Sarah Turine

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 24 juillet 2010

Ecolo et Groen, un lien tellement… naturel !

Ecolo-Groen, oserais-je dire que c’est un peu comme tire-bouschtroumpf et schtroumpfbouchon. Si les mots peuvent exprimer une nuance, l’objet est le même. Nous portons, avec la même conviction, le même projet politique, celui de la transformation écologique de la société. Mais nous le portons avec notre identité linguistique différente et avec une histoire politique et un paysage politique différents de part et d’autre des frontières linguistiques et/ou régionales.

Dès lors, ce n’est pas un entêtement de capricieux ni un prétexte pour ne pas y aller que de répondre avec la même consistance, depuis une semaine, la même chose à la même question : nous ne pouvons accepter de participer à des négociations pour la constitution d’un gouvernement si Groen n’est pas invité à la même table. Et bien entendu avec l’assurance qu’il sera considéré comme un parti à part entière et pas comme un appendice qu’Ecolo traine derrière lui pour venir négocier. Parce que nous sommes deux partis distincts qui rendons compte devant des électeurs distincts !

Et aujourd’hui, plus que jamais, il nous apparaît essentiel que .si nous allons au gouvernement fédéral nous devons y aller ensemble. Tout d’abord, même si Groen n’a que 5 élus, il est le seul parti flamand, après la NVA, qui a gagné des électeurs.

Mais surtout, sur le fond, car c’est cela qui compte : dans le contexte de réforme (voire révolution ?) institutionnelle que nous allons connaître et de nécessaire dialogue entre le Nord et le Sud pour arriver à un modèle acceptable par tous les Belges, le travail que nous menons ensemble, Ecolo et Groen, depuis 30 ans, est largement unique et ne peut être que bénéfique au processus à venir.

De par ce travail et notre histoire, tant Groen que Ecolo, nous sommes sans doute les plus décomplexés de tous les partis pour aborder ces discussions. Nous sommes nés séparément mais plus ou moins en même temps, il y a près de trente ans, dans une Belgique déjà fédérale. Les autres partis ont soit connu la séparation en deux ailes, l’une francophone, l’autre néerlandophone, soit n’ont pas d’équivalent de l’autre côté de la frontière linguistique car ils répondent à des exigences purement régionalistes ou communautaristes. Ce n'est pas rien!

Et depuis 30 ans, nous travaillons de façons très rapprochée : sur le fond et sur la forme : mises en commun de réflexions programmatiques, groupe commun à la Chambre, réunions communes des directions de partis, actions communes,... et j'en passe. Nous discutons, sans tabous, de ce qui nous rapproche bien sûr mais de nos divergences aussi! Ca ce sont les arguments pour la réforme institutionnelle.

Et puis il y a le projet de société que nous portons. A l’heure où la crise économique et financière appelle tous les politiques à prendre leurs responsabilités, appelle à être vigilants, à être créatifs et à regarder certainement plus loin que le bout de notre nez, que la fin d’une législature, les réponses qu’Ecolo propose sont les mêmes que celles que groen propose. Il serait absurde, incohérent, inefficace que l’un d’entre nous soit au gouvernement et l’autre pas.

Et si nous refusons de monter au gouvernement sans Groen, qu’on ne fasse pas croire que nous bloquons le pays ou les négociations avec cette exigence minimale. Pour faire passer des décisions socio-économiques, une majorité simple suffit et les autre partis déjà pressentis pour la coalition l’ont largement. Quant à la réforme institutionnelle, nous l’avons déjà montré par le passé, nous pouvons la négocier et la soutenir sans prendre part au gouvernement. Et ce n’est pas de la lâcheté. Bien au contraire, c’est le sens des responsabilités. Ecolo est un parti devoir, et pas de pouvoir à tout prix.

mercredi 23 juin 2010

et maintenant?

Les élections se sont passées. Avec un message clair des électeurs: La NVA et le PS doivent, au minimum se parler et tenter de trouver un accord, sur une coalition, sur un programme institutionnel, sur un programme socio-économique. Les autres? A part la famille écologiste (Ecolo qui se tasse un peu et Groen qui gagne un siège) qui se stabilise, les autres partis politiques présents au Parlement atteignent leur plancher historique. LA NVA et le PS ont donc entièrement les mains libres pour choisir leur coalition.

Pour Ecolo, si nous consolidons notre rapport de force au Parlement fédéral, il ne faut pas nous voiler la face, un grand nombre des électeurs qui avaient voté pour nous en 2009, en ont décidé autrement cette année. Bien entendu, il y a le contexte. Mais il s'agira pour nous d'entendre ce message et d'ajuster notre propos. Non pas de revoir notre projet, mais plutôt notre façon de le communiquer . Car notre projet reste toujours le seul qui permette de répondre aux défis sociaux et économique tout en prenant compte de la finitude des ressources de notre planète et de sa fragilité.

Pour ma part, j'ai dû gérer pour la première fois en tant que coprésidente cette campagne inattendue. Etant en fonction depuis 7 mois seulement, ce ne fut pas simple. Néanmoins,j'ai participé à de nombreux débats très intéressants (devant des étudiants, au MOC,...) et pour lesquels j'ai eu des retours positifs. Mais un seul débat a retenu l'attention, et encore pas le débat dans son entièreté (où finalement cela s'est bien passé pour un premier débat face aux 3 autres présidents de partis), un moment de 2 minutes, qui est celui où Joelle Milquet prend le rôle du journaliste et me pose un question à laquelle je ne veux pas répondre. Ca fait un buzz... Je n'en sors pas gagnante, certes mais Joelle Milquet non plus. Cet incident ne m'a pas fait perdre ma conviction, que du contraire. J'ai reçu énormément de messages de soutien (de militants mais aussi d'auditeurs). Je reste persuadée qu'on peut faire une campagne électorale, se démarquer des autres partis de façon positive et constructive. Moi ce qui m'intéresse n'est pas de tenter de démolir l'autre, l'adversaire, ni même d'aller voir dans son programme ce qui pourrait faire peur aux gens. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de convaincre les gens que le projet que nous, écologistes portons vaut la peine de recevoir la confiance de l'électeur (pour la raison que je cite plus haut).Sans naïveté, je veux tenter une parole vraie, sans mauvaise foi, sans slogan vide. Ceci dit, cela ne doit pas m'épargner d'apprendre à "débattre" et à pouvoir répondre en débat aux autres. Mais quoiqu'en disent certains, je sors renforcée de cette élection. Parce que l'expérience est enrichissante et parce que les électeurs d'écolo m'ont fait confiance (j'ai nettement amélioré mon score personnel).

Je ne vais pas m'étendre plus ici sur mon cas personnel. Ce qui compte, c'est qu'Ecolo puisse continuer à convaincre, à avoir un rapport de force permettant de faire avancer la transition écologique de la société (la solidarité ici, la solidarité ailleurs, la solidarité avec les générations futures. La prospérité pour toutes et tous, redéfinie par des indicateurs alternatifs au seul PIB, la prospérité qui prend en compte les limites de notre planète, les limites du tout au marché).

Nous verrons dans les jours (semaines?) qui viennent si nous sommes amenés à participer à un gouvernement fédéral. Quoiqu'il en soit, l'été est bien là, qu'il nous aide, moi, ecolo, vous, à nous ressourcer. Bonnes vacances si vous en avez!

mardi 8 juin 2010

Tant de défis à relever... au quotidien!

Quel avenir pour la Belgique? Quels emplois pour les jeunes? quelle agriculture soutenir? Comment améliorer la sécurité?

Lundi soir, Jacky Morael et moi-même étions les invités de l'émission de la RTBF "AU quotidien", émission durant laquelle 8 citoyens nous ont posé des questions sur notre projet de société. Ce furent 40 minutes de questions-réponses riches et diversifiées. Faire ce duo avec Jacky fut un réel plaisir. Nous y avons abordé bien entendu l'avenir de la Belgique, la crise socio-économique et les solutions pour permettre aux gens de vivdre dignement, aux jeunes de trouver un emploi. Nous avons aussi parlé d'environnement, de nucléaire et d'agriculture. Par mail certains téléspectateurs ont aussi posé des questions sur la fiscalité et sur la sécurité.

On peut revoir l'émission ici

lundi 7 juin 2010

L'égalité femmes-hommes : à acquérir!

__Les femmes n'exercent le droit de vote en Belgique que depuis 1948 et il faudra attendre les années 70, sous l’impulsion des femmes elles-mêmes, pour que davantage de femmes soient présentes en politique. 40 ans plus tard, force est de constater que si l'égalité de toutes et tous constitue toujours un enjeu majeur de la démocratie, cette égalité reste à conquérir.

Nous, les femmes candidates sur les listes Ecolo, sommes engagées pour une société profondément plus juste et égalitaire. Nous portons 5 priorités pour la prochaine législature fédérale :__

1° La réduction des inégalités professionnelles et salariales

grâce à une évaluation des politiques sociales sous l'angle du genre, la mise en place d'initiatives concrètes pour mettre fin aux temps partiels non-choisis et à la dérégulation du travail, la réalisation de l'égalité salariale et la garantie de pensions décentes pour les femmes.

2° L'individualisation des droits et l'égalité en matière fiscale

par la réalisation progressive de l'individualisation des droits sociaux, indépendants à terme de la situation familiale de tout individu, et l'élargissement de ces réformes à l'impôt des personnes physiques.

3° Une lutte encore plus efficace contre les violences faites aux femmes

par la prévention, un soutien aux victimes suffisamment financé, un renforcement du dispositif judiciaire en la matière.

4° La promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes au sein de l'Union Européenne et dans les relations Nord-Sud

par le soutien à la Clause de l'européenne la plus favorisée, le plaidoyer en faveur de l'alignement des législations européennes sur les critères les plus progressistes en terme d'égalité, un soutien particulier aux femmes migrantes, des politiques de coopération alliant genre et développement durable.

5° La garantie de l'accès des femmes aux soins de santé

par l'amélioration du cadre de vie, une meilleure prise en charge de la santé reproductive et périnatale, l’élargissement du dépistage organisé du cancer du sein à d’autres tranches d’âge, la lutte contre les troubles du comportement alimentaire chez les jeunes filles.

La présence des femmes en politique est un indicateur du rôle des femmes au sein de la société et du degré de démocratie dont celle-ci est dotée. Chez Ecolo, nous appliquons ce qu'on appelle "la tirette" stricte, à savoir que nos listes sont composées d'autant de femmes que d'hommes (plus un ou moins un) en alternance stricte.

Si vous voulez soutenir le travail fait en cette matière, voici le nom

des candidates bruxelloises à la Chambre (membres de la commission ecolo une femme-un homme) :

Zoé Genot, Sarah Turine, Evelyne Huytebroeck, Tamimount Essaidi, Marie-Rose Geuten, Anne Herscovici, Marie Nagy, Anna Zawadzka

des candidates bruxelloises au Sénat (membres de la commission une femme-un homme) :

Isabelle Durant, Zakia Khattabi, Saskia Bricmont

jeudi 3 juin 2010

Ecolo et Groen traversent le pays en train pour présenter leurs engagements communs en matière socio-économique, de politique énergétique et de mobilité

Mercredi, nous avons parcouru la Belgique en train. On a choisi de mener cette action via le train qui symbolise autant l’économie verte que le dialogue entre le nord et le sud d’Arlon à Ostende et d’Ostende à Arlon. Pour les écologistes, c’est à travers le dialogue que l’on trouvera des solutions, pour construire une Belgique durable.

Ecolo et Groen ! travaillent ensemble depuis 1983. Ces trois dernières années, les parlementaires écologistes ont déposé 156 propositions de loi communes à la Chambre des représentants. Partis responsables, Ecolo et Groen ! ont participé ensemble, depuis l’opposition, aux dernières négociations institutionnelles pour trouver des solutions équilibrées.

Durant cette journée, nous avons signé une charte comprenant 10 engagements faits aux citoyens dans ces différentes matières.

Une vidéo résumant la journée est disponible ici

Dix engagements envers le citoyen pour une économie durable

A travers cette charte, Ecolo et Groen ! s’engagent à mettre une économie durable sur les rails pendant la législature 2010-2014. Pour les écologistes, nous ne pourrons sortir de la crise économique, de la mauvaise situation budgétaire et de l’incertitude quant à l’emploi que par la mise en place d’une économie verte et durable. Ecolo et Groen ! prennent donc aujourd’hui 10 engagements envers le citoyen :

1. Réduire le coût du travail afin de créer de l’emploi. La solidarité sera assurée par un transfert de la fiscalité sur le travail vers une taxation de la spéculation boursière et des comportements les plus polluants, en luttant contre la grande fraude fiscale et en conditionnant les intérêts notionnels à la création d’emplois durables et à l’innovation.

2. D’ici 2020, investir massivement dans l’énergie verte afin que 27 % de notre électricité provienne de sources d’énergies renouvelables. Ces investissements seront financés par la rente des surbénéfices des centrales nucléaires.

3. Rendre les bâtiments publics performants et économiser ainsi 5,2 milliards d’euros sur leurs factures énergétiques d’ici 2030. Cela permettra de créer des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur de la construction.

4. Offrir un service de qualité en investissant fortement dans des transports publics sécurisés, ponctuels et modernes. Mettre à disposition de chaque travailleur un budget mobilité qui l’encourage à se déplacer en transports en commun, à vélo ou à pied.

5. Fermer les centrales électriques les plus polluantes sans menacer l’approvisionnement énergétique et respecter la loi de sortie du nucléaire.

6. Encourager les processus de production qui réduisent l’empreinte écologique. Inciter les industries à réfléchir au recyclage dès la conception du produit et grâce à ces investissements, créer des emplois durables.

7. Renforcer les secteurs de l’économie sociale et de la santé. On ne pourra qualifier notre économie de réellement durable que si tous les citoyens, même ceux qui éprouvent plus de difficultés à s’insérer dans le monde du travail, peuvent trouver une place.

8. Soutenir davantage les PME et les agriculteurs qui produisent pour les marchés de proximité. Les productions locales permettent la création d’emplois durables et respectent l’environnement notamment par la réduction des transports.

9. Encourager les centres de recherche et les entreprises à se tourner vers le développement durable et l’innovation. Le gouvernement lancera des marchés publics qui intègrent l’utilisation de produits durables.

10. Soutenir les parents dans les moments les plus intenses de leur carrière, via le congé parental et l’investissement dans l’accueil de la petite enfance et permettre aux travailleurs plus âgés de rester plus longtemps dans le monde du travail grâce à des conditions de travail adaptées.

dimanche 30 mai 2010

Congo - 50 ans d'indépendance... Dans tous les domaines?

Décidément, je ne choisis pas les sujets les plus faciles pour ce blog... Mais ce sont probablement ces questions complexes non simplifiables en un schéma binaire et rassurant qui m'intéressent le plus. Après les prisons, l'indépendance du Congo. J'étais invitée ce samedi à en discuter dans le cadre des deux journées d'ateliers et réflexions organisées par Synergie ChaCha (consortium d'associations belgo-congolaises). L'histoire coloniale et celle des indépendances, comme le droit à l'auto-détermination et à l'autonomie m'ont toujours passionnée, notamment dans le cadre de mon emploi précédent, dans la coopération au développement.

En quelques mots trop rapides, je souhaiterais l'aborder ici en évitant le double écueil du "sanglot de l'homme blanc" et du discours néocolonialiste, discours malheureusement en voie de résurgence. Souvenez-vous, par exemple du discours hallucinant de Nicolas Sarkozy à Dakar : "Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles." Ceci a bien été prononcé le 26 juillet 2007, et pas cent ans plus tôt.

Je voudrais ici insister sur un aspect de la question qui me paraît trop souvent ignoré, et dont témoigne probablement ces propos de Sarkozy: si, politiquement, l'époque coloniale est très largement terminée, dans bien d'autres domaines, on est encore loin du compte. Economiquement, les échanges sont encore très largement inégaux et maîtrisés par le Nord, et c'est en partie à cette inégalité persistante en matière de division du travail mondial que nous devons la richesse relative que nous connaissons. Industries extractives et productions des matières premières au Sud, connaissant des conditions de travail indécentes, et travail à haute valeur ajoutée au Nord. Culturellement, les flux Nord-Sud sont bien plus nombreux que les flux Sud-Nord et je ne suis pas tout à fait sûre que ce soit le meilleur de ce que nous produisons qui parvient, par exemple, dans les rues de Kinshasa. Enfin, et peut -être surtout, il me semble qu'intellectuellement, nous n'avons peut-être pas suffisamment interrogé les schémas mentaux qui ont rendu la colonisation possible, et qui survivent peut-être (encore une fois, il suffit de lire le discours de Sarkozy pour s'en convaincre). Intuitivement, j'aurais tendance à penser que les écologistes sont doublement bien placés pour mener ce travail. En premier lieu, parce que, par la force des choses, ils n'ont pas été mêlés à cette histoire. Deuxièmement parce que le point de vue critique qu'ils ont toujours adopté à l'égard de toute vision naïve, linéaire et unique du progrès, fait d'eux, peut-être plus que d'autres, des personnes décolonisées dans leur tête, capables d'un point de vue réflexif et critique sur l'histoire de leur pays, qui n'est pas celle de leur parti.

Pour terminer sur une note optimiste, il me semble qu'énormément d'actions pourraient contribuer à ce travail que j'appelle de mes voeux. Je n'en citerai qu'une : pourquoi ne pas tenter de faire écrire une histoire commune de la colonisation belge, par des universitaires belges et congolais?

vendredi 28 mai 2010

Détention préventive? Une des questions à se poser dans le débat sécurité

Hier, j'ai eu le plaisir d'entamer la journée par un débat sur la sécurité, avec Armand De Decker. Vous voyez? C'est lui qui veut offrir une éducation militaire aux jeunes délinquants (j'ose espérer qu'éducation militaire ne signifie pas apprentissage du maniement des armes...).

Dans ce débat difficile sur la sécurité, où les simplismes des uns s'opposent radicalement à ceux des autres sans même s'écouter, j'ai toujours été frappée par l'invocation de la prison ou les centres fermés comme solution à nos maux. Sans angélisme aucun, il me semble qu'il s'agit là d'une solution scandaleusement court-termiste, plus dictée par une volonté de vengeance et de punition, que par une réflexion sereine. Mais après tout qu'y a-t-il de surprenant à voir les partis traditionnels être aussi court-termistes en matière judiciaire qu'ils le sont en matière économique et environnementale?

L'impasse et le point aveugle du raisonnement qui vise à augmenter le recours à la prison (et donc le nombre de places de celles-ci en vue de réduire la délinquance), c'est d'oublier qu'un jour... les détenus sortent de prison! Et que ce jour là, la crainte d'y retourner est - au moins - contrebalancée par un sentiment de révolte accru. Peu nombreux en effet sont les connaisseurs du monde carcéral qui contesteront que l'état déplorable de nos établissements pénitentiaires, le manque de possibilités de réinsertion, de travail social ou même médical, font de ces établissement des écoles du crime plutôt que des lieux de réflexion sereine sur ses erreurs passées.

Mais avant même la question de la sortie... se pose celle de l'entrée : Etopia organisait récemment une matinée de réflexions plutôt édifiante sur le recours à la détention préventive. On a pu y apprendre entre autres que la Belgique détient un des taux les plus élevés au monde de détenus préventifs (par rapport aux détenus condamnés). Bref, nous sommes parmi ceux qui enferment le plus avant jugement, et ce sans respecter les critères légaux pourtant très stricts de mise en préventive. Ainsi en 2009, 3725 des 10520 détenus dans nos prisons belges étaient en détention préventive. Soit plus de 35%! Or, selon les analyses des barreaux flamands, 50% des détenus en préventive ne sont finalement pas poursuivis ou pas condamnés. Alors en tenant compte de ces chiffres, Il me semble que lorsqu'on évoque la très inquiétante surpopulation carcérale et l'état déplorable de nos prisons, il y a là une piste trop peu souvent évoquée... Celle qui consisterait à ne pas enfermer plus préventivement que les pays qui nous sont immédiatement voisins... et qui ne m'ont pas l'air d'être de dangereux coupe-gorges! Vous avez vu "Un prophète" de Jacques Audiard?

jeudi 27 mai 2010

Je suis fâché mais j'irai quand-même voter parce que...

Action de campagne sur le marché de Molenbeek

La campagne électorale a commencé pour les Ecolos de Molenbeek ! Nous étions présents sur le marché de ce jeudi au centre de Molenbeek.

D'ailleurs, tout le monde était là : les électeurs potentiels faisant leurs courses sur le marché et tous les partis politiques. Enfin, pas tous les partis ! Ceux qui n'aiment pas Molenbeek n'étaient pas là, bien sûr ! Je parle des partis qui nous regardent de très loin et depuis les extrémités, de droites....

Nous étions présents, quelques militants du coins et puis nos candidats à la chambre. Et nous avions un petit jeu à proposer aux passants. Un vote sur le thème « je suis fâché mais j'irai quand même voter ». On soumettait un bulletin avec des propositions à cocher sur les raisons de voter. Nous avons rencontré peu de personnes fâchées d'aller voter, mais aussi peu de personnes conscientes de ces élections qui n'auraient pas dû avoir lieu. Ceux qui ont pris part à ce jeu de vote dans la rue étaient au nombre de 31. Nombreux ont été ceux qui ont coché plusieurs cases. Cela fait que chacun a coché un peu plus d'1 case et demi !

Et qu'ont-ils coché? Suite de l'article sur le site ecolo Molenbeek

dimanche 23 mai 2010

Vers une nouvelle prospérité, mieux partagée

C'était le titre de notre congrès de ce dimanche. Malgré le grand soleil estival, la salle était pleine à craquer. Il faut dire que nous avions des intervenants extérieurs de marque : Géraldine Thiry qui fait sa thèse sur les indicateurs alternatifs au PIB, Eva Joly (en vidéo), Guy Fays de la FGTB, Michel Renard (ex-CNE), Benoit Coppée d'Investsud et de la Foire de Libramont, et Christophe Wambersie de l'UCM.

Pour ma part, c'était une grande première puisque c'est à moi que revenait l'honneur de faire le discours de clôture. J'y ai bien entendu critiqué le gouvernement sortant. J'y ai pointé aussi le face-à-face télévisé entre les présidents du PS et du MR. « Difficile de savoir qui était le président du PS, qui était le président du MR… C’était rouge-bleu. Bleu-rouge. Peut-être même déjà violet ». En effet ces deux partis ont voté ensemble des choses inacceptables comme les intérêts notionnels, sans lien avec l’emploi et le développement durable, une pratique qui “coûte“ annuellement, de manière superflue, 4 milliards d’euros.

Changer les indicateurs, réguler la finance, réussir la transition écologique de notre économie, mieux répartir les richesses -en renforçant notamment le financement de la sécurité sociale en faisant participer les revenus du capital- et lutter contre les inégalités, c’est avec ce projet que nous allons aux élections.

Vous pouvez retrouver le texte complet sur le site d'Ecolo. D'ici quelques jours, toutes les interventions s'y retrouveront en vidéo.

jeudi 20 mai 2010

Ecolo : dix priorités pour le treize

Pierre Bouillon, du Soir, a fait une belle présentation de nos priorités dans le Soir du 15 mai : Dix priorités pour le treize Je vous invite à aller les lire!

- page 1 de 7