts de mise en préventive. Ainsi en 2009, 3725 des 10520 détenus dans nos prisons belges étaient en détention préventive. Soit plus de 35%! Or, selon les analyses des barreaux flamands, 50% des détenus en préventive ne sont finalement pas poursuivis ou pas condamnés. Alors en tenant compte de ces chiffres, Il me semble que lorsqu'on évoque la très inquiétante surpopulation carcérale et l'état déplorable de nos prisons, il y a là une piste trop peu souvent évoquée... Celle qui consisterait à ne pas enfermer plus préventivement que les pays qui nous sont immédiatement voisins... et qui ne m'ont pas l'air d'être de dangereux coupe-gorges! Vous avez vu "Un prophète" de Jacques Audiard?

jeudi 27 mai 2010

Je suis fâché mais j'irai quand-même voter parce que...

Action de campagne sur le marché de Molenbeek

La campagne électorale a commencé pour les Ecolos de Molenbeek ! Nous étions présents sur le marché de ce jeudi au centre de Molenbeek.

D'ailleurs, tout le monde était là : les électeurs potentiels faisant leurs courses sur le marché et tous les partis politiques. Enfin, pas tous les partis ! Ceux qui n'aiment pas Molenbeek n'étaient pas là, bien sûr ! Je parle des partis qui nous regardent de très loin et depuis les extrémités, de droites....

Nous étions présents, quelques militants du coins et puis nos candidats à la chambre. Et nous avions un petit jeu à proposer aux passants. Un vote sur le thème « je suis fâché mais j'irai quand même voter ». On soumettait un bulletin avec des propositions à cocher sur les raisons de voter. Nous avons rencontré peu de personnes fâchées d'aller voter, mais aussi peu de personnes conscientes de ces élections qui n'auraient pas dû avoir lieu. Ceux qui ont pris part à ce jeu de vote dans la rue étaient au nombre de 31. Nombreux ont été ceux qui ont coché plusieurs cases. Cela fait que chacun a coché un peu plus d'1 case et demi !

Et qu'ont-ils coché? Suite de l'article sur le site ecolo Molenbeek

jeudi 20 mai 2010

Ecolo : dix priorités pour le treize

Pierre Bouillon, du Soir, a fait une belle présentation de nos priorités dans le Soir du 15 mai : Dix priorités pour le treize Je vous invite à aller les lire!

lundi 10 mai 2010

13 juin 2010

affiche 2010

dimanche 9 mai 2010

Pourquoi aller voter?

En colère

Je suis en colère. D'abord comme citoyenne.

En colère parce que ce qui s’est passé ces dernières semaines, ça ne fait pas très sérieux.

Parce qu’on a l’impression que les politiques participent à une mascarade alors que les effets de la crise économique et financière continuent de se faire sentir, Inbev, Opel, Carrefour ne sont pas loin. Une nouvelle crise bancaire s'annonce...

Parce que l’Europe a le regard tourné vers nous à deux mois de la Présidence belge de l’Union européenne. Quelle image donne la Belgique, siège de la Capitale de l'Europe?

Parce que ce problème de BHV, on l’entend seriner depuis trop longtemps sans plus vraiment savoir de quoi il s'agit.

Je suis en colère comme écologiste aussi.

Nous les écologistes qui mettons un point d’honneur à défendre un projet de société qui dépasse les frontières linguistiques, nous Ecologistes du Nord et du Sud qui avons retroussé nos manches et qui, depuis les bancs de l’opposition avons participé aux négociations.

Oui, je suis en colère. Après avoir vu autour de la table de négociation des avancées de part et d’autres avec une réelle volonté d’aboutir, cette fois, à un accord, je suis sidérée de voir combien tout cela peut s’effilocher d’un coup si l’un des partenaires autour de la table ne joue pas avec les mêmes règles et ne prend pas ses responsabilités.

Mais que vais-je en faire de cette colère ?

Comme citoyenne, je pourrais bien sûr dire que je n’irai pas voter cette fois. Comme représentante politique, je pourrais aussi dire que je vais aux élections en marche arrière.

Mais, comme citoyenne et comme représentante politique, ai-je vraiment le droit de laisser tomber les bras, de laisser la démocratie s’enliser dans des querelles d’intérêts particuliers ?

Non, mille fois non !

Un nouveau souffle

Ne pas voter signifierait renoncer, rajouter du blocage au blocage, donner ma voix à d'autres qui ne pensent pas comme moi, au risque de laisser les mêmes gouverner avec des méthodes qui ne fonctionnent pas.

Les trois partis traditionnels (PS, MR, CDH) étaient dans ce gouvernement fédéral. Un gouvernement qui depuis son entrée en fonction est sans souffle, incapable de travailler collectivement et de porter un projet commun. Composé de partis politiques qui n'ont plus de liens avec leur ancienne famille de l'autre côté de la frontière même s'ils gouvernent ensemble au fédéral. Comment s'étonner dès lors que les négociations aient abouti à un blocage?

La génération écologiste est née alors que la frontière linguistique existait déjà. Et dès leur création les partis verts, Groen et Ecolo ont collaboré de façon structurelle, dépassant leurs divergences, se renforçant sur leurs points communs. Cette capacité d'ouverture et de dialogue a permis régulièrement de mettre des solutions sur la table. Cette capacité de transformer les divergences en solution par le respect et le dialogue, il semble qu'elle manque cruellement aux partis traditionnels.

Il est temps que prenne un peu plus de place cette nouvelle génération, la génération écologiste, une génération généreuse, respectueuse et solidaire.

Parce que s’il y a bien un parti politique qui a pris ses responsabilités et qui n’a pas mangé sa parole dans cette crise, c’est Ecolo (et Groen)

- Ecolo qui dans le cadre de ces négociations a travaillé en parfaite entente et concertation avec Groen tout en participant aussi à la concertation avec les autres représentants francophones.

- Ecolo (et Groen) qui depuis les bancs de l’opposition a accepté de participer aux négociations, malgré ses critiques profondes sur le fonctionnement et le manque de projets de ce gouvernement.

- Ecolo (et Groen) qui, dans ce dossier, comme dans tous les autres, a toujours gardé l’exigence d’une vision globale et cohérente portant des solutions durables à court, moyen et long terme.

Aujourd'hui, je dépasse ma colère. J'ai confiance en notre message écologiste, en notre force de changement responsable et je voudrais pouvoir amener les citoyens à garder confiance en notre démocratie, confiance en l’avenir, confiance en notre projet d’Ecologie politique.