Sarah Turine

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Ma commune: Molenbeek

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mardi 3 janvier 2012

Boom démographique: Ecolo-Groen Molenbeek s'inquiète de la fermeture de 40 lits au home communal

Le Registre national vient de livrer ces dernières statistiques. Au 1er novembre 2011, Molenbeek compte 94.253 habitants. Si Molenbeek est la troisième commune la plus jeune de Belgique, elle compte également plus de 11.700 citoyens de 65 ans et plus (1 Molenbeekois sur 8).

Face à ce défi, Ecolo et Groen Molenbeek s'interrogent sur la politique socialement désastreuse que mène la majorité PS-MR-CdH-SP.A-OpenVLD en matière de recherche d’équilibre budgétaire pour 2012 et les années suivantes.

C’est par la presse qu’Ecolo a appris il y a peu que le CPAS de Molenbeek décidait, sans concertation préalable avec les travailleurs ni avec l'opposition démocratique de fermer 40 lits de la maison de repos Arcadia et, de ce fait, de licencier 15 personnes de ce service public. Après avoir restreint l'accès la carte médicale, qui permettait à de nombreux citoyens en difficulté de se soigner à moindre coût, la majorité en place préfère à nouveau porter ses choix économiques sur le dos des usagers et des travailleurs de la Résidence Arcadia.

Ecolo et Groen s'inquiètent dès lors des orientations que prend le prochain budget 2012. En effet, l'alliance PS-MR-CDH-SP.a- OpenVLD semble davantage vouloir cueillir les fruits d'une logique néo-libérale à court terme, plutôt que d'intégrer un budget durable qui tienne compte aussi des plus démunis et des travailleurs qui se vouent à accompagner ceux-ci.

Au regard du boom démographique de la commune, au regard du vieillissement de la population, au regard de la difficulté des familles avec peu de moyens de soutenir des parents nécessitant parfois un environnement bien équipé qu’on ne peut avoir chez soi, cette décision est pour le moins étrange. Même si l’on sait que pour répondre aux nouveaux enjeux du vieillissement, les pouvoirs publics doivent diversifier les formes de soutien, d’accompagnement et de logement pour les personnes du troisième et quatrième âge, il est évident que l’on n’a pas trop de places dans les maisons de repos. Vu la crise et les risques que celle-ci s’intensifie et touche les personnes les plus précarisées, les places dans des maisons de repos publiques adaptées aux conditions financières des plus précarisées ne seront pas trop nombreuses.

J'ai interrogé le Collège lors de la séance du 22 décembre. La veille, Serge Verstraeten, en avait fait de même devant le Conseil de l'Action Sociale (CPAS). La majorité n'a donné aucune réponse satisfaisante. Nous avons prévu de réinterpeller lors du débat sur le budget du CPAS à la séance du conseil communal de janvier.

Chiffres de la population au 01/11/2012

Chiffres de la population par tranches d'âges

samedi 26 novembre 2011

Ecolo et Groen! main dans la main pour une nouvelle dynamique à Molenbeek

L’assemblée générale d’Ecolo et de Groen! Molenbeek a désigné à la suite d’un vote démocratique les candidats qui tireront fièrement leur liste commune aux élections communales d’octobre prochain.

J'emmènerai donc la liste (outre mes fonctions de coprésidente et secrétaire politique EcoloBxl, je porte l’opposition Ecolo au conseil communal depuis 2006 en tant que cheffe de groupe).

Je serai suivie par :

  • Karim Majoros (2e), militant associatif et conseiller du Secrétaire d’État bruxellois au Logement, Christos Doulkeridis ;
  • Didier Coeurnelle (3e), conseiller communal, fonctionnaire fédéral, juriste (membre d'Ecolo et de Groen!) ;
  • Annalisa Gadaleta (4e), secrétaire politique de Groen! Molenbeek et militante pour les droits de l'enfant, co-fondatrice de THINK:child

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Sarah Turine et Karim Majoros

Molenbeek, laboratoire interculturel de Bruxelles, est confrontée aujourd’hui à de nombreux défis : boom démographique, décrochage scolaire, chômage qui explose, surtout chez les jeunes. Car force est de constater que ces jeunes, en besoin d’avenir, sont laissés pour compte dans ces quartiers cloisonnés à outrance où la pauvreté est importante. Mais Molenbeek c’est aussi aussi un patrimoine culturel, architectural, environnemental riche et précieux qu’il est nécessaire de revaloriser

Pour la famille verte, notre commune mérite d’être redynamisée et a besoin de se construire une nouvelle image. La majorité LB (PS-Spa-cdH) – MR-FDF-Open VLD s’est caractérisée par un manque de vision (à long et court terme) et un manque de créativité et d’énergie pour relever ces défis pourtant capitaux. La liste Ecolo-Groen! entend donc incarner un nouveau souffle, une envie nouvelle afin de porter un projet politique novateur, participatif et émancipateur.

Ce programme se bâtira dans les prochains moins et trouvera racine notamment lors de rencontres avec le secteur associatif et les habitants.

Face aux nombreuses crises globales actuelles, c’est avec une politique locale forte en aiguillon vers les niveaux supérieurs que l’on peut offrir au citoyen une prise qui semble manquer aujourd’hui. Ecolo-Groen! Molenbeek souhaite donc apporter des solutions locales à ces crises globales en développant des projets concrets pour une société plus résistante, plus respectueuse de l’environnement et moins soumise aux diktats du marché.

samedi 2 juillet 2011

Quelle politique de cohabitation à Molenbeek?

Suite à l'emballement médiatique autour des questions de sécurité à Molenbeek, j'ai interpellé le bourgmestre lors du dernier conseil communal . En effet, les médias se sont concentrés sur la dimensions sécuritaire de façon injuste et disporportionnée et il a été difficile d'aborder d'autres aspects beaucoup plus complexe de la réalité de nos quartiers mais qui participent au sentiment de malaise et d'insécurité. Il me paraissait donc important et nécessaire que l'on en débatte au conseil communal pour affiner les pistes de solutions que le pouvoir communal peut et doit mettre en place. Voici ci-dessous l'essentiel de mon interpellation (le texte complet est en pièce jointe)

" Suite à l’annonce par une entreprise de son départ de la commune, un emballement médiatique a mis Molenbeek au cœur de l’actualité. Inévitablement, nous avons dû constater dans le chef de certains médias, une certaine simplification de la réalité complexe de notre commune et un focus disproportionné sur l’unique dimension sécuritaire. Or la délinquance, les délits et donc l’insécurité semblent diminuer. Néanmoins, le quartier Maritime dont il est question ici connaît régulièrement et ce depuis longtemps des tensions que l’on ne peut nier. Ces tensions sont d’ordres multiples : économiques, culturelles, sociales, sécuritaires,… et touchent également, même si c’est souvent dans une moindre mesure, d’autres quartiers de la commune et de Bruxelles. Et ces tensions participent du sentiment de malaise, d’insécurité et de crainte que certaines personnes peuvent éprouver en traversant, en travaillant ou en habitant dans ces quartiers.

On sait que la réalité des quartiers comme le quartier maritime est complexe et les réponses à apporter aux défis qu’ils rencontrent doivent être multiples, complémentaires, réfléchies dans un plan distinguant les réponses qui porteront leurs fruits à court, moyen et long terme.

(...)

Je voudrais insister sur trois axes qui me paraissent prioritaires pour la commune et pour lesquels l’autorité communale a un rôle fondamental à jouer.

Vivre ensemble

La richesse de la diversité de notre commune est pour l’instant cachée par une homogénéisation de certains quartiers, de certains lieux de divertissement, par une intolérance, aussi, de part et d’autre, face à des comportements, des habitudes de « l’autre ». Les acteurs de terrain et les habitants le disent, cette intolérance se radicalise dans certains propos, certains comportements de part et d’autre envers « l’autre » différent, quel qu’il soit. Et cela, malheureusement, entraîne le renfermement identitaire et amène un grand nombre à se barricader, physiquement, ou mentalement, de peur de la rencontre de l’autre. Ce cercle vicieux de l’intolérance, de la peur et du renfermement sur soi doit être stoppé net. Il s’agit de mettre en place un réel plan d’action œuvrant au dialogue interculturel et à la construction collective du quartier par les habitants, les entreprises, les associations, les travailleurs, les écoles et les pouvoirs publics. Pour éviter le risque croissant que la cohabitation entre les habitants eux-mêmes, et aussi entre les habitants et les entreprises, dans ces quartiers ne devienne synonyme de forteresse dans le ghetto.

La jeunesse

Les taux d’échecs et de décrochages scolaires, de chômage sont particulièrement élevés parmi nos jeunes. Des études montrent également que beaucoup de jeunes vivent de façon cloisonnée, se sentant les kings dans leur quartier mais tellement mal à l’aise en dehors. Ces parcours semés d’embûches peuvent s’accompagner d’un désarroi légitime et peuvent amener certains d’entre eux à trouver leur voie dans la colère, l’insoumission et l’incivilité, voire dans le plus grave des cas la délinquance (heureusement pour une minorité d’entre eux). Certains autres sont amenés à transformer cette colère ou ce désarroi en repli sur soi, repli sur certains pans de leur identité (dont parfois les religions). Et les questions identitaires lorsqu’elles sont vécues à l’extrême peuvent amener leur lot d’intolérance.

Sur ces différents aspects, la commune a un rôle à jouer. Sur le long terme, en donnant à ses écoles des impulsions spécifiques dans la lutte contre l’échec scolaire, l’éducation à la citoyenneté, le dialogue interculturel et interreligieux, le travail avec les parents et les associations de quartier, la découverte de l’autre,… De même les associations travaillant avec les jeunes et avec les parents doivent axer leur programme avec pour objectif l’émancipation et la rencontre de l’autre pour donner les outils et susciter le désir auprès des jeunes de participer activement et collectivement à la construction de leur quartier, de leur commune, de leur Région, qu’ils s’y sentent « appartenir » au même titre que chaque habitant de la RBC. L’enjeu de l’appropriation de l’espace public est évidemment au cœur de ces questions.

L'accueil des entreprises

Enfin, la commune doit mener une politique proactive d’accueil et d’accompagnement permanent (fidélisation) des entreprises et des commerces dans notre commune qui ne manque pas d’atouts : c’est une commune proche du centre-ville, bien desservie par les transports en commun, qui a sur son territoire le futur plus grand pôle intermodal (gare de l’ouest), une commune qui regorge d’espaces publics verts et conviviaux, avec une population jeune aux talents multiples. Et cette question se pose bien au-delà de l’annonce d’une entreprise de quitter le territoire. Quand on voit le prix des locations d’espaces commerciaux ou de bureaux à Molenbeek, dont certains semblent avoir du mal à être loués, il importe de redorer l’image de la commune (et pas seulement par rapport aux entreprises d’ailleurs), de renforcer le dialogue avec celles présentes sur le territoire pour identifier les difficultés et y trouver des solutions.

Si Vivre ensemble, ce n’est pas seulement vivre les uns à côté des autres, c’est vivre les uns avec les autres. Si l’on veut « re-souder » la ville avant qu’elle ne se fracture complètement, il est urgent que nous, acteurs politiques, prenions la mesure de l’enjeu. Sans nous voiler la face, analyser les faits, accepter de remettre en question, voire en cause, certaines de nos politiques passées et proposer les mesures qui s’imposent. (...)"

J'ai terminé mon interpellation par une série de questions et propositions au Collège dont la mise sur pied d’assemblées de quartier regroupant, outré la commune et les associations et les habitants, les commerçants et entreprises et travailleurs pour dialoguer, échanger sur les difficultés des uns et des autres et construire collectivement les solutions. J'ai aussi demandé s'il n'y avait pas lieu, Deuxièmement, de prendre des initiatives auprès des grosses entreprises du quartier pour leur proposer que certaines entreprises et associations locales puissant leur fournir des services (repas du midi, nettoyage, jardinage stages pour les jeunes, ,…) pour permettre de faire du lien et de créer de l’activité économique supplémentaire ?

Si le bourgmestre a abondé dans mon sens quant aux constats, il est resté vague quant aux pistes de solutions, autres que celles qui sont déjà mises en place, s'appuyant sur les restrictions budgétaires d'une part et sur la mauvaise volonté de certains acteurs d'autres part. J'ai reconnu que de belles initiatives existaient comme la maison des cultures ou comme certaines actions menées par les écoles mais ai insisté sur l'importance que l'ensemble des politiques menées par la commune répondent aux objectifs d'émancipation, de mixité, diversité, dialogue et construction collective et que chaque projet, chaque proposition discuté en collège soit étudiée au regard de ces objectifs. Je crains malheureusement qu'il reste encore un long chemin avant d'y arriver.

lundi 20 juin 2011

Vivre ensemble à Molenbeek : un défi communal !

Voici le communiqué de presse qu'Ecolo et Groen Molenbeek ont publié ce matin. Par ailleurs, je vous renvoie d'une part à l'un ou l'autre billet de septembre 2009 sur ce même blog et à la carte blanche d'Olivier Bailly dans Le Soir de ce lundi 20 juin.

Vivre ensemble à Molenbeek : un défi communal !

Ecolo et Groen Molenbeek (opposition) ont suivi avec intérêt et parfois étonnement les réactions des uns et des autres suite à l’annonce du départ d’une entreprise du quartier maritime. Il importe, sur des questions aussi sensibles, de prendre en compte l’ensemble des dimensions qu’elles recouvrent et de laisser place à la nuance.

La commune de Molenbeek s’étend sur un large territoire et connaît des réalités bien différentes selon les quartiers.

Le quartier Maritime dont il est question ici connaît régulièrement et ce depuis longtemps des tensions que l’on ne peut nier. Ces tensions sont d’ordres multiples : économiques, culturelles, sociales, sécuritaires,… et touchent également, même si c’est dans une moindre mesure, d’autres quartiers de la commune et de Bruxelles.

A ces difficultés, il faut fournir une réponse globale. La commune ne peut répondre seule aux problèmes liés, par exemple, au chômage, à l’échec scolaire, à la délinquance, ou encore au de trafic de drogue. Mais si les autres niveaux de pouvoir régional, communautaire et fédéral ont leur part à prendre, la commune a évidemment un rôle important à jouer comme acteur de proximité.

Si la commune investit dans le quartier, notamment via les maisons de quartier, la CLES-sports et le centre communautaire maritime, il y a un manque criant de politique proactive de la part de la majorité en place pour aider au « vivre ensemble » dans le quartier. La commune semble avoir opté pour une politique à courte vue tentant dans le meilleur des cas à divertir les habitants plutôt que de viser à un travail de fond qui renforcerait leur participation citoyenne et par la même leur intégration dans la vie sociale.

Le cercle vicieux de la peur et du renfermement sur soi doit être stoppé net. Il s’agit de mettre en place un réel plan d’action oeuvrant au dialogue interculturel et à la construction collective du quartier par les habitants, les entreprises, les associations, les travailleurs, les écoles et les pouvoirs publics.

Parallèlement, il importe que chacun puisse se sentir en sécurité* . Pour ce faire, il est urgent de renforcer les moyens pour la zone de police : remplir le cadre (il manque une centaine de policiers pour remplir le cadre de la zone), réévaluer les moyens financiers pour la zone (vu l’augmentation importante de la population) mais également d’avoir plus de policiers bruxellois qui connaissent les réalités du terrain. Enfin, il s’agit d’évaluer l’utilisation des moyens. Il serait extrêmement positif pour l’image de la police, pour son contact avec la population de renforcer la police de proximité : agents de quartiers, brigade piétonnes ou cyclistes devraient remplacer partiellement les patrouilles automobiles.

Enfin, la commune doit mener une politique proactive d’accueil des entreprises et des commerces dans notre commune qui ne manque pas d’atouts : c’est une commune proche du centre-ville, bien desservie par les transports en commun, qui a sur son territoire le futur plus grand pôle intermodal (gare de l’ouest), une commune qui regorge d’espaces publics verts et conviviaux, avec une population jeune aux talents multiples.

Il est urgent que mixité, diversité et dialogue soient mis au rang des priorités dans toutes les dimensions de la politique communale.

En cohérence avec toutes nos interpellations depuis le début de la législature sur ces enjeux, nous interpellerons les autorités lors des prochains conseil de police du mardi 21 juin et conseil communal du jeudi 30 juin.

  • Si les tensions sont importantes, tel que dit plus haut, les chiffres de la délinquance mesurée sur l’ensemble de la commune, eux, diminuent. Voir à ce sujet les statistiques

mercredi 30 mars 2011

Six mois sans escalator ! Et tant pis pour les usagers ?

Depuis septembre 2010, la situation de la station de métro Étangs Noirs ne cesse de se dégrader. Actuellement, les accès sont toujours limités à des escaliers dont la stabilité et la sécurisation sont rendues difficiles par les récents enlèvements de tous les escalators. Les usagers les plus faibles (personnes handicapées, parents avec une poussette, personnes avec des enfants en bas âge, personnes avec un caddy, etc.) doivent ainsi monter ou descendre sans assistance technique.

La locale de Molenbeek a organisé une action ce mardi 29 mars. Pour en savoir plus, lire l'article sur le site de la locale.

dimanche 25 octobre 2009

Pour lutter contre la fragmentation de Bruxelles

Les conseillers communaux de Molenbeek vont auditionner les acteurs de terrain! Suite à notre interpellation (ci-dessous) et un débat intéressant et parfois houleux lors du dernier conseil communal, jeudi soir, nous avons obtenu du Collège que soit organisée une séance d'auditions de différents acteurs molenbeekois (aide à la jeunesse, maisons de quartiers, ...) pour connaître leur analyse sur la situation de la commune. Sur base de ces auditions, nous espérons que le conseil communal s'accordera pour faire des propositions concrètes d'actions politiques permettant de lutter contre la fragmentation de la ville. Je vous tiendrai évidemment informés de la suite.

Extrait de l'interpellation

(texte complet en pièce jointe)

Les évènements violents que le centre de la commune a connus ces dernières semaines, au-delà de la réaction répressive nécessaire qu'il a fallu porter immédiatement, doivent nous faire réfléchir, une fois de plus, nous acteurs politiques de Molenbeek et de toute la région bruxelloise, au mode du vivre ensemble que nous voulons et aux solutions à moyen et à long terme que nous devons proposer pour combattre la dualisation de notre région, de notre commune. Dualisation qui est en même temps socio-économique, territoriale, scolaire, culturelle et religieuse (pour ne pas dire communautaire ou « ethnique »).

(...)

Il faut néanmoins reconnaître que la résonance que peut avoir certains fauteurs de troubles auprès des jeunes (et moins jeunes) du « troisième cercle » n'est pas anodine et trouve ses racines dans un malaise profond partagé par un bonne partie de la population de notre commune. Malaise lié à la précarité socio-économique et lié à une crise identitaire.

Je l’ai déjà évoqué lors de conseils communaux précédents. Différentes études montrent combien Bruxelles est cloisonnée en quartiers et les jeunes, en particulier, sortent peu de leurs quartiers et fréquentent peu les autres quartiers car ils s’y sentent mal à l’aise, voire étrangers. Parallèlement, combien de jeunes hommes ou femmes d’origine immigrée, quand bien même ils auraient le diplôme adapté (ce qui n'est pas le cas pour tous) sont considérés par les employeurs comme "inadaptés", parce que leur langage, leur comportement ou leur port vestimentaire n’est pas «adapté » ou fait carrément peur. Comment dans ce contexte peuvent-ils s'identifier à la ville qu'ils habitent et s’y sentir impliqués ? Comment ne pas comprendre pour certains, un repli sur le quartier, un repli au sein de leur communauté et/ou de leur groupe religieux sans que cela ne soit pour autant souhaitable ? Cela rend aussi compréhensible la colère et le sentiment d’injustice qui peuvent les habiter.

Il est évidemment difficile d’évoquer une seule faute, une seule raison, une seule responsabilité à la situation actuelle de tension et de dualisation de la cité. Chacun y va de son explication : identification croissante de chacun à ses origines culturelles, retour en puissance de la dimension religieuse, problèmes de chômage, crise économique, discrimination à l’embauche, importation de tensions internationales, échec ou insuffisance des politiques d’intégration et de cohésion sociale menées ces dernières années…Certainement, les raisons et les responsabilités sont-elles partagées et diversifiées.

Quoiqu’il en soit, si l’on veut « re-souder » la ville avant qu’elle ne se fracture complètement, il est urgent que nous, acteurs politiques, prenions la mesure de l’enjeu. Sans nous voiler la face, analyser les faits, la situation, évaluer les causes, accepter de remettre en question, voire en cause, certaines de nos politiques passées et proposer les mesures qui s’imposent.

En tout cas, le monde politique dans son ensemble (et pas seulement les pouvoirs communaux) doit prendre ses responsabilités. Il faut agir parallèlement sur l'école, la formation professionnelle, l'ouverture de quartiers, la décristallisation des différences religieuses et/ou culturelles, l'emploi, l'urbanisme et penser la politique en termes d'émancipation plutôt que de simple cohésion. C'est un travail de longue haleine, qui pourra donner des résultats à moyens terme, mais il est urgent de s'y atteler si on ne veut pas sacrifier une génération supplémentaire.

(...)

Intervention de Didier Coeurnelle

Dans le débat qui a suivi, mon collègue Didier Coeurnelle a fait une intervention qui résume bien l'état d'esprit dans lequel nous sommes. Je vous la soumets :

" Vivre ensemble c'est difficile mais passionnant. Dans ce domaine, la dimension sociale est fondamentale mais ce n'est pas la seule dimension. Je lutte pour plus d'égalité sociale depuis près de 30 ans mais il y a aussi d'autres questions à aborder. Je fais partie, comme écologiste, de ceux qui pensent que l'intégration n'est pas un échec mais qu'elle n'est pas encore réussie. A Molenbeek et ailleurs la situation que nous vivons trop souvent, c'est vivre les uns à côté des autres et non pas les uns avec les autres.

Parmi les aspects du vivre ensemble, une des richesses, c'est de pouvoir changer et se respecter. Se respecter, cela signifie notamment accepter des manières de s'habiller différentes. Il faut pouvoir porter le voile à Wolluwe-Saint-Lambert mais aussi pouvoir se promener en jupe à Ribaucourt. Pouvoir changer, c'est, par exemple, lorsqu'une personne est issue d'une famille athée, pouvoir acquérir la conviction que notre planète a été créée par un être suprême. Mais c'est aussi, lorsque l'on vient d'une famille catholique ou musulmane, pouvoir acquérir la conviction que Dieu n'existe probablement pas. Et, ne nous voilons pas la face, c'est parfois perçu comme plus difficile aujourd'hui qu'hier.

Je pense enfin qu'il est souhaitable de permettre la confrontation des idées. Il y a une conception "politiquement correcte" qui pousse à éviter cela. Mais c'est de cette rencontre que peut naître un enrichissement. De la même manière qu'il y a plus dans deux têtes que dans une, il y a plus dans la rencontre de deux et, a fortiori, de plusieurs cultures que dans une culture isolée."

vendredi 18 septembre 2009

Emeutes à Molenbeek. Une nouvelle génération sacrifiée?

Hier soir, quinze jours après des premières échauffourées qui ont opposé des jeunes Molenbeekois aux forces de l'ordre, le quartier du Parvis Saint-Jean Baptiste, au coeur de Molenbeek a été le théâtre d'affrontements assez violents entre la police et des groupes de jeunes. Selon les médias ce matin, tout a commencé lorsque la police a interpellé et emmené un jeune de 14 ans pour outrage à agent de police. La famille et des jeunes ont suivi en cortège la police jusqu'au commissariat et un attroupement s'est crée, dégénérant rapidement en affrontements. Jets de pierre, bris de vitres, autopompes,... 120 policiers ont été appelés en renfort. 9 policiers sont blessés et plusieurs jeunes ont été arrêtés.

Pourquoi?

Un peu moins de vingt ans après les grosses émeutes du début des années 90, les mêmes quartiers s'échauffent : Molenbeek, Anderlecht, Forest...

Bien sûr, c'est le Ramadan. On sait que durant cette période, les tensions sont plus palpables du fait de la fatigue et de l'effort physique qui découle de la pratique du jeûne. Mais cela n'explique certainement pas l'effusion de violence de ces dernières semaines.

Bien sûr, il y a la crise économique, l'augmentation du chômage. Et les premières victimes des crises sont toujours les plus précarisés. Mais précarité ne rime pas avec violence.

Bien sûr, les policiers commettent parfois des maladresses. Combien de policiers de Molenbeek connaissent véritablement la commune, ses habitants? On manque de policiers à Bruxelles, On doit recruter des des jeunes Flamands ou Wallons, souvent peu au faits de la réalité de Bruxelles et de Molenbeek et qui partent à la première occasion rejoindre des unités plus proches de chez eux. Il y a donc un turn over important. Mais cela n'explique pas non plus l'augmentation des tensions de ces derniers temps.

Et pourtant quiconque connaît ces quartiers, y habite ou y travaille n'aura pas été étonné par ces accès de colère. Car, selon moi, il s'agit bien d'une colère qui gronde sourdement depuis longtemps. Et cette colère, je pense qu'elle résulte de la politique "d'intégration" et de "cohésion sociale" qu'on a mise en place dans ces quartiers après les émeutes du début des années 90. Politique qui avait pour objectif la paix dans les quartiers mais malheureusement pas l'émancipation sociale, économique et culturelle des populations de ces quartiers (faut-il rappeler qu'à l'époque, une bonne partie des habitants n'avait pas le droit de vote?). On est partis du constat que ces quartiers étaient délaissés (urbanistiquement, associativement,...) et qu'il fallait proposer des activités aux jeunes dans leurs quartiers. Cela a eu, certes, des effets positifs, en matière d'aménagement du territoire et d'organisation d'activités pour les jeunes. Bien sûr, mais cela n'a pas permis d'ouvrir les quartiers, qui se sont plutôt fermés sur eux-même et même les activités ont eu tendance à être communautarisées,

Et aujourd'hui, les jeunes n'en sortent pas ou très peu de leurs quartiers. Ils ne connaissent pas les jeunes des autres quartiers. Et quand ils en sortent, quel choc, quel malaise s'empare d'eux? Comment dans ces conditions trouver un emploi, participer à la vie de la Région? Les jeunes hommes, quand bien même ils auraient le diplôme adapté (ce qui n'est déjà pas le cas le plus fréquent) sont souvent considérés "inadaptés", peuvent avoir un langage, un comportement qui fait peur. Comment dans ce contexte pouvoir s'identifier à la ville qu'ils habitent si ce n'est en valorisant ce qui fait leur attache au quartier, leur ressemblance à leurs pairs, leur identité culturelle, leurs racines issues du pays de leurs parents dans lequel, ils ne se sentent pourtant pas non plus tellement plus à l'aise.

Je ne suis pas sociologue. Je ne vais donc pas aller plus loin dans ces supputations. Une étude sur la mobilité des jeunes réalisée par une AMO de Bruxelles relève ce même constat.Le Monde diplo en a même fait un dossier que je vous invite à lire.

Emancipation, le maître-mot

En tout cas, le monde politique dans son ensemble (et pas seulement les pouvoirs communaux de ces zones) doit prendre ses responsabilités car la dualisation de ville est grandissante. Il faut agir parallèlement sur l'école, la formation professionnelle, l'ouverture de quartiers, la décristallisation des différences religieuses et/ou culturelles, l'emploi, l'urbanisme et penser la politique en termes d'émancipation plutôt que de simple cohésion. C'est un travail de longue haleine, qui pourra donner des résultats à moyens terme, mais il urge de s'y atteler si on ne veut pas sacrifier une génération supplémentaire.

dimanche 24 février 2008

L’union Locale pour le Climat : aussi une piste pour l’emploi !

La lutte contre le réchauffement climatique et pour une meilleure préservation de nos ressources naturelles sont prioritaires pour la survie-même de l’humanité. Nous devons donc les utiliser comme prisme pour aborder tous les enjeux de notre société, y compris l’emploi.

En novembre 2007, le conseil communal a adopté « L’union locale pour le Climat » à l’initiative du groupe Ecolo. Nous espérons donc que la majorité prendra le réflexe d’intégrer la dimension environnementale à toute action communale.

70% des émissions de CO2 en région bruxelloise proviennent des bâtiments. La lutte contre le réchauffement climatique passe donc par l’éco-construction, une meilleure isolation du bâti existant et l’installation de sources d’énergie renouvelable.

Depuis 2004, la Ministre Evelyne Huytebroeck (écolo) a considérablement fait augmenter les primes régionales pour l’économie d’énergie. Les demandes pour des projets de rénovation ou construction écologique auprès des entrepreneurs ne cessent de croître ; l’éco-construction et les énergies renouvelables ne sont plus « que » des secteurs d’avenir : c’est aussi la réalité du présent. Mais si les entreprises « vertes » se développent, elles manquent de main d’œuvre qualifiée. La commune doit donc, sans attendre, développer l’information et la formations dans ces domaines en y associant tous les acteurs de l’aide à l’embauche et de la formation professionnelle présents à Molenbeek comme La Mission Locale, la pépinière d’entreprise ou l’ALE. Agir en ce sens, c’est faciliter l’accès des Molenbeekois à ces emplois d’avenir.