Sarah Turine

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mardi 15 décembre 2009

Le nouveau décret "inscriptions" est arrivé!

A condition que cela ne devienne pas une tradition saisonnière, je ne suis pas mécontente de l'accord conclu par le gouvernement de la Communauté Française pour le nouveau décret inscriptions. Si bien entendu, il est le fruit d'un compromis entre trois partis politiques et de la concertation avec l'ensemble des acteurs, et si bien entendu on ne le considère pas comme le premier outil pour lutter pour plus de mixité scolaire et pour lutter contre l'échec scolaire, mais qu'on le voit d'abord et surtout comme un outil pour "réguler" les inscriptions et permettre un système d'inscriptions juste, non arbitraire, transparent et équitable, alors on peut affirmer qu'on est sur la bonne voie avec ce décret! Un formulaire unique qui permet de suivre le choix des parents tout en priorisant la mixité sociale et des critères diversifiés en cas de demande d'inscriptions plus nombreuse que le nombre de places disponibles. Plus d'infos sur ses caractéristiques ici

Il reste maintenant, et ce n'est pas une mince affaire, à travailler d'arrache-pied à l'amélioration des conditions d'enseignement pour lutter contre l'inégalité scolaire et contre l'échec scolaire. bon courage au Gouvernement!

jeudi 19 novembre 2009

Quand le défi de la mixité sociale rencontre celui du manque de places dans les écoles bruxelloises - 2ème épisode

Le sujet du boom démographique et du manque de places dans les écoles bruxelloises est venu en débat en séance plénière du Parlement par le biais d'une interpellation de Caroline Désir. Il m'a dès lors semblé important d'insister sur le lien à faire avec l'enjeu de mixité et d'inclusion de tous.

Voici mon intervention règlement) "

Madame la ministre, comme cela a déjà été évoqué lors des débats en commission, le boom démographique en Région bruxelloise ne doit pas être pris à la légère, je sais que vous en êtes consciente. Il serait judicieux que les différents ministres de la Communauté française s’en saisissent, en collaboration avec leurs homologues bruxellois. Nous nous félicitons de la proposition de Mme Huytebroeck d’organiser une conférence interministérielle et nous ne doutons pas que le sujet suscite l’intérêt de tous les ministres.

L’impact du boom démographique sur l’éducation nécessite de se pencher sur le manque de places, en tenant compte de la diversité socio-économique et culturelle de notre Région. D’après les chiffres du Bureau du plan et de Brussels Studies, le boom démographique entraînera un rajeunissement de la population. La dualisation socio-économique et le pourcentage de la population dont le français ou le néerlandais n’est pas la langue maternelle risquent d’augmenter. Bruxelles enregistre une hausse des flux migratoires externes de personnes bien souvent non francophones ou non néerlandophones, au statut socio-économique souvent précaire. Par ailleurs, Bruxelles déverse vers les deux autres régions des flux internes de migration de populations jeunes, aisées, avec enfants, alors que les populations défavorisées restent dans la Région. Ces populations défavorisées, en majorité d’origine étrangère et avec un taux de natalité élevé, se retrouvent surtout dans le croissant pauvre de Bruxelles. Ces éléments sont porteurs de perspectives d’aggravation des problèmes sociaux, scolaires et de ségrégation spatiale. Sur la base de ces constats, au-delà du nombre de places dans les écoles, il nous paraît essentiel d’assurer un renforcement des moyens pour l’apprentissage et la maîtrise de la langue de l’enseignement. Il ne faut pas oublier le défi de la mixité sociale. Dans l’élaboration du décret « inscriptions » en gestation ou pour d’autres mesures à venir, il faut assurer un renforcement de la mixité en termes d’infrastructures et d’encadrement et tout faire pour supprimer la dualisation que nous connaissons aujourd’hui dans l’enseignement. Madame la ministre, j’aimerais connaître votre opinion sur toutes ces dimensions."

La réponse de la Ministre ainsi que l'ensemble du débat seront bientôt disponibles sur le site du PCF.

lundi 26 octobre 2009

Quand le défi de la mixité sociale rencontre celui du manque de places dans les écoles bruxelloises

Ce mardi 27 octobre, j'interrogerai la Ministre Marie-Dominique Simonet sur la prise en compte dans le nouveau décret inscription de la problématique du manque de places dans les écoles de la région bruxelloise. Le texte complet de mon interpellation est en pièce jointe. Je vous informerai de la réponse reçue.

Le problème du manque de places que connaissent certaines écoles bruxelloises risque de croître durant les dix années à venir du fait de la croissance démographique importante attendue (170.000 habitants supplémentaires d’ici 2020).

Parallèlement à ce défi important à court et moyen terme auquel la Communauté Française devra répondre en termes d’infrastructures et de services publics, se pose évidemment le défi de la mixité scolaire.

Nous le savons, le temps presse pour mettre sur pied un nouveau décret qui régulera la question des inscriptions de la rentrée scolaire prochaine et des années suivantes.

Il me semble important, malgré les délais courts, de corréler ces deux défis.

En effet, pour ne prendre que deux exemples, quel pourrait être l’impact du maintien de l’adossement sur les inscriptions dans les écoles maternelles, elles qui subissent déjà un manque de places et la DPC voulant encourager par ailleurs la fréquentation de l’école dès l’âge de 3 ans.

Inversement, si le futur décret relatif à la régulation des inscriptions a pour objectif de permettre plus de mixité socio-économique dans les écoles, et donc devait proposer d’utiliser un indice socio-économique du quartier pour rendre prioritaires certains élèves, il y aurait un flux plus important dans un sens que dans l’autre : des élèves des quartiers défavorisés iraient dans des écoles de quartiers plus favorisés, l’inverse ne risquant pas de se produire. Cela aura donc un impact positif mais à court terme sur la question de surpeuplement qui risque de toucher certaines écoles secondaires au vu des prévisions faites. Cela pose aussi la question de la localisation idéale, sinon indiquée de nouvelles écoles, si on veut en même temps assurer un enseignement de proximité et de qualité tout en assurant que la mixité sociale puisse y trouver sa place.

Ce ne sont que deux exemples et il y en a certainement d’autres de corrélations et impacts prévisibles ou non à court et moyen termes que le futur décret relatif à la régulation des inscriptions pourrait avoir sur le peuplement des écoles primaires et maternelles et inversement que le problème de manque de places aura sur ce futur décret.

Nous verrons, mardi, les réponses proposées par la Ministre.

mercredi 14 octobre 2009

Un module d'éducation à la citoyenneté dès la première primaire?

Suite à mon élection au Parlement Régional Bruxellois le 7 juin dernier, je suis également sur les bancs du Parlement de la Communauté Française, ainsi que trois autres écolos bruxellois (Jacques Morel, Jean-Claude Defossé et Zakia Khattabi) où je suis, principalement les questions d'enseignement.

Hier en commission, j'ai profité d'une question sur l'état des lieux des outils qui ont été développés dans le cadre du Décret relatif à l'éducation à la citoyenneté (décret de 2007) pour insister qu'on aille plus loin qu'uniquement la mise en place d'outils pédagogiques. Ci-dessous mon interpellation.

"Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs débats ou évènements qui nous rappellent combien le « vivre ensemble », dans la société multiculturelle qu’est la nôtre n’est pas gagné ni inné. Aux questions d’exclusions, aux questions d’égalité de droits mais aussi de droit à la différence, aux questions des valeurs, le politique doit répondre, baliser le chemin et promouvoir toute action permettant à chacun de se sentir citoyen et de participer au « vivre ensemble ». On ne naît pas citoyen et démocrate, on le devient. On le devient si plusieurs conditions sont réunies : est citoyen celle ou celui qui se sent appartenir à la société dans laquelle où il vit, qui ne s’en sent pas exclus. Etre citoyen, cela signifie aussi adhérer à et respecter une série de règles permettant le « vivre ensemble ». Ces engagements citoyens s’apprennent et se vivent avant tout à l’école.

Dans la déclaration de politique communautaire, le Gouvernement propose de prendre des mesures complémentaires à celles du Décret relatif au renforcement de l’éducation à la citoyenneté.

Une de ces mesures m’apparaît comme extrêmement importante et urgente pour renforcer le dialogue interculturel. Il s’agit de l’étude de la mise en place d’un module d’initiation à la citoyenneté active et responsable commun à tous les élèves, de la 1re primaire à la 6e secondaire, y compris pour les élèves de l’enseignement spécialisé, de manière complémentaire à l’enseignement des cours de morale et de religion ; En effet le dialogue interculturel doit permettre à chaque élève d’être reconnu dans son intégrité tout en lui apprenant à reconnaître l’autre dans son intégrité à lui. L’écoute mutuelle, l’apprentissage de l’autre est une nécessité pour construire leur sentiment d’appartenance à la même cité, leur désir de citoyenneté.

Sans remettre du tout en question les cours confessionnels au sein de l’enseignement public, qui peuvent avoir une utilité (tant au niveau de la réflexion sur l’éthique et les valeurs que sur l’ancrage historique), une des faiblesses de notre système actuel est la différenciation des enfants en fonction de leur religion et la séparation pour justement discuter des questions de valeur et de vivre ensemble.

C’est dans ce cadre que je me permets, Madame la Ministre, d’insister auprès de vous pour prendre rapidement les mesures nécessaire pour l’étude de la mise en place d’un module d’initiation à la citoyenneté active et responsable commun à tous les élèves, de la 1re primaire à la 6e secondaire, y compris pour les élèves de l’enseignement spécialisé, de manière complémentaire à l’enseignement des cours de morale et de religion."

La Ministre a répondu plutôt positivement, d'autant que c'est dans la déclaration de politique communautaire, mais il faudra s'assurer du suivi qui en sera fait. En effet,même s'il existe déjà des outils pédagogiques (dans le cadre du décret relatif à l'éducation à la citoyenneté), ils sont utilisés sur base volontaire des enseignants et l'éducation à la citoyenneté ne fait pas encore partie intégrante du cursus scolaire.

mardi 25 août 2009

De retour... et vive la rentrée... scolaire...

Bon, je n'ai pas été très active sur le blog durant ces deux mois d'été... En effet, ce blog concerne mon activité politique et c'est vrai que j'ai pris des vacances et qu'en outre, tant au conseil communal, qu'au Parlement qu'à la Régionale Ecolo, ce fut assez calme. J'aurais pu néanmoins commenter l'actualité du jour, oui.... mais je le reconnais, j'ai préféré faire une vraie coupure...

Me revoilà donc! Assez en forme!

La tête pleine d'idées d'interpellations pour le Conseil Communal, prête aussi à affronter les questions cruciales qui se poseront pour l'enseignement en Communauté française, ...

En effet, cet été, je me suis penchée surtout sur les enjeux de l'école : l'urgente et épineuse crise des inscriptions qui, dès le 2 septembre, devra servir de leçon pour travailler à une solution durable pour les prochaines rentrées scolaires qui devra concilier l'objectif très important de mixité sociale et désirs légitimes des parents de garder une responsabilité et une certaine autonomie dans le choix de l'école de leur enfants et également aspects purement pratiques et logistiques pour éviter des blocages tels qu'on en connaît aujourd'hui. Mais au-delà de ce dossier épineux, la question de l'école sera bien plus large : pour la sortir du système actuel qui renforce les inégalités sociales, il faudra la repenser (une fois de plus?) dans son intégralité pour lui permettre d'être un outil adapté à la société d'aujourd'hui et un outil de justice sociale et d'émancipation critique. Enfin, si tel est le rôle qu'on lui confère.... En écoutant François Dubet, la semaine dernière à l'université d'été du Segec, on sent l'importance de requestionner le rôle et les fonctions de l'école dans notre société d'aujourd'hui. En Belgique, comme en France, l'école est considérée comme étant le seul chemin possible pour accéder à la réussite sociale. Sans diplôme impossible ou presque de réussir socialement parlant... Et pourtant, en Belgique, comme en France, notre système scolaire renforce les inégalités sociales... Le lien? Si c'est le seul moyen d'accéder à la réussite sociale, alors les parents cherchent la meilleure école à tout prix, les écoles ont tout intérêt à garantir la qualité maximale quitte à aller jusqu'à l'élitisme,... la concurrence et le marché scolaire s'installent... Ca peut paraître simpliste, ce n'est certes pas la seule explication, mais il est intéressant de tenir cela à l'oeil et d'interroger le rôle que l'on veut donner à l'école. L'école doit-elle être le seul lieu possible pour accéder à la réussite sociale? Et qu'en est-il de son rôle "d'instruction", d'approche du savoir et de la réflexion critique? Si ce sujet vous intéresse, lisez l'interview de Dubet dans la revue Politique.

Quoiqu'il en soit, je vous en reparlerai certainement! A tout bientôt!

dimanche 8 mars 2009

Oeuvrer au dialogue interculturel dans les écoles de Molenbeek

En janvier, le Conseil communal de Molenbeek a voté (Ecolo y compris) a voté une motion suite à la situation dramatique à Gaza. Outre la dénonciation de l’injustice et la violence des combats menés dans cette région du monde, cette motion pointait également les inquiétudes à avoir sur l’impact de ce conflit ici à Bruxelles, notamment dans l’intensification des tensions communautaires.

Sur proposition d'écolo, une des décisions de cette motion était d'inviter les écoles à organiser des activités oeuvrant au dialogue interculturel.

Les écoles démunies pour répondre à la nécessité de dialogue interculturel

Au conseil communal de février, je suis revenue sur le sujet. En effet, des échos que nous recevons, il semble que le conflit israélo-palestinien soit devenu l’étendard d’un combat contre l’injustice auquel nombre de jeunes et moins jeunes de nos quartiers se sont identifiés. Et face à l’expression de leur sentiment d’injustice, il apparaît que nos écoles et leurs instituteurs soient démunis d’outils appropriés pour y répondre.

Je vous donne un exemple, parmi d’autres, exemple anecdotique mais qui exprime le malaise tout à fait justifié que peut ressentir le corps professoral face à une expression collective qui les dépasse : dans une cour de récréation, il y a deux, trois semaines de cela, des enfants de 2ème et 3ème primaire ont commencé à imiter la manifestation du 31 janvier dernier en scandant « Israël, assassin, la Palestine n’est pas à toi » et se sont vus affligés d’une punition collective. La justification que les professeurs ont donné aux enfants « Si vous continuez, on va finir par dire « les Arabes dehors » ».

Bruxelles fragmentée en quartiers

Au-delà de l’émotion que peut susciter le drame qui se vit au quotidien dans la bande de Gaza, il est de notre responsabilité politique de s’interroger sur les raisons qui poussent les populations de nos quartiers à tant s’identifier à ce conflit en particulier. Et l’on peut aisément comprendre que la question identitaire et communautaire qui se pose pour les populations arabes et /ou musulmanes de nos quartiers et le malaise identitaire qui fait balancer les jeunes entre ici et là-bas soit une des raisons, même si elle n’est pas la seule.

Des études de plus en plus nombreuses montrent combien Bruxelles est fragmentée en quartiers et les jeunes, en particulier, sortent peu de leurs quartiers ou en tout cas fréquentent peu et connaissent peu les autres quartiers car ils s’y sentent mal à l’aise, voire étrangers. Ils restent donc non seulement confinés dans leur zone mais également préfèrent se regrouper selon leur appartenance culturelle, ethnique et/ou du pays d’origine. Et dans les quartiers plus précarisés, comme Molenbeek en connaît, il semble que cela soit encore plus marqué.

Le dialogue interculturel, une clé essentielle pour la citoyenneté

Or peu importe de quels quartiers ils viennent, tous ces jeunes sont bruxellois et doivent pouvoir avoir les outils pour comprendre leur ville multiculturelle, pour pouvoir saisir les opportunités de s’y sentir bien et d’y construire plus tard leur vie, d’y trouver un emploi,…

Au delà de la question de la réussite scolaire, il y a l’enjeu que tous ces jeunes se sentent appartenir à la même ville. Et que lorsqu’ils sortent du quartier et qu’ils se retrouvent face à d’autre Bruxellois, issus d’autres quartiers, avec un autre bagage culturel, religieux, socio-économique et/ou scolaire, ils ne se sentent pas perdus, ni étrangers.

Pour prendre un exemple concret : quand un enfant, issu d’une famille d’origine marocaine, de religion musulmane et que tant dans son quartier qu’à l’école, il fait partie du groupe majoritaire, que cet enfant reste confiné dans ce quartier où il se sent bien, sans doute aussi parce qu’il a le sentiment de faire partie du groupe majoritaire et qu’il se sent donc chez lui, en terre connue, et qu’il n’a pas d’occasion d’être confronté à d’autres réalités de vies pourtant existantes à Bruxelles, quand cet enfant grandit et que plus tard, il sort du quartier et se retrouve confronté à d’autres réalités de Bruxelles où il est loin de correspondre à la majorité, comment peut-il se sentir chez lui, comment peut-il ne pas être mal à l’aise, s’il n’a jamais pu sentir, apprendre l’importance de l’interculturalité dans une ville cosmopolite comme Bruxelles ?

Pour éviter cet effet de ghettoïsation qui, semble-t-il, a tendance à croître, le politique doit prendre ses responsabilités. Une des pistes, mais certainement pas la seule, est de travailler avec l’école à l’ouverture à l’autre et au dialogue interculturel. Mais comme je le disais, malheureusement, nos professeurs ne peuvent pas porter toutes les missions de la société et ils n’ont pas nécessairement les outils appropriés pour faire ce travail. Mais des associations d’éducation permanente, d’éducation à la citoyenneté, existent et peuvent entrer dans l’école pour les aider. Il faut donc que les pouvoirs communaux et la Communauté Française prennent des initiatives allant de ce sens et aident les écoles à entreprendre de telles démarches.

dimanche 1 mars 2009

L'action "sport à l'école" finance qui?

Chaque année, les écoles primaires se voient proposer par le COIB l'action "Sport à l'école" pour leur permettre l'achat de matériel sportif supplémentaire. En regardant les détails de l’ action « sport à l’école », on ne peut être que sceptique de la réelle opportunité de l’organiser et ce pour 3 raisons :

Les bics sont vendus au prix de 3 euros dont 1,5 seulement est pour l'école

Où va le reste ? L’année dernière l’action a permis de récolter plus de 15 millions d’euros. C’est-à-dire que 5 millions de bics se sont vendus dans les écoles de la Communauté Française. 7,5 M d’euros sont revenus aux écoles pour l’achat de matériel sportif. Les 7,5 autres millions d’euros sont revenus au COIB. Ce genre de bic, quand il est fabriqué en si grande quantité coûte moins de 30 centimes la pièce et est en plus souvent réalisé dans des conditions sociales et environnementales désastreuses ! Si on estime le cout de revient à 2,5millions d’euros, le COIB a gagné 5 millions d’euros dans l’action. Qu’en a-t-il fait ? C’est donc autant une récolte de fonds pour le COIB que pour les écoles.

L'école est poussée par le COIB à organiser une réelle compétition entre les élèves et entre les professeurs à celui qui vendra le plus de bics : Le meilleur vendeur élève sera verra offrir un stage sportif AGPM, le meilleur prof, deux tickets de cinéma au Kinépolis!

Il ne faut pas s’opposer systématiquement à l'esprit de compétition, mais mettre en compétition les enfants sur le fait d'être des bons ou mauvais vendeurs manque complètement de déontologie! Non seulement ce n'est pas ce que l'école primaire est censée leur apprendre comme compétence, mais en plus les enfants n'ont en fait aucun poids dans le résultat, étant donné que ce sont leurs parents qui vont décider ou non d'acheter des bics!

Cette action du COIB est faite en partenariat avec des acteurs privés, Walibi et Kinépolis.

Au-delà de l’utilisation de la mascotte qui si elle fait chavirer les cœur des petits fait aussi clairement la publicité pour un acteur privé, l’offre de réduction sur l’entrée d’adultes à Walibi et l’offre de tickets de cinéma à Kinepolis pour les professeurs sont clairement et sans détour des intrusion publicitaires au sein de l’enceinte scolaire.

Le Pacte scolaire

L’article 41 du Pacte scolaire interdit toute activité et propagande politiques ainsi que toute activité commerciale dans les établissements d’enseignement organisés par les personnes publiques et dans les établissements d’enseignement libres subventionnés. De même, cet article interdit toute pratique déloyale dans la concurrence entre les établissements susvisés. Depuis un peu plus d’un an, une commission autonome a été mise en place pour juger s'il y avait infraction à cet article.

En avril dernier, lors de l’action sport à l’école, j’avais demandé à Yves Reinkin, député Ecolo à la Communauté Française d’interpeller le Ministre Dupont. Et à mon grand soulagement, Monsieur Dupont rejoignait la position d’Ecolo, à savoir que la compétition suscitée entre élèves de primaire pour la vente de stylos à bille afin de financer l'opération "Sport à l'école" est peu opportune et piège les élèves, et que ce n'est donc pas une bonne manière d'assumer la gratuité de l'enseignement primaire. Le Ministre a alors souhaité que la Commission autonome se saisisse du dossier.

La Commission autonome estime aujourd'hui qu'il n'y a rien qui contrevienne au Pacte scolaire. Le Ministre va demander un supplément d'enquête. En attendant, l'action continue... au profit de qui?

dimanche 22 février 2009

Maîtriser la langue de l’école, un passeport pour l’avenir

Dans certaines écoles de Molenbeek, 40% des enfants qui entrent en 1ère maternelle ne parlent pas ou peu le français/néerlandais. Une mauvaise maîtrise par l’enfant et par ses parents de la langue parlée à l’école a des conséquences en cascade : mécompréhension des consignes et donc mauvaises notes, perte de confiance en soi, désintérêt scolaire, décrochage, difficultés d’accéder à l’emploi,… Il faut, sans plus attendre, que la commune renforce les moyens d’ actions pour améliorer la maîtrise du français par les enfants (et leurs parents) et pour les soutenir dans leur apprentissage de base : renforcer les garderies et études, dès la 1ère primaire, pour aider les enfants à réviser les cours, valoriser l’entrée à l’école dès la maternelle et renforcer les cours de français langue étrangère. A côté de l’école, il faut plus de places dans les écoles de devoir pour le primaire et le secondaire, plus de cours d’alphabétisation et de français pour les parents. Si on ne se lance pas dans ce combat, notre commune restera encore longtemps pointée du doigt pour son taux de décrochage scolaire, son taux de chômage, sa pauvreté.