Ecolo-Groen, oserais-je dire que c’est un peu comme tire-bouschtroumpf et schtroumpfbouchon. Si les mots peuvent exprimer une nuance, l’objet est le même. Nous portons, avec la même conviction, le même projet politique, celui de la transformation écologique de la société. Mais nous le portons avec notre identité linguistique différente et avec une histoire politique et un paysage politique différents de part et d’autre des frontières linguistiques et/ou régionales.
Dès lors, ce n’est pas un entêtement de capricieux ni un prétexte pour ne pas y aller que de répondre avec la même consistance, depuis une semaine, la même chose à la même question : nous ne pouvons accepter de participer à des négociations pour la constitution d’un gouvernement si Groen n’est pas invité à la même table. Et bien entendu avec l’assurance qu’il sera considéré comme un parti à part entière et pas comme un appendice qu’Ecolo traine derrière lui pour venir négocier. Parce que nous sommes deux partis distincts qui rendons compte devant des électeurs distincts !
Et aujourd’hui, plus que jamais, il nous apparaît essentiel que .si nous allons au gouvernement fédéral nous devons y aller ensemble. Tout d’abord, même si Groen n’a que 5 élus, il est le seul parti flamand, après la NVA, qui a gagné des électeurs.
Mais surtout, sur le fond, car c’est cela qui compte : dans le contexte de réforme (voire révolution ?) institutionnelle que nous allons connaître et de nécessaire dialogue entre le Nord et le Sud pour arriver à un modèle acceptable par tous les Belges, le travail que nous menons ensemble, Ecolo et Groen, depuis 30 ans, est largement unique et ne peut être que bénéfique au processus à venir.
De par ce travail et notre histoire, tant Groen que Ecolo, nous sommes sans doute les plus décomplexés de tous les partis pour aborder ces discussions. Nous sommes nés séparément mais plus ou moins en même temps, il y a près de trente ans, dans une Belgique déjà fédérale. Les autres partis ont soit connu la séparation en deux ailes, l’une francophone, l’autre néerlandophone, soit n’ont pas d’équivalent de l’autre côté de la frontière linguistique car ils répondent à des exigences purement régionalistes ou communautaristes. Ce n'est pas rien!
Et depuis 30 ans, nous travaillons de façons très rapprochée : sur le fond et sur la forme : mises en commun de réflexions programmatiques, groupe commun à la Chambre, réunions communes des directions de partis, actions communes,... et j'en passe. Nous discutons, sans tabous, de ce qui nous rapproche bien sûr mais de nos divergences aussi! Ca ce sont les arguments pour la réforme institutionnelle.
Et puis il y a le projet de société que nous portons. A l’heure où la crise économique et financière appelle tous les politiques à prendre leurs responsabilités, appelle à être vigilants, à être créatifs et à regarder certainement plus loin que le bout de notre nez, que la fin d’une législature, les réponses qu’Ecolo propose sont les mêmes que celles que groen propose. Il serait absurde, incohérent, inefficace que l’un d’entre nous soit au gouvernement et l’autre pas.
Et si nous refusons de monter au gouvernement sans Groen, qu’on ne fasse pas croire que nous bloquons le pays ou les négociations avec cette exigence minimale. Pour faire passer des décisions socio-économiques, une majorité simple suffit et les autre partis déjà pressentis pour la coalition l’ont largement. Quant à la réforme institutionnelle, nous l’avons déjà montré par le passé, nous pouvons la négocier et la soutenir sans prendre part au gouvernement. Et ce n’est pas de la lâcheté. Bien au contraire, c’est le sens des responsabilités. Ecolo est un parti devoir, et pas de pouvoir à tout prix.