Ce samedi 15 octobre, nous avons adopté notre plateforme
programmatique pour les élections communales. Voici le discours que j'ai tenu
en clôture de cette journée.
Coïncidence du calendrier, c’est la semaine européenne de la démocratie
locale. Mais c’est aussi celle choisie par les « indignés ». Ces indignés
de toute l’Europe qui se sont réunis à Bruxelles pour débattre. Débattre des
crises qui les touchent dans leur quotidien et qui touchent notre société et
qui renforcent les inégalités sociales et les dégradations
environnementales.
Coïncidence de calendrier mais aussi convergence d’état d’esprit entre ces
évènements et le processus d’élaboration de notre plateforme programmatique en
vue des élections communales.
En effet l’élaboration de cette plate-forme a été en soi un véritable
exercice démocratique.
Elle s’est construite au travers de rencontres entre les militants, les élus
et les conseillers politiques, avec l’intégration de plusieurs centaines
d’amendements proposés par l’ensemble des participants au processus. Et elle
s’est conclue aujourd’hui avec des échanges encore riches.
Cette plateforme pourra ainsi être utilisée partout à Bruxelles et en
Wallonie, que l’on soit membre d’une locale d’une petite commune rurale ou
d’une ville de plus de 100 000 habitants.
Chaque locale est évidemment invitée à prolonger la ligne politique proposée
et à puiser dans l’éventail de ces propositions pour confectionner son
programme, et l’enrichir et le décliner en fonction des réalités locales en
continuant les échanges avec les acteurs locaux et avec les citoyens.
C’est le propre des élections locales que d’avoir non pas un programme
fédéral mais une plate-forme programmatique qui fixe les lignes directrices, et
plusieurs centaines de programmes locaux, chacun adapté à son contexte de
vie.
Cette dynamique participative est importante pour Ecolo. Elle va permettre à
tous nos candidats de faire vivre leur programme en lien avec les citoyens de
leurs communes durant la campagne. Même si, bien sûr nous n’avons, vous n’avez
pas attendu cette échéance pour être sur le terrain !
Cette dynamique participative doit évidemment s’imposer dès l’échéance
électorale.
Les électeurs ont la possibilité de s’exprimer de manière décisive sur les
orientations à prendre pour l’avenir par leur commune. Il importe que les
listes qui entendent solliciter la confiance de la population ne privent pas
les citoyens de leur libre arbitre à travers des pactes préélectoraux
secrets.
Ensuite, si d’aventure, et nous l’ espérons dans de nombreuses communes,
Ecolo devait être en position de pouvoir développer ce programme au sein d’une
majorité, nous serons attentifs à développer la participation citoyenne durant
l’ensemble de la législature. Et ce pour plusieurs raisons.
Parce que si l’on veut diminuer le fossé qui sépare les citoyens des
représentants politiques, le dialogue doit se faire de manière constante entre
les administrés et le pouvoir communal pour donner la possibilité aux citoyens
d’accompagner, adapter voire rejeter les décisions quand c’est nécessaire.
Ce dialogue peut aussi favoriser et renforcer les liens entre les habitants,
et peut permettre de combattre au mieux les situations de mal-être, la perte de
lien social, les conflits de voisinage ou les difficultés de nombreux
aînés.
Cette participation c’est aussi l’émancipation. C’est-à-dire que cette
participation c’est le contraire du clientélisme. Là où le clientélisme sert
l’individu, la participation envisage le collectif. Là où le clientélisme
corrompt la démocratie et l’égalité, la participation les nourrit. Là où le
clientélisme maintient en situation de dépendance, la participation libère, la
participation émancipe.
Enfin, et ce n’est pas rien, si l’on veut réussir la transition écologique
de la société, si on veut amener une réponse durable pour mettre fin aux crises
actuelles, nous ne pourrons y arriver qu’au travers d’alliances, à tous niveaux
de pouvoir et peut-être d’abord au niveau local parce que les solutions les
plus complètes se construisent collectivement, parce que les choix les plus
difficiles doivent être le fruit de la concertation. De nombreuses initiatives
citoyennes naissent chaque jour et amènent leur contribution à cette nécessaire
transition pour une société plus juste et plus verte. Les pouvoirs publics
doivent soutenir ces initiatives, être à l’écoute, mais aussi proposer de
nouvelles alliances et construire ces projets avec les citoyens.
Alors ces alliances, cette participation, c’est pour faire quoi ?
A l’heure où les forces politiques au niveau européen et fédéral sont
majoritairement conservatrices et maintiennent des recettes classiques, peu
ambitieuses et court-termistes pour répondre aux crises, n’oublions pas que les
Régions et les communes ont des leviers importants.
La transition nécessaire de la société vers une société moins dépendante des
énergies fossiles, moins consommatrice de ressources naturelles et moins
productrice de déchets et de pollutions doit passer évidemment par le niveau
local.
Les communes peuvent agir sur les enjeux environnementaux et énergétiques
bien sûr en renforçant la sensibilisation, l’éducation mais aussi notamment en
éradiquant l’utilisation des pesticides. Au niveau énergétique en montrant
l’exemple dans les bâtiments communaux mais pas seulement. en luttant aussi
contre la précarité énergétique, notamment via les CPAS
La commune a un rôle à jouer aussi dans la nécessaire transition du modèle
économique vers un modèle plus soutenable pour l’environnement mais aussi pour
les gens ! un modèle qui cesse de mettre les gens en concurrence entre eux
et qui cesse de creuser un fossé de plus en plus grand entre les riches et les
pauvres. Il s’agit de recentrer l’économie autour d’une nouvelle façon de
concevoir la prospérité, celle du bien être de tous. SEL, les entreprises
d’économie sociale, entreprises de services, de réparations et location, GAC,…
ces initiatives qui s’inscrivent dans le développement d’une économe
alternative peuvent être soutenues et favorisées par les pouvoirs locaux.
Au cœur de nos priorités, figure aussi la gestion de l’espace, l’aménagement
du territoire qu’il soit urbain ou rural. Densifier l’habitat ; rapprocher
les citoyens des services, de l’économie locale et des transports
publics ; refuser des nouveaux étalements de commerces ou de
bureaux ; renforcer autant que possible les espaces verts, les lieux de
rencontres et de convivialité. Voilà nos priorités pour développer un
aménagement du territoire durable et à la hauteur des défis environnementaux et
de la pression démographique qui se présentent à nous.
Une population en constante augmentation et qui doit aussi se loger à un
coût abordable, voici un autre enjeu prioritaire pour Ecolo. Notre priorité est
d’assurer l’accès à un logement de qualité pour tous à un prix raisonnable.
Cela passe notamment pour nos communes, par un développement du nombre de
logements publics et à une attention permanente à veiller à la mixité et à la
qualité de l’habitat privé.
Aménagement du territoire, mobilité, logement, solidarité, environnement,
énergie… : Autant d’enjeux qui nécessitent des réponses fortes et
coordonnées par une stratégie globale à long terme qui doit nous permettre de
sortir de l’impasse environnementale, de sortir du toujours « plus »
et de passer au « toujours mieux », de réinventer la prospérité dans les
limites de la planète pour tous ses habitants. Vastes ambitions mais ne dit-on
pas « penser global, agir local » ?
Soyons donc ambitieux et portons ensemble le changement et à la transition
écologique au niveau communal !