Sarah Turine

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lundi 14 mars 2011

Ouverture des inscriptions en 1ère secondaire

Le 14 mars jusqu’au 1er avril se tient la période d’inscription pour les enfants entrant en première année secondaire. Pour chaque enfant, pour chaque parent, c’est une étape importante. L’école, on le sait, est un passage obligé et le levier primordial d’émancipation pour chaque futur-e citoyen-ne. Mais l’école ne peut jouer réellement ce rôle de levier pour tous qu’à condition que chaque enfant soit bien accompagné et reçoive les soutiens et l’encadrement nécessaires à la réussite de son parcours scolaire.

Aujourd’hui, malgré le travail admirable des acteurs de l’école, le constat est sans équivoque : l’école reste profondément inégalitaire. L’échec scolaire et les relégations de toutes sortes frappent d’abord les élèves issus de milieux défavorisés. Notre système éducatif figure parmi ceux qui comptent le plus grand écart entre les bons élèves et les plus faibles.

Pour répondre à ce constat et lutter contre les inégalités scolaires, il n’y a pas de solution miracle, ni de recettes minutes. Il s’agit de mettre en œuvre toute une série de propositions, de mesures, dont certaines prendront du temps, d’autres dépendront de divers acteurs. Parmi toutes ces mesures, une des dimensions sur laquelle il nous paraît essentiel, chez Ecolo, d’insister est celle de la diversité. La mixité sociale, culturelle et scolaire enrichit l’école et les élèves. Elle permet sans aucun doute de lutter contre les inégalités et l’échec scolaire.

Le processus d’inscription en première secondaire est réglementé par un nouveau « décret inscriptions ». Au-delà de la nécessaire réglementation et objectivation des inscriptions, ce décret a le mérite d’intégrer la question de la mixité sociale. Désormais, les écoles secondaires ont l’obligation de garantir 20% des places disponibles aux élèves provenant d’écoles primaires qui comptent une part importante d’élèves issus de quartiers défavorisés. Ces familles jouissent donc d’une priorité primordiale lors de l’inscription de leur enfant dans l’école secondaire de leur choix !

Pour que ces avancées puissent incarner un véritable progrès social, il importe d’informer les parents dans ces quartiers sur les possibilités nouvelles qui s’offrent à eux lors de l’inscription de leur enfant. Il est aussi de notre responsabilité, en tant que parti politique, d’assurer la mise en œuvre effective des avancées de cet important décret en informant celles et ceux qui ne profitent pas des canaux et des réseaux de l’information. Par ailleurs, Ecolo n’ignore pas que l’amélioration de notre système scolaire dépasse largement la question de la réglementation des inscriptions dans le secondaire.

Pour informer les parents sur cette importante priorité , la régionale Ecolo de Bruxelles a édité une brochure d’information qu'elle va distribuer cette semaine. Toutes les infos sur cette action sur le site de la régionale

jeudi 3 mars 2011

De nouvelles places dans les écoles à Bruxelles!

Ca y est! Le gouvernement de la Communauté française a décidé jeudi, à l'issue d'une réunion des exécutifs francophones, de la localisation de 4.151 nouvelles places dans les écoles bruxelloises. Treize établissements ont été retenus, dont trois relèvent du réseau de la Communauté et dix du réseau officiel subventionné. Dans un contexte budgétaire difficile, des moyens sont enfin débloqués pour investir dès aujourd’hui dans la jeunesse de demain et faire face au boom démographique. C'est un bel effort.

La Région bruxelloise doit faire face à une pression démographique considérable. Selon les prévisions, sa population augmentera de 13 pc de 2010 à 2020, passant de 1.088.138 habitants à 1.230.611 habitants.

Les 13 écoles retenues seront essentiellement situées dans le nord et le centre de Bruxelles, à Anderlecht, Berchem-Ste-Agathe, Bruxelles-Villes, Evere, Ganshoren, Molenbeek, Saint-Josse, Schaerbeek et Jette, ainsi qu'à Saint-Gilles et Forest, c'est-à-dire les communes où la pression démographique est la plus forte.

Si cette décision est importante, les défis que représente le boom démographique dans l’ensemble des politiques à mener à Bruxelles n’en restent pas moins colossaux.En matière d'enseignement, d'accueil de la petite enfance, d'infrastructures de santé, mais aussi de logement d'aménagement du territoire, de mobilité, de services et d'emploi. Il est donc essentiel de poursuivre dans ce sens dans les mois et les années à venir et que l’ensemble des différents niveaux de pouvoir prennent leurs responsabilités en la matière et qu'aucun ne jette la responsabilité sur l'autre. En effet, vu le contexte budgétaire difficile, répondre à ce défi démographique et permettre l'accès aux droits et aux services pour tous nécessite sans exception que chacun y mette du sien et fasse preuve de volontarisme et créativité.

dimanche 21 novembre 2010

Quand la Brise devient tempête

Presque un mois de silence sur ce blog (j'ai eu le bras droit immobilisé pendant trois semaines m'empêchant, ou en tout cas ralentissant fortement tout travail informatique) et pourtant l'actu a été riche, certains sujets suscitant des débats, des réactions et attisant les polémiques. Evoquons le "tout chaud tout frais" dossier de l'Athénée Royal de la Brise à Watermael Boisfort.

Il y a quelques semaines encore, à l'évocation de La Brise, si on n'était pas un fin connaisseur du Sud Est de Bruxelles, on aurait plutôt pensé à un hôtel en bord de mer ou à une troupe de scouts marins. En effet l'Athénée Royal de La Brise n'a jamais vraiment fait parler de lui aussi largement qu’aujourd’hui, ni dans le cadre du décret inscriptions ou un de ses ancêtres (ce n'était pas une de ces écoles "à files ») ni dans le cadre d'un défraiement de chronique.

Puis est venue cette déclaration faite au milieu de semaine dernière par le Gouvernement de la Communauté française qui a annoncé que l'école fermerait à la rentrée prochaine. Coup de tonnerre! Et pour cause, l'école n'a été avertie par la Ministre compétente, que deux jours avant la décision en Gouvernement alors que le dossier était en examen depuis le début du mois d'octobre!

Même si cette école connaît un déclin au niveau des fréquentations depuis quelques années, cette décision devait-elle se prendre unilatéralement et si rapidement sans étudier les réelles causes de ce déclin, alors que la Région Bruxelloise va connaître un boom démographique important et que l'on sait qu'il va falloir plusieurs milliers de nouvelles places dans l’ensemble des réseaux scolaires bruxellois? Non !

Bien sûr il manque déjà cruellement de places dans le Nord de Bruxelles dans les réseaux d’enseignement et la commune de Watermael est la seule commune dont le nombre d'habitants diminue. Néanmoins, il semble que les raisons du déclin de cette école soient plus liées à une mauvaise gestion passées de la part de la direction qu’à une décroissance démographique à Watermael-Boisfort, mauvaise gestion dont les derniers Ministres de l'enseignement ne se sont pas manifestement pas assez préoccupés.

Ce qui vient compliquer la donne et la lecture du dossier c'est qu'à ce dossier "fermeture d'école" en charge de la Ministre Simonet est venu se greffer le dossier "rénovation d'écoles" en charge du Ministre Nollet. Et le dossier de la Brise est lourd. La rénovation de ce bâtiment (dont on connaît la nécessité impérieuse depuis 1999 alors que le Ministre Hazette (MR)était en charge de l’enseignement et de la rénovation des bâtiments ?) coûterait près de 15 millions d'euros! Quand on sait que le budget alloué aux rénovations d'écoles à Bruxelles pour la législature est d'un peu moins de 43 millions, c'est évidemment lourd pour une seule école qui perd des élèves chaque année.

Pour prendre une décision sensée dans ce dossier, il faut tenir compte de plusieurs éléments. Primo, pensons aux contexte : 5000 places minimum seront nécessaires pour répondre au boom démographique, Ce constat est à approfondir. Il s'agit notamment d'objectiver commune par commune tant les besoins en nombre de places qu'en infrastructures. Secondo, cet athénée propose des options spécifiques uniques en région bruxelloise (en audiovisuel). Par ailleurs, il semble que son déclin soit dû plus à une mauvaise gestion de la direction qu'à un manque de potentiel dans ces quartiers. En outre de nouveaux logements sociaux vont voir le jour d'ici 2012 dans le quartier.

En conclusion, il apparaît opportun de demander une dérogation pour un an au moins, et de demander aux Ministres en lien avec ce dossier, au premier chef, la Ministre Simonet, comme Ministre de l'enseignement obligatoire ainsi que le Ministre-Président de la RBC, Charles Picqué qui préside le groupe de travail sur le boom démographique, et le Ministre Jean-Marc Nollet en charge des infrastructures scolaires de de mettre cette année à profit pour peser l'ensemble des éléments concernant la question des écoles en Région Bruxelloise avant de prendre toute décision concernant la Brise. Il appartient parallèlement à la Ministre Simonet d'étudier plus en profondeur les raisons du déclin de l'Athénée et de voir avec les acteurs de l'école ce qu'il y a lieu de mettre en place pour lui permettre d'accueillir un plus grand nombre d'élèves.

SI le gouvernement de la communauté française accepte d'accorder une année supplémentaire, il s'agit évidemment que ce soit suivi d'effets pour que la décision qui viendra l'année prochaine soit en tout cas prise en meilleur connaissance de cause, en prenant compte l'intégralité du dossier scolaire en région bruxelloise et en parfaite concertation avec les acteurs de l'école.En effet, Il faut permettre à la fois d'objectiver les besoins et de prendre les meilleures décisions pour l'ensemble des élèves de la Région Bruxelloise.

lundi 11 octobre 2010

49 écoles rénovées et 10 000 nouvelles places

Les bonnes nouvelles ne font pas de mal en ce froid début d’automne. C’est pourquoi je ne peux que me réjouir de la décision du Gouvernement de la Communauté française de recourir à un nouveau mécanisme financier afin de rénover et construire de nouvelles places d’écoles.

On sait l’enjeu particulièrement crucial à Bruxelles. Les places se font rares alors que la demande ne cesse d’augmenter et le boom démographique prévu à moyen terme ne sera pas fait pour améliorer la situation. Ecolo en est conscient. Les écologistes ont insisté pour que l’offre à Bruxelles soit plus adéquate et puisse répondre aux besoins.

Dans ce sens, l’enveloppe de 400 millions d'euros dégagée va non seulement permettre d’honorer les promesses de travaux faites sous la précédente législature à 49 écoles, mais aussi de créer plus de 10.000 nouvelles places supplémentaires en Wallonie et à Bruxelles. Parmi ces fonds pour la rénovation et l’augmentation de capacité se trouve une enveloppe interréseaux de 100 millions € qui sera intégralement dédiée à la rénovation et, sur Bruxelles, à la construction de nouvelles écoles. Ces moyens financiers permettront d’accroître la capacité globale d’accueil de quelque 5643 places bruxelloises où les besoins sont les plus criants. Les premiers chantiers pourront débuter dès 2011 pour s’achever, au plus tard, en 2017.

C’est évidemment une réelle avancée qui permettra d’apporter une véritable bulle d’oxygène à Bruxelles où la situation risque de devenir à terme dramatique.

Evidemment, il ne peut s’agir là de la seule réponse au volet « enseignement » du boom démographique. Au niveau de l’enseignement, il faut assurer la relève des enseignants, assurer aussi les moyens pour l’encadrement différencié et continuer de travailler à la mixité sociale et culturelle des écoles. Tant de défis que les gouvernements bruxellois et de la Communauté française doivent relever ensemble.

mardi 15 décembre 2009

Le nouveau décret "inscriptions" est arrivé!

A condition que cela ne devienne pas une tradition saisonnière, je ne suis pas mécontente de l'accord conclu par le gouvernement de la Communauté Française pour le nouveau décret inscriptions. Si bien entendu, il est le fruit d'un compromis entre trois partis politiques et de la concertation avec l'ensemble des acteurs, et si bien entendu on ne le considère pas comme le premier outil pour lutter pour plus de mixité scolaire et pour lutter contre l'échec scolaire, mais qu'on le voit d'abord et surtout comme un outil pour "réguler" les inscriptions et permettre un système d'inscriptions juste, non arbitraire, transparent et équitable, alors on peut affirmer qu'on est sur la bonne voie avec ce décret! Un formulaire unique qui permet de suivre le choix des parents tout en priorisant la mixité sociale et des critères diversifiés en cas de demande d'inscriptions plus nombreuse que le nombre de places disponibles. Plus d'infos sur ses caractéristiques ici

Il reste maintenant, et ce n'est pas une mince affaire, à travailler d'arrache-pied à l'amélioration des conditions d'enseignement pour lutter contre l'inégalité scolaire et contre l'échec scolaire. bon courage au Gouvernement!

jeudi 19 novembre 2009

Quand le défi de la mixité sociale rencontre celui du manque de places dans les écoles bruxelloises - 2ème épisode

Le sujet du boom démographique et du manque de places dans les écoles bruxelloises est venu en débat en séance plénière du Parlement par le biais d'une interpellation de Caroline Désir. Il m'a dès lors semblé important d'insister sur le lien à faire avec l'enjeu de mixité et d'inclusion de tous.

Voici mon intervention règlement) "

Madame la ministre, comme cela a déjà été évoqué lors des débats en commission, le boom démographique en Région bruxelloise ne doit pas être pris à la légère, je sais que vous en êtes consciente. Il serait judicieux que les différents ministres de la Communauté française s’en saisissent, en collaboration avec leurs homologues bruxellois. Nous nous félicitons de la proposition de Mme Huytebroeck d’organiser une conférence interministérielle et nous ne doutons pas que le sujet suscite l’intérêt de tous les ministres.

L’impact du boom démographique sur l’éducation nécessite de se pencher sur le manque de places, en tenant compte de la diversité socio-économique et culturelle de notre Région. D’après les chiffres du Bureau du plan et de Brussels Studies, le boom démographique entraînera un rajeunissement de la population. La dualisation socio-économique et le pourcentage de la population dont le français ou le néerlandais n’est pas la langue maternelle risquent d’augmenter. Bruxelles enregistre une hausse des flux migratoires externes de personnes bien souvent non francophones ou non néerlandophones, au statut socio-économique souvent précaire. Par ailleurs, Bruxelles déverse vers les deux autres régions des flux internes de migration de populations jeunes, aisées, avec enfants, alors que les populations défavorisées restent dans la Région. Ces populations défavorisées, en majorité d’origine étrangère et avec un taux de natalité élevé, se retrouvent surtout dans le croissant pauvre de Bruxelles. Ces éléments sont porteurs de perspectives d’aggravation des problèmes sociaux, scolaires et de ségrégation spatiale. Sur la base de ces constats, au-delà du nombre de places dans les écoles, il nous paraît essentiel d’assurer un renforcement des moyens pour l’apprentissage et la maîtrise de la langue de l’enseignement. Il ne faut pas oublier le défi de la mixité sociale. Dans l’élaboration du décret « inscriptions » en gestation ou pour d’autres mesures à venir, il faut assurer un renforcement de la mixité en termes d’infrastructures et d’encadrement et tout faire pour supprimer la dualisation que nous connaissons aujourd’hui dans l’enseignement. Madame la ministre, j’aimerais connaître votre opinion sur toutes ces dimensions."

La réponse de la Ministre ainsi que l'ensemble du débat seront bientôt disponibles sur le site du PCF.

lundi 26 octobre 2009

Quand le défi de la mixité sociale rencontre celui du manque de places dans les écoles bruxelloises

Ce mardi 27 octobre, j'interrogerai la Ministre Marie-Dominique Simonet sur la prise en compte dans le nouveau décret inscription de la problématique du manque de places dans les écoles de la région bruxelloise. Le texte complet de mon interpellation est en pièce jointe. Je vous informerai de la réponse reçue.

Le problème du manque de places que connaissent certaines écoles bruxelloises risque de croître durant les dix années à venir du fait de la croissance démographique importante attendue (170.000 habitants supplémentaires d’ici 2020).

Parallèlement à ce défi important à court et moyen terme auquel la Communauté Française devra répondre en termes d’infrastructures et de services publics, se pose évidemment le défi de la mixité scolaire.

Nous le savons, le temps presse pour mettre sur pied un nouveau décret qui régulera la question des inscriptions de la rentrée scolaire prochaine et des années suivantes.

Il me semble important, malgré les délais courts, de corréler ces deux défis.

En effet, pour ne prendre que deux exemples, quel pourrait être l’impact du maintien de l’adossement sur les inscriptions dans les écoles maternelles, elles qui subissent déjà un manque de places et la DPC voulant encourager par ailleurs la fréquentation de l’école dès l’âge de 3 ans.

Inversement, si le futur décret relatif à la régulation des inscriptions a pour objectif de permettre plus de mixité socio-économique dans les écoles, et donc devait proposer d’utiliser un indice socio-économique du quartier pour rendre prioritaires certains élèves, il y aurait un flux plus important dans un sens que dans l’autre : des élèves des quartiers défavorisés iraient dans des écoles de quartiers plus favorisés, l’inverse ne risquant pas de se produire. Cela aura donc un impact positif mais à court terme sur la question de surpeuplement qui risque de toucher certaines écoles secondaires au vu des prévisions faites. Cela pose aussi la question de la localisation idéale, sinon indiquée de nouvelles écoles, si on veut en même temps assurer un enseignement de proximité et de qualité tout en assurant que la mixité sociale puisse y trouver sa place.

Ce ne sont que deux exemples et il y en a certainement d’autres de corrélations et impacts prévisibles ou non à court et moyen termes que le futur décret relatif à la régulation des inscriptions pourrait avoir sur le peuplement des écoles primaires et maternelles et inversement que le problème de manque de places aura sur ce futur décret.

Nous verrons, mardi, les réponses proposées par la Ministre.

mercredi 14 octobre 2009

Un module d'éducation à la citoyenneté dès la première primaire?

Suite à mon élection au Parlement Régional Bruxellois le 7 juin dernier, je suis également sur les bancs du Parlement de la Communauté Française, ainsi que trois autres écolos bruxellois (Jacques Morel, Jean-Claude Defossé et Zakia Khattabi) où je suis, principalement les questions d'enseignement.

Hier en commission, j'ai profité d'une question sur l'état des lieux des outils qui ont été développés dans le cadre du Décret relatif à l'éducation à la citoyenneté (décret de 2007) pour insister qu'on aille plus loin qu'uniquement la mise en place d'outils pédagogiques. Ci-dessous mon interpellation.

"Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs débats ou évènements qui nous rappellent combien le « vivre ensemble », dans la société multiculturelle qu’est la nôtre n’est pas gagné ni inné. Aux questions d’exclusions, aux questions d’égalité de droits mais aussi de droit à la différence, aux questions des valeurs, le politique doit répondre, baliser le chemin et promouvoir toute action permettant à chacun de se sentir citoyen et de participer au « vivre ensemble ». On ne naît pas citoyen et démocrate, on le devient. On le devient si plusieurs conditions sont réunies : est citoyen celle ou celui qui se sent appartenir à la société dans laquelle où il vit, qui ne s’en sent pas exclus. Etre citoyen, cela signifie aussi adhérer à et respecter une série de règles permettant le « vivre ensemble ». Ces engagements citoyens s’apprennent et se vivent avant tout à l’école.

Dans la déclaration de politique communautaire, le Gouvernement propose de prendre des mesures complémentaires à celles du Décret relatif au renforcement de l’éducation à la citoyenneté.

Une de ces mesures m’apparaît comme extrêmement importante et urgente pour renforcer le dialogue interculturel. Il s’agit de l’étude de la mise en place d’un module d’initiation à la citoyenneté active et responsable commun à tous les élèves, de la 1re primaire à la 6e secondaire, y compris pour les élèves de l’enseignement spécialisé, de manière complémentaire à l’enseignement des cours de morale et de religion ; En effet le dialogue interculturel doit permettre à chaque élève d’être reconnu dans son intégrité tout en lui apprenant à reconnaître l’autre dans son intégrité à lui. L’écoute mutuelle, l’apprentissage de l’autre est une nécessité pour construire leur sentiment d’appartenance à la même cité, leur désir de citoyenneté.

Sans remettre du tout en question les cours confessionnels au sein de l’enseignement public, qui peuvent avoir une utilité (tant au niveau de la réflexion sur l’éthique et les valeurs que sur l’ancrage historique), une des faiblesses de notre système actuel est la différenciation des enfants en fonction de leur religion et la séparation pour justement discuter des questions de valeur et de vivre ensemble.

C’est dans ce cadre que je me permets, Madame la Ministre, d’insister auprès de vous pour prendre rapidement les mesures nécessaire pour l’étude de la mise en place d’un module d’initiation à la citoyenneté active et responsable commun à tous les élèves, de la 1re primaire à la 6e secondaire, y compris pour les élèves de l’enseignement spécialisé, de manière complémentaire à l’enseignement des cours de morale et de religion."

La Ministre a répondu plutôt positivement, d'autant que c'est dans la déclaration de politique communautaire, mais il faudra s'assurer du suivi qui en sera fait. En effet,même s'il existe déjà des outils pédagogiques (dans le cadre du décret relatif à l'éducation à la citoyenneté), ils sont utilisés sur base volontaire des enseignants et l'éducation à la citoyenneté ne fait pas encore partie intégrante du cursus scolaire.

mardi 25 août 2009

De retour... et vive la rentrée... scolaire...

Bon, je n'ai pas été très active sur le blog durant ces deux mois d'été... En effet, ce blog concerne mon activité politique et c'est vrai que j'ai pris des vacances et qu'en outre, tant au conseil communal, qu'au Parlement qu'à la Régionale Ecolo, ce fut assez calme. J'aurais pu néanmoins commenter l'actualité du jour, oui.... mais je le reconnais, j'ai préféré faire une vraie coupure...

Me revoilà donc! Assez en forme!

La tête pleine d'idées d'interpellations pour le Conseil Communal, prête aussi à affronter les questions cruciales qui se poseront pour l'enseignement en Communauté française, ...

En effet, cet été, je me suis penchée surtout sur les enjeux de l'école : l'urgente et épineuse crise des inscriptions qui, dès le 2 septembre, devra servir de leçon pour travailler à une solution durable pour les prochaines rentrées scolaires qui devra concilier l'objectif très important de mixité sociale et désirs légitimes des parents de garder une responsabilité et une certaine autonomie dans le choix de l'école de leur enfants et également aspects purement pratiques et logistiques pour éviter des blocages tels qu'on en connaît aujourd'hui. Mais au-delà de ce dossier épineux, la question de l'école sera bien plus large : pour la sortir du système actuel qui renforce les inégalités sociales, il faudra la repenser (une fois de plus?) dans son intégralité pour lui permettre d'être un outil adapté à la société d'aujourd'hui et un outil de justice sociale et d'émancipation critique. Enfin, si tel est le rôle qu'on lui confère.... En écoutant François Dubet, la semaine dernière à l'université d'été du Segec, on sent l'importance de requestionner le rôle et les fonctions de l'école dans notre société d'aujourd'hui. En Belgique, comme en France, l'école est considérée comme étant le seul chemin possible pour accéder à la réussite sociale. Sans diplôme impossible ou presque de réussir socialement parlant... Et pourtant, en Belgique, comme en France, notre système scolaire renforce les inégalités sociales... Le lien? Si c'est le seul moyen d'accéder à la réussite sociale, alors les parents cherchent la meilleure école à tout prix, les écoles ont tout intérêt à garantir la qualité maximale quitte à aller jusqu'à l'élitisme,... la concurrence et le marché scolaire s'installent... Ca peut paraître simpliste, ce n'est certes pas la seule explication, mais il est intéressant de tenir cela à l'oeil et d'interroger le rôle que l'on veut donner à l'école. L'école doit-elle être le seul lieu possible pour accéder à la réussite sociale? Et qu'en est-il de son rôle "d'instruction", d'approche du savoir et de la réflexion critique? Si ce sujet vous intéresse, lisez l'interview de Dubet dans la revue Politique.

Quoiqu'il en soit, je vous en reparlerai certainement! A tout bientôt!

dimanche 8 mars 2009

Oeuvrer au dialogue interculturel dans les écoles de Molenbeek

En janvier, le Conseil communal de Molenbeek a voté (Ecolo y compris) a voté une motion suite à la situation dramatique à Gaza. Outre la dénonciation de l’injustice et la violence des combats menés dans cette région du monde, cette motion pointait également les inquiétudes à avoir sur l’impact de ce conflit ici à Bruxelles, notamment dans l’intensification des tensions communautaires.

Sur proposition d'écolo, une des décisions de cette motion était d'inviter les écoles à organiser des activités oeuvrant au dialogue interculturel.

Les écoles démunies pour répondre à la nécessité de dialogue interculturel

Au conseil communal de février, je suis revenue sur le sujet. En effet, des échos que nous recevons, il semble que le conflit israélo-palestinien soit devenu l’étendard d’un combat contre l’injustice auquel nombre de jeunes et moins jeunes de nos quartiers se sont identifiés. Et face à l’expression de leur sentiment d’injustice, il apparaît que nos écoles et leurs instituteurs soient démunis d’outils appropriés pour y répondre.

Je vous donne un exemple, parmi d’autres, exemple anecdotique mais qui exprime le malaise tout à fait justifié que peut ressentir le corps professoral face à une expression collective qui les dépasse : dans une cour de récréation, il y a deux, trois semaines de cela, des enfants de 2ème et 3ème primaire ont commencé à imiter la manifestation du 31 janvier dernier en scandant « Israël, assassin, la Palestine n’est pas à toi » et se sont vus affligés d’une punition collective. La justification que les professeurs ont donné aux enfants « Si vous continuez, on va finir par dire « les Arabes dehors » ».

Bruxelles fragmentée en quartiers

Au-delà de l’émotion que peut susciter le drame qui se vit au quotidien dans la bande de Gaza, il est de notre responsabilité politique de s’interroger sur les raisons qui poussent les populations de nos quartiers à tant s’identifier à ce conflit en particulier. Et l’on peut aisément comprendre que la question identitaire et communautaire qui se pose pour les populations arabes et /ou musulmanes de nos quartiers et le malaise identitaire qui fait balancer les jeunes entre ici et là-bas soit une des raisons, même si elle n’est pas la seule.

Des études de plus en plus nombreuses montrent combien Bruxelles est fragmentée en quartiers et les jeunes, en particulier, sortent peu de leurs quartiers ou en tout cas fréquentent peu et connaissent peu les autres quartiers car ils s’y sentent mal à l’aise, voire étrangers. Ils restent donc non seulement confinés dans leur zone mais également préfèrent se regrouper selon leur appartenance culturelle, ethnique et/ou du pays d’origine. Et dans les quartiers plus précarisés, comme Molenbeek en connaît, il semble que cela soit encore plus marqué.

Le dialogue interculturel, une clé essentielle pour la citoyenneté

Or peu importe de quels quartiers ils viennent, tous ces jeunes sont bruxellois et doivent pouvoir avoir les outils pour comprendre leur ville multiculturelle, pour pouvoir saisir les opportunités de s’y sentir bien et d’y construire plus tard leur vie, d’y trouver un emploi,…

Au delà de la question de la réussite scolaire, il y a l’enjeu que tous ces jeunes se sentent appartenir à la même ville. Et que lorsqu’ils sortent du quartier et qu’ils se retrouvent face à d’autre Bruxellois, issus d’autres quartiers, avec un autre bagage culturel, religieux, socio-économique et/ou scolaire, ils ne se sentent pas perdus, ni étrangers.

Pour prendre un exemple concret : quand un enfant, issu d’une famille d’origine marocaine, de religion musulmane et que tant dans son quartier qu’à l’école, il fait partie du groupe majoritaire, que cet enfant reste confiné dans ce quartier où il se sent bien, sans doute aussi parce qu’il a le sentiment de faire partie du groupe majoritaire et qu’il se sent donc chez lui, en terre connue, et qu’il n’a pas d’occasion d’être confronté à d’autres réalités de vies pourtant existantes à Bruxelles, quand cet enfant grandit et que plus tard, il sort du quartier et se retrouve confronté à d’autres réalités de Bruxelles où il est loin de correspondre à la majorité, comment peut-il se sentir chez lui, comment peut-il ne pas être mal à l’aise, s’il n’a jamais pu sentir, apprendre l’importance de l’interculturalité dans une ville cosmopolite comme Bruxelles ?

Pour éviter cet effet de ghettoïsation qui, semble-t-il, a tendance à croître, le politique doit prendre ses responsabilités. Une des pistes, mais certainement pas la seule, est de travailler avec l’école à l’ouverture à l’autre et au dialogue interculturel. Mais comme je le disais, malheureusement, nos professeurs ne peuvent pas porter toutes les missions de la société et ils n’ont pas nécessairement les outils appropriés pour faire ce travail. Mais des associations d’éducation permanente, d’éducation à la citoyenneté, existent et peuvent entrer dans l’école pour les aider. Il faut donc que les pouvoirs communaux et la Communauté Française prennent des initiatives allant de ce sens et aident les écoles à entreprendre de telles démarches.

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